Économie


Le charmant village alpin a baigné le temps de quelques jours dans une ambiance de fin de règne. Les participants ne se sont pas vraiment occupés du programme officiel mais se sont inquiétés de la dégradation de l’ordre mondial.

Le 23 janvier, le numéro un de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, déclarait devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale que le SPV, dispositif spécial très attendu qui prévoit le maintien de transactions entre les compagnies européennes et la République islamique en évitant d’utiliser le dollar, serait très bientôt en vigueur.

Le jeudi 24 janvier, le Conseil européen a fait savoir qu’un accord avait été trouvé avec le Parlement européen concernant une proposition de directive visant à créer un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et familiale et portant plus précisément sur le congé parental. Elle devra encore être approuvée par les États membres. Si elle est adoptée, la directive pourrait être une étape de plus vers l’Europe sociale.

Un récent article du New York Times montre qu’Apple a vu ses plans de relocalisation de la production d’ordinateurs aux États-Unis entièrement remis en cause en raison du manque de fournisseurs de vis à la hauteur. Ce qui soulève plus d’une question sur la durabilité des plans ambitieux pour relocaliser les emplois industriels en Occident. L’impact sur les choix politiques futurs est révolutionnaire.

Le Forum Économique Mondial à Davos a été l’occasion de plusieurs épisodes médiatiques où les questions de l’évasion fiscale et de la redistribution par l’impôt furent posées. C’est probablement le signe d’une évolution des opinions sur le sujet : que ce soit en France ou aux États-Unis, la question de l’équité fiscale est au centre du débat politique.

Depuis le rejet par le Parlement de Westminster de l’accord négocié fin novembre avec Bruxelles et le vote sur un amendement réclamant une alternative au backstop, les chances d’un “no deal” ont augmenté. Les entreprises britanniques font part de leurs inquiétudes et songent à délocaliser tout ou partie de leurs activités à l’étranger.

Luigi Di Maio a accusé l’héritage colonial et plus particulièrement l’un de ses vestiges, le Franc CFA, d’être à l’origine des vagues migratoires vers l’Europe. Une accusation qui est largement infondée. Si le Franc CFA peut jouer un rôle dans le sous-développement africain en empêchant les pays concernés de mener une politique monétaire indépendante , il permet dans le même temps à ces pays de jouir d’une certaine stabilité monétaire. Or c’est plutôt l’instabilité monétaire qui peut entraîner des vagues migratoires, comme ce fut le cas entre le mexique et les Etats-Unis. De plus, la majorité des demandeurs d’asile et réfugiés en Italie ne vient pas des pays de la zone FCFA.