Depuis l’émergence d’Internet et des communautés en ligne au tournant des années 2000, les jeunes générations en Chine célèbrent chaque année le 20 mai une Saint-Valentin informelle appelée « 520 ».

  • En mandarin, le nombre « 520 » se prononce en effet « wǔ èr líng » (五二零), ce qui est un quasi-homophone de « je t’aime » (我爱你, wǒ ài nǐ).
  • L’expression a notamment été popularisée par le titre « Amour numérique« (數字戀愛) de la chanteuse taïwanaise Mavis Fan, sorti en 1998 sur l’album Darling.

La Saint-Valentin traditionnellement fêtée en Occident le 14 février connaît également une certaine popularité en Chine.

  • Comme dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, elle est suivie le 14 mars par le « White Day » (白色情人節), une journée durant laquelle les personnes ayant reçu des cadeaux le 14 février offrent en retour des chocolats blancs à leur partenaire.
  • La tradition romantique chinoise la plus ancienne encore largement célébrée est la fête de Qixi (七夕), la nuit du septième mois, considérée comme l’équivalent de la Saint-Valentin. Elle est célébrée le 7e jour du 7e mois du calendrier lunaire chinois.

Plusieurs milliers de mariages seront ainsi célébrés aujourd’hui, mercredi 20 mai, dans tout le pays, comme à Guangzhou, dans la province du Guangdong, où tous les créneaux horaires des 15 bureaux de mariage sont complets depuis plusieurs semaines. À Pékin, les journaux officiels mettent en avant le fait que certains couples ont dû se connecter à minuit sur une plateforme en ligne dès l’ouverture des enregistrements pour s’assurer une place 1.

Malgré l’engouement suscité par ces fêtes romantiques, le nombre de mariages en Chine ne cesse de baisser.

  • Celui-ci a reculé de 6,2 % au premier trimestre par rapport à l’an dernier, et se trouve désormais à son niveau le plus bas depuis 2017.
  • Lorsque le régime chinois a commencé à publier ces chiffres en 2013, 4,3 millions de couples se mariaient dans le pays chaque trimestre.
  • Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 1,7 million, ce qui est inférieur au nombre de mariages enregistrés pendant la pandémie (plus de 2 millions).

Afin d’enrayer la crise démographique, les gouvernements locaux tentent d’inciter les jeunes couples à se marier en leur permettant notamment de célébrer leur union dans des temples historiques ouverts au visiteurs pour l’occasion du 520.

  • À Pékin, dans le district de Xicheng, les couples qui se marient aujourd’hui peuvent ainsi se faire prendre en photo devant les allées de cerisiers et les murs rouges du temple HuGuo Guanyin 2.
  • À Qingdao, une ville du Nord-Est du pays située sur la mer Jaune, les autorités locales ont ouvert le célèbre phare de Lover Dam aux mariages, et ont inauguré récemment la première salle de mariage sur le thème de la bière du pays.

Si elle est saluée dans les journaux officiels par des démographes qui y voient une manière de « renforcer le caractère solennel de la cérémonie », cette politique est loin d’éliminer les facteurs structurels qui contribuent au recul des mariages en Chine : une forte concurence sur le marché du travail, une stagnation des salaires et une hausse du coût de la vie.