L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2026 dans un rapport publié aujourd’hui, mercredi 3 juin 1. L’évolution de l’économie mondiale est suspendue à celle de la situation au Moyen-Orient, notamment à la reprise éventuelle du trafic dans le détroit d’Ormuz.

L’OCDE part toutefois du principe que la guerre pourrait être résolue rapidement.

  • L’institution anticipe une croissance de 2,8 % pour cette année, contre 3,4 % l’an dernier, en cas d’une fin du conflit d’ici la mi-2026, soit au cours des prochaines semaines. En 2027, la croissance connaîtrait une nouvelle hausse, à 3,1 %.
  • Si la guerre ne prend pas fin cette année et que les perturbations de la production et de l’approvisionnement en énergie continuent en 2027, la croissance mondiale devrait ralentir pour s’établir à 2,1 % cette année et 1,8 % en 2027.
  • Certaines grandes économies pourraient alors entrer en récession.

L’OCDE estime qu’une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz pourrait entraîner le ralentissement de l’économie mondiale le plus important de ces 40 dernières années, à l’exclusion de la pandémie de coronavirus et de la crise financière de 2008. En trois mois, la guerre est ainsi devenue « le facteur déterminant des perspectives économiques mondiales », selon le Chef économiste Stefano Scarpetta.

  • La hausse des prix de l’énergie a déjà contribué à une augmentation de l’inflation en mars et en avril en zone euro, aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Amérique latine, comme le Chili et le Pérou.
  • Si la crise continuait tout au long de l’année, l’OCDE anticipe une hausse de l’inflation mondiale à 5,2 % en décembre, contre moins de 3 % dans ses prévisions d’avant-guerre.

L’Asie, l’Europe ainsi que les économies en développement sont les plus vulnérables face à la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires. En trois mois, depuis le 27 février, le prix du gaz naturel en Asie a bondi de 81 % et de 43 % en Europe, contre seulement 6,3 % aux États-Unis.

  • En-dehors de l’énergie et des produits alimentaires, le développement d’autres secteurs pourrait être impacté par une perturbation durable des chaînes d’approvisionnement mondiales.
  • C’est notamment le cas de l’intelligence artificielle, en raison d’un alourdissement attendu des coûts d’exploitation des centres de données provoqué par la hausse des prix et les pénuries d’énergie.
  • Les économies dont la croissance est la plus exposée à l’IA, comme les États-Unis, seraient ainsi confrontées à une baisse des investissements.