Études


Georgui Alexandrovitch Gradov est l’une des figures majeures de la pensée architecturale et urbanistique soviétique post-stalinienne. Personnage controversé, tour à tour théoricien, utopiste ou architecte pragmatique, partisan de l’adaptation de l’architecture aux défis modernes et aux innovations technologiques, acteur du renouvellement culturel et idéologique de la période du Dégel, il est aussi une figure éminemment politique.

De Madagascar à Nairobi en passant par Alger et Lagos, les grandes métropoles africaines sont toutes devenues des prototypes du concept récent de «  métropolisation  ». Olivier Vallée signe le deuxième article de notre série d’été consacrée au modernisme, dans lequel il dresse un tableau de l’architecture urbaine africaine non pas comme une tentative d’imitation de l’Occident, mais bien comme l’affirmation d’une recherche africaine résolument unique.

Il est possible de dresser un parallèle entre le héros du roman d’Ayn Rand The Fountainhead, Roark, paru dix-huit mois avant le procès de Nuremberg, et Albert Speer – bien qu’il est impossible que l’autrice se soit inspirée de ce dernier. Tous deux architectes, héritiers de la pensée philosophique et de la science du XIXe siècle, ils sont également partisans du «  triomphe de la volonté  ». Ils incarnent une certaine vision du futur  : un prototype de l’architecte du pouvoir, combinant une prétendue autorité intellectuelle et morale. Deuxième partie et fin du portrait de l’architecte Albert Speer.

Ce portrait de l’architecte nazi Albert Speer, signé par Vincenzo Latronico, est le premier de notre deuxième série d’été. À la lumière de peintures et de textes qui retracent l’itinéraire de Speer, l’auteur étudie son sujet à travers le prisme du modernisme, tant dans l’architecture caractéristique des rêves de grandeur du troisième Reich que du personnage lui-même  : tous deux partagent l’idéal impossible d’un triomphe de l’esprit sur la matière.

Les manifestations qui ont secoué Cuba entre le 11 et le 17 juillet ont profondément changé le rapport de forces qui prévalait jusqu’ici entre le régime communiste et la population. Pour Armando Chaguaceda et Melissa Cordero Novo, il sera difficile à l’avenir de considérer l’île comme étant une société figée, subissant le joug d’un pouvoir qui a fait le choix délibéré de s’écarter de sa population, mue par un désir de liberté.

L’assassinat du président Jovenel Moïse est un révélateur de la faillite des institutions et de l’État haïtien. Il s’inscrit dans une séquence de plus long terme, caractérisée par une spirale de violence. Pour chercher à en comprendre les causes et dégager des pistes possibles pour le futur, nous interrogeons le géographe Jean-Marie Théodat, spécialiste d’Haïti.