Au pouvoir depuis la révolution de 2018, le Premier ministre Nikol Pachinian est en tête des sondages, mais il affronte pour la première fois une élection au cours de laquelle il doit défendre son bilan. 

  • Son parti, le Contrat civil, met en avant la stabilité institutionnelle, la lutte contre les réseaux oligarchiques, le développement des infrastructures et une croissance économique relativement soutenue, dans un élan pro-européen. 
  • Son bilan est toutefois marqué par deux événements : la défaite de 2020 face à l’Azerbaïdjan, puis la disparition du Haut-Karabakh arménien en 2023, suivie de l’arrivée de plus de 100 000 réfugiés dans le pays.

Son opposant historique est Robert Kotcharian, ancien président de la République entre 1998 et 2008, et chef de l’Alliance arménienne. Ancien dirigeant du Haut-Karabakh lors de la première guerre des années 1990, il est associé à un système oligarchique puissant ainsi qu’aux violences post-électorales de 2008.

  • Mais Kotcharian est lui-même aujourd’hui concurrencé par l’émergence d’Arménie Forte, un parti dirigé par le milliardaire russo-arménien Samvel Karapetian. 
  • Ancien sous-traitant de Gazprom et partisan d’un rapprochement avec la Russie, il s’est imposé comme une figure de l’opposition après la perte du Haut-Karabakh. 
  • Arrêté en juin 2025 après avoir été accusé d’avoir appelé à renverser le gouvernement, il reste l’une des personnalités les plus controversées de la campagne. 

La plupart des opposants à Pachinian lui reprochent sa politique de normalisation avec Bakou et son souhait de garantir la souveraineté de l’Arménie par la diplomatie. L’opposition, Karapetian et Kotcharian en tête, considère que cette stratégie revient à accepter les exigences de Bakou et milite en faveur d’une Arménie plus forte militairement. 

  • Le scrutin est largement perçu comme un référendum sur l’orientation internationale du pays. 
  • Pachinian a multiplié les rapprochements avec l’Union et les États-Unis, tandis que plusieurs partis d’opposition prônent des liens plus étroits avec Moscou. 
  • Le président américain Donald Trump a publiquement apporté son soutien à Pachinian et la Commission européenne a annoncé jeudi  une aide de 50 millions d’euros en faveur de l’Arménie à la suite de la décision de Moscou de suspendre les importations de produits agricoles arméniens, sous prétexte de préoccupations sanitaires 1.

L’Alliance arménienne de Kotcharian refuse notamment la candidature du pays à l’Union européenne et à l’OTAN, préférant l’Organisation du traité de sécurité collective. 

Cette élection est un test pour les institutions démocratiques du pays face aux ingérences étrangères. 

  • Une mission d’observation de l’OSCE est déployée sur place. 
  • Selon des sources proches du Kremlin citées par Bloomberg, s’étant exprimées sous couvert d’anonymat, Sergueï Kiriyenko, directeur adjoint de l’Administration présidentielle de la Russie, aurait un rôle central dans la gestion des opérations politiques à travers l’espace post-soviétique, incluant l’Arménie, et le Kremlin aurait créé un département chargé, entre autres, de contrer le pivot arménien vers l’Occident 2.
  • L’Arménie était au cœur de la dernière conférence de presse de Poutine au Kazakhstan, au cours de laquelle il a appelé à l’organisation d’un référendum sur l’adhésion du pays à l’Union.