Méditerranée


Depuis mars 2019, la Turquie est entrée officiellement en récession suite à des performances économiques désastreuses en 2018. L’exode du capital des investisseurs étrangers fin août 2018 a provoqué une chute massive de la valeur de la Lire turque, qui a perdu plus d’un quart de sa valeur en une semaine, avant de récupérer une partie importante de cette perte suite à des mesures sévères prises par la Banque centrale. Aujourd’hui, l’érosion rapide des réserves en dollar de la Banque centrale présage une aggravation considérable de la crise économique.

La rivalité entre la France et l’Italie sur le dossier libyen n’est pas nouvelle. Depuis 2011, les positions des deux pays divergent radicalement, au point de se livrer à une concurrence féroce, qui a culminé avec le rappel de l’Ambassadeur de France à Rome. Dans ce contexte, l’attaque de Khalifa Haftar sur Tripoli change la donne : embourbées dans leur rivalité, Paris et Rome s’écartent du jeu libyen malgré elles, laissant la place à des puissances non européennes.

À Tunis, les gouvernements italien et tunisien ont signé le projet d’une nouvelle ligne électrique, ElMed. L’initiative vise à relier les marchés de l’électricité de Tunisie et d’Italie et sera la première liaison transméditerranéenne en courant continu. Signaux faibles du dévéloppement d’une Europe méditerranéenne dans le domaine de l’énergie?

Réélue en 2018 à la mairie d’Ancône, Valeria Mancinelli est membre du Parti Démocratique (PD) italien. En 2018, elle gagne le World Mayor Price 2018, pour « sa contribution exceptionnelle à sa communauté. » Valeria Mancinelli se distingue par son approche pragmatique et réaliste de la politique ; elle situe son action à l’échelle locale et se fonde sur une philosophie « des petits pas. »

Dans son action politique en vue de la reconnaissance d’un État indépendant sur le territoire du Sahara occidental, le Front Polisario a adopté une stratégie auprès de l’Union visant à obtenir la reconnaissance de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Cette approche s’est développée dans le contexte d’accords entre le Maroc et l’Union avec des effets sur le territoire du Sahara occidental et pouvant avoir pour conséquence une acceptation de facto de la position du Maroc sur ce territoire. Cette méthode a remporté un succès ambivalent permettant, certes, la réaffirmation par l’Union de son soutien à un processus d’autodétermination des Sahraouis mais aussi le maintien de l’esprit des accords. Ces actions ont également mis en exergue la spécificité institutionnelle de l’Union, notamment de la Cour, dans le processus diplomatique.

Après avoir boudé la région durant les années 2000, la France semble vouloir réinvestir diplomatiquement et économiquement l’Europe du sud-est. La dernière initiative en date a eu lieu fin février, lorsque la Ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau s’est rendu à Belgrade, en prélude à une visite d’Emmanuel Macron dans la capitale serbe en juillet. Malgré les attentes suscitées par ce « réinvestissement », les capitales balkaniques reprochent à Paris sa frilosité sur l’élargissement de l’Union. Une fiche importante en occasion de la rencontre à Berlin, aujourd’hui 29 avril, avec les dirigeants des pays balkaniques co-organisée par l’Allemagne et la France, qui maintiennent des approches différentes vis-à-vis la région.

En raison du volume croissant des investissements chinois en Grèce, l’implication d’Athènes dans les initiatives politiques de la Chine s’intensifie : le 12 avril dernier, la coopération entre Pékin et les pays d’Europe centrale et orientale a été requalifiée de Format 17+1 avec l’adhésion officielle de la Grèce lors du sommet de Dubrovnik, en Croatie. Présent au Forum de l’Initiative Route et Ceinture (Belt and Road Initiative – BRI), le premier ministre grec Alexis Tsipras a ainsi réaffirmé la place stratégique de la Grèce dans les échanges entre l’Est et l’Ouest.

Pour la Turquie, la guerre civile libyenne représente une opportunité pour renforcer sa politique en Afrique. En effet, après avoir étendu son influence en Somalie, Erdogan veut tenter une pénétration décisive vers les réseaux militaires et politiques influents à Tripoli. Mais l’avancée du général Haftar vers la capitale complique ses plans. En outre, la politique turque en Libye a également une valeur sécuritaire, compte tenu de la situation dans le golfe Persique.