Ediz Topcuoglu


Le 17 octobre, neuf jours après le début de l’opération «  Source de Paix  », une «  pause  » a été convenue, qui ne peut qu’être qualifiée comme une capitulation américaine complète. Cette «  pause  », à contraster avec un «  cesse feu  », ne représente que dans les faits le temps accordé par le côté turc au YPG pour sortir de la «  zone de sécurité  » de 30 km de profondeur. C’est une victoire qui étonne non-seulement par sa rapidité mais aussi par le fait qu’elle ne semble pas du tout refléter l’équilibre des forces sur le terrain.

Samedi 6 octobre, le président Trump a annoncé s’accorder avec son homologue turc sur le retrait des forces américaines de la zone frontalière turco-syrienne contrôlée par le YPG. Fortement critiqué pour cette décision, Donald Trump a envoyé des messages contradictoires par la suite mais sa position ne semble pas avoir changé. Les Turcs ont maintenant commencé leur intervention, nommée opération «  source de paix  », pour mettre en place un plan longtemps soutenu par Erdoğan  : repousser le YPG en créant une zone de sécurité et y relocaliser les Syriens réfugiés actuellement en Turquie.

John Bercow, président de la Chambre des communes, vient d’annoncer sa démission à compter des élections anticipées ou, au cas où il n’y en aurait pas, avant le 31 octobre, date présumée du Brexit. La démission hors du commun du président de la Chambre signale le début d’une nouvelle phase dans la saga de la crise constitutionnelle en cours au Royaume-Uni.

La Turquie semble être sur le point de recevoir le premier d’une série de systèmes de missiles antiaériens russes, nommées S-400, d’ici le mois de juin. De plus, le Président Erdoğan a annoncé le 18 mai, que la Turquie et la Russie produiront ensemble le S-500, actuellement en cours de développement en Russie. En contrepartie, les Etats-Unis, inquiets de la possibilité d’un rapprochement renforcé entre Ankara et Moscou, menacent de sanctionner la Turquie et de les expulser du projet F-35. En effet, le temps presse pour les américains s’ils souhaitent empêcher l’accord turco-tusse conclue en 2017, puisqu’ils feront face à un fait accompli lorsque le premier S-400 arrivera en Turquie.

Depuis mars 2019, la Turquie est entrée officiellement en récession suite à des performances économiques désastreuses en 2018. L’exode du capital des investisseurs étrangers fin août 2018 a provoqué une chute massive de la valeur de la Lire turque, qui a perdu plus d’un quart de sa valeur en une semaine, avant de récupérer une partie importante de cette perte suite à des mesures sévères prises par la Banque centrale. Aujourd’hui, l’érosion rapide des réserves en dollar de la Banque centrale présage une aggravation considérable de la crise économique.

Suite à un long processus de recours, le résultat des élections locales en Turquie du 31 mars dernier semble maintenant être définitif. A Istanbul, où les résultats étaient encore incertains à cause de nombreux recours, Imamoğlu, le candidat CHP de l’opposition, a reçu le mercredi 17 avril son certificat d’élection par le conseil électoral, faisant de lui le nouveau maire de la ville. Retour sur cette victoire à 13 000 voix près dans des élections où les stratégies d’alliances ont été déterminantes.

Huit ans après le « printemps arabe », c’est le moment de dresser un premier bilan de la réception européenne de ce mouvement inédit. Les bouleversements successifs dans le monde arabe, déclenchés par la révolution en Tunisie, ont interrogé l’Europe dans sa capacité à agir dans cet espace stratégique et plus largement à une dimension internationale.