Les Houthis ont lancé dans la soirée du mercredi 9 septembre une vaste offensive dans le Sud du Yémen, autour du détroit de Bab el-Mandeb. Les combattants du groupe se seraient notamment emparés de la ville portuaire de Mocha, située à l’intérieur du goulot d’étranglement, sur la mer Rouge, ainsi que de plusieurs îles dont Périm, qui coupe le détroit en deux, Zuqar et Hanish, qui se trouvent à quelques kilomètres des côtes.
S’ils venaient à consolider leurs gains, les Houthis pourraient exercer un contrôle bien plus important sur le commerce transitant via le détroit.
- Le groupe avait annoncé le 20 juillet un embargo sur les ports et les navires saoudiens, qui passent par Bab el-Mandeb.
- Depuis, au moins huit pétroliers saoudiens ont été pris pour cible par les Houthis.
Cette offensive inflige un coup considérable à l’Arabie saoudite dont le prince héritier, Mohammed ben Salmane (MBS), a exhorté Donald Trump hier, jeudi 10, à lancer des frappes contre le groupe alors qu’il se rapprochait du détroit, selon Axios 1. Le président américain a refusé son appel, et des responsables de l’administration ont précisé que Washington n’avait pas l’intention d’intervenir directement contre les Houthis pour le moment.
Bien que leurs objectifs puissent diverger, le contrôle houthiste du détroit pourrait renforcer la main de Téhéran.
- Hazem al-Assad, un membre du bureau politique des Houthis, a affirmé aujourd’hui, vendredi 11, qu’il n’y avait « aucune raison de s’inquiéter quant à la liberté de navigation et le commerce international en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb » 2.
- L’embargo sur le pétrole saoudien ainsi que les récentes frappes du groupe sur les infrastructures pétrolières du royaume, menacent toutefois ses exportations de brut, qui restent inférieures à leur niveau pré-guerre en Iran.
Des images satellites prises hier, jeudi 10, montrent d’importantes fumées à proximité de l’oléoduc Est-Ouest, qui permet à Riyad d’exporter une partie importante de son pétrole sans avoir à emprunter le détroit d’Ormuz. À cette heure, l’Arabie saoudite n’a pas donné d’informations sur l’état du pipeline, et n’a pas publiquement confirmé de dégâts.
- Le baril de pétrole Brent a dépassé les 108 dollars vendredi 11 septembre.
- La production saoudienne de pétrole a chuté en août à 6 millions de barils par jour – contre 10 millions avant le début de la guerre –, soit son niveau le plus bas depuis plus de 30 ans.
Face au refus américain d’intervenir contre les Houthis, Riyad pourrait se tourner vers le Pakistan et la Turquie, avec qui le royaume a signé un accord de défense conjointe en août.
- Le ministre pakistanais de la Défense a déclaré mercredi 9 que Riyad pourrait activer la clause de défense mutuelle de l’accord.
- De son côté, le ministère des Affaires étrangères turc avait condamné mardi 8 les frappes houthistes dans le sud de l’Arabie saoudite.
Sources
- Barak Ravid, « MBS urged Trump to strike Houthis amid Red Sea threat », Axios, 11 septembre 2026.
- « Houthis control key shipping route after gains along Yemen’s Red Sea coast », Al Jazeera, 11 septembre 2026.