Méditerranée

Long format

La crise du Covid-19 apparaît comme un facteur d’accélération pour les tensions géopolitiques qui parcourent l’Italie, et qui risquent de bousculer sa position historique dans l’ordre international, marquée par trois lignes directrices  : l’Europe, le rapport transatlantique et la Méditerranée. En particulier, la crise du coronavirus rend plus que jamais évidente la distance croissante de l’Italie par rapport à l’Europe, un sentiment qui représente une des tendances inquiétantes de la crise actuelle.

Conseil des Ministres, Turquie

La Turquie est en «  confinement volontaire  », et comme tous les autres pays avant elle, elle attend la vague meurtrière des infectés du SARS-CoV-2. Dans le même temps, à grand renfort de communication sur les réseaux sociaux, le président Recep Tayyip Erdogan se veut rassurant, répétant que l’Etat turc se prépare depuis deux mois à cette situation, et que toutes les mesures ont été prises. Pourtant, sur le terrain, le mécontentement augmente. Plus qu’une crise passagère, la situation actuelle est un test dans tous les domaines pour l’AKP, dans la perspective de son maintien au pouvoir et des élections de 2023.

Annexion de la Crimée, la Russie conserve une image négative en Europe

L’aide de Moscou à l’Italie a immédiatement apporté de l’eau au moulin des controverses de toutes sortes, déclenchées par la faille géopolitique qui divise deux pays pourtant traditionnellement amis. Poutine intervient sur le terrain pour augmenter son soft power, mais aussi pour prévenir les pires effets de la pandémie sur son propre territoire.

Zones de controle sur le térritoire en Syrie

La région d’Idlib, ultime bastion de l’opposition syrienne, est aujourd’hui au cœur d’un jeu géopolitique complexe qui cristallise les divergences d’agenda entre Moscou et Ankara. Les deux puissances sont certes des partenaires stratégiques mais poursuivent des objectifs distincts. Ces paragraphes proposent un état des lieux des rapports de force actuels en passe de façonner le futur du nord de la Syrie.

Au cours de la semaine dernière, des dizaines de soldats russes sont partis de Moscou pour gagner le nord de l’Italie, afin d’aider à la lutte contre le coronavirus. Mais les politiciens et les sources de renseignement disent que cela pourrait être la première pièce d’une stratégie à long terme pour gagner de l’influence politique dans le pays, en réponse à l’intervention de la Chine dans le pays.

Pays de l'Union européenne, pourcentage de la population s'identifiant à une religion

L’Espagne est dans l’œil du cyclone de la pandémie COVID-19. Ces dernières semaines, beaucoup d’encre a coulé pour tenter d’expliquer la réaction modérée de Pedro Sanchez à la suite des premiers cas dans le pays, ce qui aura d’énormes conséquences géopolitiques pour l’Espagne dans les années à venir. Bien sûr, en Espagne, parler de géopolitique implique aussi de parler des différentes traditions religieuses et théologiques  ; plus précisément, des différences entre le catholicisme et les pays protestants en Europe. C’est un débat qui traverse tout le pays lorsqu’il recherche sa propre forme de modernité.

diffusion du COVID-19 en Corse par department

Analyser la diffusion du COVID-19 en Corse permet de donner une perspective «  micro  » sur la pandémie et ses risques  : dans un territoire particulier, on note des faiblesses structurelles du système de santé, une population vieillissante et des risques sérieux de crise profonde pour une économie basée sur le tourisme.

Ilaria Capua est une scientifique internationalement reconnue qui a notamment travaillé sur les épidémies de grippe aviaire des années 1990 et 2000 en étudiant la transmission des virus entre les animaux et les humains. Dans cet entretien bilan, signé Raffaele Alberto Ventura, elle partage sa compréhension des raisons de la catastrophe actuelle et esquisse des perspectives en appellant à l’harmonisation, à l’échelle pertinente, des critères du suivi.

Les mouvements militaires de la Turquie dans le Nord de la Syrie et de l'Irak

La crise à la frontière gréco-turque de ces dernières semaines a mis à nouveau au centre de l’attention la politique migratoire de l’Union européenne. En effet, loin d’être une surprise, la crise est le résultat des échecs de la stratégie court termiste de l’accord de 2016, que l’Union n’a jamais voulu remettre en question, laissant ainsi à Erdogan la possibilité de l’utiliser au profit de sa stratégie géopolitique. La crise révèle combien il est urgent de trouver une solution structurelle et durable qui remette les principes du droit européen au premier plan.

En décrivant la vie quotidienne à Rome, à l’intérieur des foyers confinés ou à l’extérieur, arpentant les berges désertes du Tibre, on redécouvre une nouvelle sociabilité. Une expérimentation italienne dont il faudra s’inspirer ailleurs en Europe dans les prochaines semaines.