Europe

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L’incident provoqué, selon une investigation préliminaire, par un missile de défense anti-aérienne ukrainien, est un tournant dans la guerre. Si la probabilité est, à ce jour, infime qu’il provoque l’enclenchement de l’article 5 du Traité de l’Atlantique nord, plusieurs États ont d’ores et déjà annoncé renforcer considérablement leur assistance militaire à l’Ukraine.

À midi mercredi, l’enquête visant à déterminer l’origine du missile ayant touché le territoire polonais, causant deux victimes, est toujours en cours et la prudence reste de mise. Dans la nuit jusqu’à ce matin, les pays de l’Union européenne ont unanimement apporté leur soutien à la Pologne, avec toutefois quelques degrés de nuance — nous les avons cartographiés.

Vendredi dernier, la France a accueilli le navire humanitaire «  Ocean-Viking  » et les 230 migrants qui étaient à son bord, mettant fin au bras de fer portant sur la politique européenne de migration et d’asile. Aux côtés de la Grèce, Chypre et Malte, l’Italie plaide pour un partage équitable du «  fardeau  » migratoire entre les États-membres.

En dressant le compte-rendu de ce moment judiciaire hors norme, l’auteur décrit avec une grande sensibilité les sentiments nés de ce qui a été prononcé dans les audiences, de ce qui en a été entendu et retenu, mais aussi et surtout, de tout ce qui y a été tu — délibérément caché ou laissé en suspension — dans ces interstices de parole et de silence se noue toute l’humanité de ce récit palpitant.

Emmanuel Carrère fait le récit du procès du 13 novembre.

À l’heure de la guerre et du défi climatique, après la pandémie, l’Union européenne doit réinventer son soft power. Pour sortir d’une politique de développement qui donne trop souvent l’impression de vouloir exporter son modèle, Anna Terron et Tobias Jung Altrogge proposent pour l’Europe un format de coopération géostratégique, encadrée par des valeurs et guidée par des priorités et des agendas communs — qui pourrait partir de l’Amérique latine.

Hier, mercredi 9 novembre, l’armée russe s’est retirée de la ville-clef de Kherson, située sur le Dniepr, la laissant ainsi aux mains des Ukrainiens. Ce revers tactique n’est pas un événement isolé  : depuis plusieurs semaines, des images satellites révèlent que l’armée russe creuse des tranchées dans le nord de la Crimée, indiquant que l’état-major s’attend à ce que les combats se rapprochent de plus en plus de ce territoire annexé en 2014.