La semaine dernière, Pékin a lancé une « opération maritime spéciale » dans les eaux se situant à l’Est de Taïwan afin de protester contre l’annonce quelques jours auparavant de l’ouverture de discussions entre les Philippines et le Japon relatives à la délimitation de leurs frontières maritimes.

Il s’agissait de la première fois que le ministère des Transports chinois dépêchait ses propres navires aux côtés de ceux de la garde côtière à l’Est de l’île.

  • Les « missions de patrouilles et de contrôle » réalisées par Pékin avait pour mission explicite de dénoncer une atteinte par Manille et Tokyo aux supposés droits maritimes de la Chine.
  • La zone concernée chevauche des zones économiques exclusives revendiquées par la Chine, et se situe à proximité immédiate de Taïwan.
  • Le gouvernement de Taipei a dénoncé l’opération chinoise, déclarant que Pékin n’avait aucun droit souverain sur les eaux orientales de l’île.

Pékin utilise de plus en plus des moyens hybrides pour tenter d’affirmer sa souveraineté sur les eaux entourant Taïwan.

  • Fin avril, le porte-avions chinois Liaoning a navigué pour la première fois de l’année dans le détroit de Taïwan, après un précédent déploiement en septembre.
  • Des exercices militaires sont régulièrement organisés par Pékin, dont la marine a effectué des tirs réels en décembre, empiétant ainsi pour la première fois depuis 2022 sur les eaux territoriales taïwanaises.
  • Des navires chinois ont également contrôlé ces derniers jours des navires commerciaux internationaux transitant à l’Est de l’île, une manoeuvre qui a été qualifiée de « guerre cognitive » par Taipei 1.

Jeudi 11, le ministère chinois des Transports a déclaré avoir mené, en parallèle de ses « missions de patrouille et de contrôle », des levés hydrographiques dans les eaux situées à l’est de l’île de Taïwan 2. Cette opération, qui n’avait jamais eu lieu auparavant dans cette zone, selon des médias affiliés au Parti, vise à renforcer le contrôle par la Chine et à dissuader le Japon, les Philippines ainsi que les États-Unis d’établir une présence militaire 3.