Téhéran a transmis hier, 10 mai, sa réponse à la proposition de Washington visant à mettre fin à la guerre.
- Selon les médias d’État iranien, la réponse inclut plusieurs exigences : la levée immédiate du blocus américain, la reconnaissance de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz (y compris le droit d’instaurer un péage), la levée des sanctions économiques, le dégel des avoirs iraniens ainsi qu’une compensation financière pour les dommages de guerre.
- L’Iran réclame également un arrêt des combats sur tous les fronts régionaux, notamment au Liban.
- Donald Trump a qualifié la réponse iranienne de « totalement inacceptable » et accusé plus tôt dans la journée Téhéran de « jouer avec » les États-Unis et le reste du monde. L’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a affirmé que Washington avait fixé une « ligne rouge très claire » concernant le programme nucléaire iranien.
- Selon le Wall Street Journal, Téhéran aurait proposé de transférer une partie de ses réserves d’uranium hautement enrichi (une partie serait diluée) à des pays tiers, mais aurait rejeté l’idée de détruire ses installations nucléaires. Téhéran a démenti ces informations.
- La proposition des États-Unis visait surtout à ouvrir le détroit d’Ormuz, puis à entamer des négociations sur le programme nucléaire.
La circulation dans le détroit est toujours à l’arrêt et un nouveau navire a été frappé au large des côtes qataries hier. Le prix du pétrole a fortement augmenté : ce matin, le Brent a atteint 105 dollars le baril.
Benyamin Netanyahu s’est entretenu avec Donald Trump hier soir après la transmission de la réponse iranienne.
- Plus tôt dans la journée, le Premier ministre israélien avait déclaré dans un entretien que les deux dirigeants s’accordaient sur l’importance d’éliminer les stocks iraniens d’uranium hautement enrichi. Il a également affirmé qu’« il restait du travail à faire » en Iran et a déclaré que Pékin avait fourni « un certain soutien » ainsi que des composants destinés à la fabrication de missiles iraniens.
- Il s’agit d’un sujet clef, qui sera à l’ordre du jour du voyage de Trump à Pékin, qui débutera ce mercredi 13 mai.
Il n’est pas clair si les États-Unis poursuivront les pourparlers ou reprendront la guerre. Une reprise des combats avant le voyage en Chine semble toutefois peu probable.
- Téhéran partirait du principe que, de retour de Chine, Trump pourrait tenter de faire à nouveau pression sur l’Iran, soit via le blocus ou en recourant à des mesures militaires.
- Le sénateur, Lindsey Graham a écrit hier sur X que Donald Trump devrait désormais envisager une action militaire : « Entre leurs attaques répétées contre le transport maritime international, les attaques continues contre nos alliés au Moyen-Orient et maintenant une réponse totalement inacceptable à la proposition diplomatique américaine, il est, selon moi, temps d’envisager un changement de stratégie. »
- Samedi 9 mai, à Miami, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et Steve Witkoff ont rencontré le Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman al-Thani.