Méditerranée


Un an après la conférence CEDRE qui en avait fait une priorité, la ministre libanaise de l’Énergie Nada Boustani a fait aboutir un plan de réforme visant à remédier au système de rationnement de l’électricité tout en résorbant la dette publique qui y est associée. Fruit de la guerre civile et des défaillances étatiques successives, le dossier de l’électricité mine tant l’économie du pays que le quotidien des libanais·e·s. Adopté à l’unanimité par le gouvernement Hariri III début avril, il a été rapidement entériné par le Parlement. Or l’engagement d’assurer une fourniture d’électricité continue éveille autant d’espoir que de méfiance.

La crise persistante dans le gouvernement italien a explosé ces derniers jours, avec l’enquête sur le secrétaire de la Ligue du Nord, Armando Siri, et les accusations de Salvini contre le maire de Rome, du Mouvement Cinq étoiles, qui ont conduit quelques ministres du Mouvement Cinq étoiles à ne pas se présenter au Conseil des ministres du 23 avril. Si le fossé entre les deux partis semble se creuser, une chute du gouvernement, dans la situation politique particulière de l’Italie et à proximité des élections européennes, paraît encore être lointaine.

À l’heure du déclin de Daech qui signe la fin du djihadisme de troisième génération tel que nous le connaissons, Gilles Kepel analyse les grandes ruptures de la région Méditerranée–Moyen-Orient autour de la question pétrolière. Tandis que la production va décliner en Arabie Saoudite et que les tensions se cristallisent dans le Golfe, la reprise en l’Irak et la chute de Daech signent peut-être le début de la reconstruction d’un espace levantin structuré.

Dans le contexte du regain de tension libyen, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a signé une nouvelle directive interdisant l’arrivée de migrants en Italie. Point particulier, cette directive s’adressait non seulement aux forces de police mais aussi au chef d’État-Major de la marine militaire et au commandant général de la capitainerie du port, subordonnés au ministère de la Défense (contrôlée par Elisabetta Trenta du Mouvement 5 Étoiles), ce qui a abouti à un nouvel affrontement entre les deux ministres… mais aussi, cette fois, avec l’armée italienne. Signaux faibles de conflit institutionnel au sein du gouvernement Conte.

Le DM FER2 , le décret ministériel italien qui définit les mécanismes de soutien aux énergies renouvelables, est proche d’être conclu et publié. Selon le gouvernement italien, l’objectif de ce décret est de répondre aux préoccupations des maires et des comités de citoyens, : ces derniers avaient trouvé des lacunes dans la première partie du décret, le DM FER1, entré en application en janvier 2019. Signaux faibles de transition énergétique.

Le politologue, spécialiste des religions, fin observateur de l’état de l’Église aujourd’hui, livre ses analyses sur la réception par l’Église et par les catholiques de l’incendie de Notre-Dame. Son constat est sans appel : la catastrophe est un signe de plus pour une Église déjà en crise ; sur cette affaire, elle semble « complètement et pour l’instant définitivement dépossédée. »

Suite à un long processus de recours, le résultat des élections locales en Turquie du 31 mars dernier semble maintenant être définitif. A Istanbul, où les résultats étaient encore incertains à cause de nombreux recours, Imamoğlu, le candidat CHP de l’opposition, a reçu le mercredi 17 avril son certificat d’élection par le conseil électoral, faisant de lui le nouveau maire de la ville. Retour sur cette victoire à 13 000 voix près dans des élections où les stratégies d’alliances ont été déterminantes.

Camille Abousleiman, nouveau ministre du travail du gouvernement Hariri III, a annoncé vouloir briser le système dit “kafala” : au croisement d’une politique des visas complaisante envers les employeurs et d’une liberté contractuelle exacerbée en faveur de ces derniers, le kafala organise l’exploitation des travailleuses domestiques étrangères en dehors de tout risque de sanction. Or les annonces du nouveau ministre peinent à susciter l’espoir quant à l’adoption de mesures concrètes à l’encontre d’une situation dont le caractère dramatique est pourtant largement documenté.

Malgré l’interdiction de toutes les activités des Frères Musulmans et leur classement sur la liste du terrorisme en octobre 2013, le mouvement continue à jouer un rôle politique en Egypte, grâce notamment à sa présence en Turquie. L’organisation a retrouvé sa place en tant qu’acteur de l’opposition, arrivant jusqu’à organiser une mobilisation contestataire, en se servant d’un hashtag et d’une chaîne télévisée.

Albanie, Monténégro et Serbie sont tous trois frappés depuis l’hiver par une vague de contestations citoyennes. Parfois chaque semaine, des milliers de manifestants se rassemblent dans les capitales et les centres régionaux pour contester le pouvoir en place. Si les revendications relèvent le plus souvent du pouvoir d’achat, de la corruption et du changement démocratique, les mouvements sont très disparates et varient fondamentalement d’un pays à l’autre.