Le Parlement turc vient de voter son accord à l’envoi de troupes turques en Syrie. L’implication de la Turquie en Libye n’est pas nouvelle, elle vise à consolider une stratégie militaire, géopolitique et commerciale lancée dans les années 2000 vers l’Afrique. En dévoilant la carte d’un engagement militaire accru, Recep Tayyip Erdogan joue son va-tout en Méditerranée et en Afrique, comptant bien profiter du désengagement américain et de l’absence européenne.
Vers la « PoutineAfrique » ? Le potentiel et les faiblesses de la Russie en Afrique
Afriques Subsahariennes Asie septentrionaleLes 23 et 24 octobre, a eu lieu le sommet Russie-Afrique, rendez-vous fondamental pour la diplomatie moscovite, qui voit depuis des années le continent noir comme un potentiel scénario d’expansion. Outre les limites claires d’un pays qui a toujours eu du mal à ignorer le continent, il y a la ferme volonté de définir des scénarios distincts au niveau de la coopération et de l’énergie, les deux fondations sur lesquelles Poutine veut agir. Quelles sont les perspectives pour la « PoutineAfrique » ?
Le lundi 9 septembre, Mazara del Vallo en Sicile a été le point de départ des premiers navires de pêche italiens à opérer dans les eaux orientales libyennes sur la base d’un accord d’une durée de cinq ans. Il s’agit du premier accord opérationnel qui protège enfin les navires de pêche italiens du risque d’opérer sans autorisation dans une zone maritime particulièrement poissonneuse et d’une importance vitale pour les marines italiennes. Le problème ? Cet accord a été conclu avec les milices de Haftar, soutenues par les Russes, les Français et les Égyptiens, mais pas avec Fayez Sarraj.
L’Egypte sur la voie de devenir un hub énergétique, non sans quelques tensions régionales
MéditerranéeEn se rapprochant notamment de Chypre, Le Caire est en passe de réaliser son rêve de devenir une plateforme énergétique régionale d’ampleur. Un tel rapprochement et un tel projet sont loin de plaire à la Turquie, déterminée à affirmer son leadership dans la région.
La journée romaine de Poutine a été riche en rencontres, mais sans progrès réels, au-delà des déclarations de façade. D’une part, l’Italie ne peut pas se permettre une trop grande autonomie par rapport aux engagements pris avec l’Union et l’OTAN ; d’autre part, la Russie ne semble pas encore disposée à modifier sa stratégie libyenne, condition nécessaire pour la relance de la triangulation avec Rome sur ce front. Paradoxalement, le dialogue semble pour l’instant plus fructueux avec le Vatican qu’avec l’allié temporairement « souverainiste ».
Pour comprendre les enjeux au Sahel, au lendemain de la réunion du 4 juillet, Olivier Vallée nous fait passer par le Niger, pilier essentiel dans l’architecture sécuritaire de la région.
Tajoura : la « ligne rouge » entre les ambiguïtés libyennes de Washington et d’Abou Dhabi
MéditerranéeL’attaque de Tajoura par les forces aériennes de Khalifa Haftar, qui a causé la mort d’au moins 44 migrants logés dans le centre de détention, a ouvert un nouveau front diplomatique inattendu. Cela représente une véritable « ligne rouge » pour les diplomaties internationales et les autres acteurs actifs sur le terrain. Parmi ceux-ci, on trouve l’axe États-Unis-Émirats arabes unis, défini par une forte coopération en matière de défense qui pourrait s’envoler étant donné l’ambiguïté d’Abou Dhabi sur le scénario libyen. L’incapacité de Washington à maintenir l’équilibre en Libye apparaît de plus en plus évidente.
La rivalité entre la France et l’Italie sur le dossier libyen n’est pas nouvelle. Depuis 2011, les positions des deux pays divergent radicalement, au point de se livrer à une concurrence féroce, qui a culminé avec le rappel de l’Ambassadeur de France à Rome. Dans ce contexte, l’attaque de Khalifa Haftar sur Tripoli change la donne : embourbées dans leur rivalité, Paris et Rome s’écartent du jeu libyen malgré elles, laissant la place à des puissances non européennes.
Matteo Salvini déclenche un conflit institutionnel avec sa directive contre l’arrivée de migrants en Italie
MéditerranéeDans le contexte du regain de tension libyen, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a signé une nouvelle directive interdisant l’arrivée de migrants en Italie. Point particulier, cette directive s’adressait non seulement aux forces de police mais aussi au chef d’État-Major de la marine militaire et au commandant général de la capitainerie du port, subordonnés au ministère de la Défense (contrôlée par Elisabetta Trenta du Mouvement 5 Étoiles), ce qui a abouti à un nouvel affrontement entre les deux ministres… mais aussi, cette fois, avec l’armée italienne. Signaux faibles de conflit institutionnel au sein du gouvernement Conte.
Malgré la pression de la communauté internationale, l’opération militaire lancée par Khalifa Haftar le 4 avril se poursuit. L’homme fort de l’Est a décidé de mettre fin à la présence du gouvernement de Tripoli, soutenu par l’ONU, et compte reprendre la capitale par les armes. Un contrecoup pour comprendre qu’en est-il de la stratégie du maréchal Haftar, de ses soutiens et de la nouvelle configuration politique en Libye qui est en train de se créer.