Perspectives sur l’actualité


Pour faire atterrir des initiatives françaises en Europe, Emmanuel Macron a dû s’appuyer sur l’Allemagne – en adaptant sa stratégie. Mettre l’Allemagne sous pression en allant d’abord chercher le soutien des autres États membres a pu assurer à Paris des succès diplomatiques importants puisqu’à l’ère Scholz, Berlin se laisse porter. Mais il n’est pas sûr que cela suffise à l’heure où, au plan interne, le Président doit commencer à agir en «  chancelier  ».

Le Sommet des Amériques qui s’est tenu à Los Angeles début juin a résonné comme un échec pour l’administration Biden. Vu d’Amérique latine, il a cependant agi comme un révélateur  : alors que le pays le plus mentionné – Cuba – n’y était pas présent, un autre pays, présent dans tous les esprits, était passé sous silence – la Chine. De quoi cela est-il le symptôme  ?

Dans un livre paru au Pays-Bas en 2021 et à paraître en France en janvier 2023 aux éditions Actes Sud, la journaliste Caroline de Gruyter essaye de penser l’Europe actuelle dans un parallèle surprenant  : et si l’Union européenne avait des choses à apprendre de l’empire Habsbourg  ? Dans les deux cas, la malédiction de l’Europe est aussi sa bénédiction  : un demi-achèvement perpétuel.

Dans la recomposition mondiale qui se joue depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Europe doit prendre la mesure de la perte de confiance qui marque sa relation avec le Sud global.

Pour dépasser les potentiels blocages que cela peut générer au plan de la diplomatie climatique, il faut savoir changer l’échelle de la coopération environnementale.

Plusieurs centaines de milliards de dollars. C’est le montant des investissements déjà réalisés dans l’industrie des microprocesseurs. Dans cette perspective, Franco Bassanini tente de comprendre les raisons de ce phénomène – des facteurs conjoncturels mais aussi structurels. Selon lui, il faut réussir à empêcher des initiatives nationales distinctes de promouvoir en Europe une concurrence dangereuse.

C’est un fait  : les nouvelles extrêmes droites sont là pour rester. Au point qu’elles n’auront bientôt plus rien de nouveau. Plutôt que de s’étonner à chaque nouveau score réalisé par les représentant de cette tendance en Europe et de déplorer la droitisation à marche forcée du débat public, Steven Forti propose de comprendre les caractéristiques communes de ces essors.

Le paradoxe est connu et éprouvé  : alors qu’elle semble incapable de dégager un changement structurel, l’Union réagit mieux et de plus en plus vite aux crises. Dans cette perspective au long cours, Riccardo Perissich passe en revue les transformations qui finiront peut-être par configurer la forme de l’Europe après la guerre en Ukraine.

Dans la nouvelle tectonique continentale dans laquelle nous a fait basculer la guerre en Ukraine, notre dépendance devient un obstacle à surmonter à long terme, mais aussi quelque chose de presque insurmontable à court terme. Pour paraphraser à la fois Keynes et Woody Allen  : si le court terme dure trop longtemps, c’est à court terme que nous serons tous morts. La contribution de Massimo Amato au colloque du 17 mai à la Sorbonne.