Selon les données publiées aujourd’hui, lundi 11 mai, par le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), les recettes d’exportations d’hydrocarbures russes ont augmenté de 4 % en avril par rapport à mars, atteignant 733 millions d’euros par jour – soit leur niveau le plus élevé depuis deux ans et demi 1.

  • La hausse du prix du baril de pétrole Oural a ainsi permis de compenser la baisse de 7 % des volumes d’exportations d’hydrocarbures (pétrole, produits pétroliers, gaz et charbon).
  • En avril, un baril de pétrole russe se vendait 112 dollars en moyenne, contre 94 dollars en mars.

La hausse globale de ces recettes cache la chute de 24 % du volume d’exportation de pétrole brut par voie maritime, qui représente environ la moitié des revenus russes tirés de la vente d’hydrocarbures. Le volume d’exportation de produits pétroliers s’est quant à lui effondré de 65 % entre janvier et avril par rapport à l’an dernier, suite à des frappes ukrainiennes de drones répétées sur la raffinerie de Tuapse le mois dernier.

Selon Volodymyr Zelensky, ces frappes ont coûté 7 milliards de dollars à Moscou depuis le début de l’année 2.

  • Les chiffres publiés la semaine dernière par le ministère des Finances montrent que l’État a versé près de 380 milliards de roubles (4,4 milliards d’euros) aux entreprises pétrolières en avril afin qu’elles ne répercutent pas la hausse du prix du baril sur l’essence payée à la pompe, et qu’elles réparent et modernisent leurs installations 3.
  • En raison de ces versements, les recettes pétrolières et gazières se sont établies à 856 milliards de roubles le mois dernier (10 milliards d’euros), soit seulement 21 milliards de roubles (240 millions d’euros) en plus par rapport aux prévisions.
  • En d’autres termes, le budget russe n’a pas bénéficié de la hausse des prix du pétrole provoquée par la guerre en Iran.

L’Ukraine a frappé 55 infrastructures énergétiques russes (raffineries, terminaux d’exportation et pipelines notamment) sur la période janvier-avril, dont 21 le mois dernier. 

  • Les dégâts provoqués par ces frappes de drones ont fait plonger la capacité de production moyenne des raffineries russes à seulement 4,7 millions de barils par jour, soit leur niveau le plus bas depuis 2009 4.

Les pays de l’Union ont acheté pour 1,7 milliards d’euros d’hydrocarbures russes le mois dernier, soit 10 % des ventes de la Russie, selon les chiffres du CREA.

  • Le gaz naturel liquéfié (GNL) a représenté 59 % du montant des importations, le gaz importé par gazoduc 30 % et le pétrole brut 11 %.
  • La France a été le principal acheteur d’énergie russe en avril (413 millions d’euros de GNL, soit 24 % du total de l’Union), suivie par la Hongrie (380 millions de gaz et de pétrole brut, 22 % du total) et par la Belgique (363 millions de GNL, 21 % du total).