Europe


Dans son action politique en vue de la reconnaissance d’un État indépendant sur le territoire du Sahara occidental, le Front Polisario a adopté une stratégie auprès de l’Union visant à obtenir la reconnaissance de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Cette approche s’est développée dans le contexte d’accords entre le Maroc et l’Union avec des effets sur le territoire du Sahara occidental et pouvant avoir pour conséquence une acceptation de facto de la position du Maroc sur ce territoire. Cette méthode a remporté un succès ambivalent permettant, certes, la réaffirmation par l’Union de son soutien à un processus d’autodétermination des Sahraouis mais aussi le maintien de l’esprit des accords. Ces actions ont également mis en exergue la spécificité institutionnelle de l’Union, notamment de la Cour, dans le processus diplomatique.

Après avoir boudé la région durant les années 2000, la France semble vouloir réinvestir diplomatiquement et économiquement l’Europe du sud-est. La dernière initiative en date a eu lieu fin février, lorsque la Ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau s’est rendu à Belgrade, en prélude à une visite d’Emmanuel Macron dans la capitale serbe en juillet. Malgré les attentes suscitées par ce « réinvestissement », les capitales balkaniques reprochent à Paris sa frilosité sur l’élargissement de l’Union. Une fiche importante en occasion de la rencontre à Berlin, aujourd’hui 29 avril, avec les dirigeants des pays balkaniques co-organisée par l’Allemagne et la France, qui maintiennent des approches différentes vis-à-vis la région.

N’ayant pas préparé le fait que le Royaume-Uni reste plus longtemps au sein de l’Union, le gouvernement de Theresa May organise en catastrophe les élections européennes du 23 mai. Les 3,5 millions de citoyens de l’Union résidant au Royaume-Uni n’ont pas reçu à temps le formulaire qu’ils doivent retourner avant le 7 mai, attestant qu’ils ne voteront pas dans leur pays d’origine. Des députés travaillistes demandent un report de la date limite sous peine d’actions légales.

En raison du volume croissant des investissements chinois en Grèce, l’implication d’Athènes dans les initiatives politiques de la Chine s’intensifie : le 12 avril dernier, la coopération entre Pékin et les pays d’Europe centrale et orientale a été requalifiée de Format 17+1 avec l’adhésion officielle de la Grèce lors du sommet de Dubrovnik, en Croatie. Présent au Forum de l’Initiative Route et Ceinture (Belt and Road Initiative – BRI), le premier ministre grec Alexis Tsipras a ainsi réaffirmé la place stratégique de la Grèce dans les échanges entre l’Est et l’Ouest.

Invité par le Parlement européen le 3 avril pour discuter de ses perspectives sur l’Union, le premier ministre suédois Stefan Löfven a prononcé un discours résolument europhile, où il a notamment plaidé pour une participation accrue de la Suède à certains projets européens, comme celui de la justice. Signaux faibles du consensus croissant autour de la création d’un parquet européen.

Pour la Turquie, la guerre civile libyenne représente une opportunité pour renforcer sa politique en Afrique. En effet, après avoir étendu son influence en Somalie, Erdogan veut tenter une pénétration décisive vers les réseaux militaires et politiques influents à Tripoli. Mais l’avancée du général Haftar vers la capitale complique ses plans. En outre, la politique turque en Libye a également une valeur sécuritaire, compte tenu de la situation dans le golfe Persique.

Le directeur général de Nord Stream 2 AG a adressé une lettre à Jean-Claude Juncker pour obtenir une dérogation à la nouvelle « directive gaz » alors que cette dernière a été amendée justement pour s’appliquer au Nord Stream 2. C’est ce ciblage que Nord Stream 2 AG estime discriminatoire, invoquant la Charte de l’énergie pour se défendre.