Perspectives sur l’actualité


Fin de la Belle Époque  : l’Europe n’improvise plus. En 2022, un réveil brutal a ébranlé les dogmes du doux commerce — au risque d’instaurer de nouvelles croyances. Mais ce n’est pas parce que l’interdépendance comporte des risques que le découplage crée un environnement moins risqué. En favorisant une réduction générale des échanges, il pourrait bien accélérer les malentendus, les craintes nationalistes et les paniques sécuritaires.

Une perspective signée Nicholas Mulder.

C’est un sujet de tension entre les États-Unis et l’Union  : une potentielle incompatibilité entre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et l’accord mondial sur l’acier et l’aluminium durables. Pourtant, il est possible d’interpréter les règles de l’OMC de manière favorable à ces deux dispositifs. C’est même une nécessité.

Le système commercial international n’a pas réussi à relever le défi posé par le choc chinois. S’il veut rester pertinent, il ne peut faire obstacle à la recherche de solutions au défi le plus pressant de notre époque — le climat.

Pourquoi les États-Unis semblent-ils en retard sur le terrain de la monnaie digitale  ? Contrairement à l’Union européenne et à la Chine, Washington semble prendre son temps pour développer son e-dollar. Dans cette étude, Hubert de Vauplane prédit, moins qu’une montée en puissance, une coexistence — en dollars — entre stablecoins et monnaie numérique.

Il y a une Russie d’après la guerre d’Ukraine, d’après le poutinisme, d’après Poutine. En quels termes pouvons-nous en parler  ? En donnant la parole à des voix dissidentes dans la revue, nous nous proposons de lever un tabou, sans naïveté.

À partir d’aujourd’hui, la revue donnera la parole à des voix russes, pour penser l’après, sans tabous, sans naïveté, d’une manière structurante non structurée.

Ici, quatre figures de l’opposition proposent un «  programme conditionnel pour démocratiser la Russie  » — à marche forcée.

À l’occasion de la parution du troisième numéro de BLUE (Bulletin des élections de l’Union européenne), qui publie vingt-six analyses électorales exclusives couvrant l’ensemble de l’année 2022, nous vous proposons un retour sur l’année électorale passée. De mars 2022 à mars 2023, la démocratie européenne a vécu pendant un an à l’ombre de la guerre russe contre l’Ukraine. Un bilan en dix points.

Contrôler sans contraindre, recommander sans imposer, induire sans tromper  : la mission des Cours des comptes est aussi essentielle que leur mandat est difficile à définir. À partir d’exemples concrets, en Afrique et dans le monde, Camille Andrieu, magistrate, et Kako Nubukpo, économiste et ancien ministre togolais, montrent que leur rôle de vigies démocratiques est essentiel et appellent à l’émergence d’une «  culture des contre-pouvoirs  ».

À mesure que la guerre d’Ukraine se prolonge, les alliés de la Russie tournent le dos à Moscou, l’obligeant à redoubler d’efforts diplomatiques. L’Organisation du Traité de sécurité collective, qui servait au Kremlin à préserver plusieurs anciennes républiques soviétiques dans l’orbite géopolitique de la fédération de Russie, se retrouve de facto délaissée par des alliés historiques. Au-delà de la guerre de conquête en Ukraine, la Russie de Poutine mène une bataille diplomatique sur tous les fronts.

Partout dans le monde, des femmes en lutte se battent pour conquérir des espaces de dignité, de pouvoir et de liberté. Leurs combats doivent nous inspirer. Nous devons les soutenir et fédérer leurs efforts — pour que les femmes soient présentes à toutes les tables de négociations.

Une perspective signée Arancha Gonzalez Laya.

Le débat sur la réforme des retraites est centré sur les chiffres  : il n’y aurait pas d’alternative pour financer les prestations que réformer le système. Suivre ce raisonnement nous fait passer à côté d’une urgence. Ce projet ne peut pas s’abstraire de la dynamique plus large de la transition juste. En d’autres termes  : il est grand temps de faire entrer la Terre dans la calculette.

Une perspective signée Patrice Maniglier.

Le Premier ministre de Tunisie parle de «  grand remplacement  ». Dans les rues, des chasses à l’homme se multiplient. La violence s’installe — dans une économie fracturée et un paysage politique chaotique.

Le scénario le plus probable désormais est celui d’un défaut souverain d’ici à 2024  : il réduirait encore les marges de manœuvres budgétaires et accentuerait l’appauvrissement tendanciel du pays, qui se tournera vers des alliés régionaux toujours moins nombreux et aux motivations troubles.