Selon des médias iraniens et un message publié sur X par Majid Shakeri, conseiller du président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf, l’Iran exclurait toute négociation avec l’administration Trump, affirmant qu’il attendrait la fin du mandat de Donald Trump, le 20 janvier 2029.

  • Majid Shakeri a ainsi déclaré : « Trump ne parviendra pas à conclure un accord avec nous. Nous l’accompagnerons jusqu’à la fin de son mandat. » Il ajoute : « La voie vers la victoire n’est ni le combat, ni un accord, mais la gestion d’un processus qui n’est ni la guerre, ni la paix, jusqu’à la victoire. Confirmer publiquement des négociations avec les États-Unis relèverait de la pure folie. L’approche gagnante repose sur le déni, l’ambiguïté et la patience stratégique. »

Ces déclarations font suite à plusieurs jours de négociations entre l’Iran et l’Oman concernant la réouverture du détroit d’Ormuz. Si Washington a continué à déclarer que les pourparlers avec Téhéran se poursuivaient, le régime iranien nie toute discussion avec l’administration américaine. 

  • Téhéran avait déjà déclaré qu’un accord avec l’Oman ne garantirait pas la reprise du transit, et plusieurs demandes ont été formulées : dont des réparations de guerre, la levée des sanctions et du blocus américain sur les ports iraniens. 
  • Des médias iraniens ont également indiqué que l’Iran entendait restreindre l’accès des navires américains et israéliens, et qu’il exigerait une compensation de la part des pays qu’il considère comme hostiles.
  • Des officiels iraniens ont confirmé poursuivre les négociations avec l’Oman. 
  • Ainsi, à la suite d’un appel avec son homologue pakistanais Ishaq Dar, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a ainsi déclaré que la République islamique était déterminée à poursuivre le processus de négociation avec Oman à propos du détroit d’Ormuz 1. Araqchi avait toutefois déclaré précédemment que Téhéran excluait pour l’instant toute négociation directe avec les États-Unis, mais a indiqué que les deux parties échangeaient des messages par l’intermédiaire de médiateurs.

Durant le week-end, la position de l’Iran concernant le détroit d’Ormuz et ses demandes maximalistes à l’égard des États-Unis ont également été confirmées, avec la nomination de Mohsen Rezaee, ancien commandant de la Garde révolutionnaire islamique connu pour ses positions radicales et sa défense du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, au poste de secrétaire du Conseil de sécurité 2. Dans son nouveau rôle, il devra notamment coordonner les décisions relatives à la guerre et aux négociations. 

Hier, 9 août, Donald Trump avait déclaré dans un entretien avec Axios qu’il était prêt à laisser la pression économique s’accroître sur l’Iran plutôt que de lancer une nouvelle offensive militaire : « Nous ne menons que des négociations partielles avec eux. Nous nous contentons d’observer l’Iran avec son énorme inflation et le fait qu’il n’ait pas d’argent. » 3 

  • Dans une publication sur Truth Social, il a déclaré aujourd’hui que les États-Unis allaient demander à leur tour des compensations à l’Iran pour « toutes les personnes qu’ils ont tuées et gravement blessées avec leurs bombes placées en bord de route et lors des nombreux conflits qui ont fait leur réputation, sous la direction initiale du général Soleimani, y compris les familles des victimes de l’USS Cole et les milliers d’autres personnes tuées au combat ». Il a également indiqué qu’une indemnisation devrait être versée aux « familles des centaines de milliers de manifestants innocents tués par l’Iran au cours des 50 dernières années, sans parler des 52 000 personnes tuées au cours des cinq derniers mois ».