Europe

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Juin 1858. Abraham Lincoln est candidat pour le parti républicain aux élections sénatoriales lorsqu’il prononce un discours sur les dangers de la désunion, dont une phrase restera célèbre  : «  une maison divisée contre elle-même ne peut pas tenir  ». Aujourd’hui, l’horizon d’une autre désunion se profile, en Europe cette fois. Le cadre géographique n’est pas le même, les différends non plus, mais un élément persiste, la division entre un Nord et un Sud aux réalités économiques dissemblables, et un dilemme se répète  : comment faire union dans la division  ?

Renate Bertlmann Biennale 2019

Pour Aurélie Filippetti, avant de penser à l’après Covid-19, il faudra se demander comment vivre avec. Dans ce texte, l’ancienne ministre nous invite à nous demander ce qui, dans les politiques publiques, a rendu possible ce que nous traversons. La crise doit être une occasion d’apprendre de nos erreurs et de redonner toute sa place à l’État social, en France comme en Europe.

Le 10 mars, l’Italie a été le premier État européen à mettre en place un confinement national, suivi de près par un grand nombre de ses voisins. Depuis, l’effet des mesures prises par les États européens se dessine. L’Observatoire publie deux graphiques à consulter chaque jour pour apprécier l’évolution de l’épidémie depuis la mise en place du confinement national dans plusieurs pays européens.

Pour Céline Spector, il faut saisir l’occasion de la crise pour faire de l’Europe sociale et environnementale le bien «  commun  » susceptible de constituer, après la paix et la prospérité, le nouveau telos de l’Union européenne.

Le débat sur l’utilisation d’obligations européennes en réponse à la crise du coronavirus est marqué par des stéréotypes qui ne correspondent pas à la réalité. L’Italie, considérée trop dépensière, a en fait été extrêmement économe au cours des 30 dernières années. Mais elle paye aujourd’hui encore les erreurs commises au cours des années 1970 et 1980.