Les confinements et restrictions de circulation avaient provoqué une chute inédite de 20 % de la demande totale de pétrole en mars-avril 2020, soit environ 20 millions de barils par jour. Celle-ci a depuis retrouvé ses niveaux pré-pandémiques, et connaissait une hausse stable jusqu’au lancement de la guerre contre l’Iran, le 28 février.
- La fermeture du détroit d’Ormuz a conduit à une hausse de près de 50 % du prix du baril de Brent, qui a atteint jusqu’à 115 dollars contre 70 avant la guerre.
- En raison de la hausse des prix, S&P Global Energy estime que la demande globale s’est contractée de 5 millions de barils par jour en avril, soit la plus forte chute depuis la pandémie de Covid-19 1.
Dans ses dernières projections publiées le 14 avril, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipait également une chute de la demande de pétrole en avril de l’ordre de 5 millions de barils par jour. Elle voyait toutefois une reprise progressive de la demande dès le mois de mai en prévision d’un retour à la normale du marché dès cet été 2. Sur l’année, l’AIE voit la demande diminuer de 0,08 millions de barils par jour.
Or, plus de deux mois après le début de la guerre, le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et seulement quelques pétroliers sortent du golfe Persique chaque semaine.
- Selon une récente enquête d’opinion, aux États-Unis, où le prix du gallon d’essence a dépassé les 4,5 dollars (+45 % sur un an), 44 % disent avoir l’intention de moins conduire en raison des prix élevés, et 34 % disent avoir déjà changé leurs projets de vacances 3.
- Les compagnies aériennes ont annulé 13 000 vols à l’échelle mondiale pour le mois de mai en raison de la hausse des prix du kérosène, qui se répercute sur celui des billets.
Une destruction durable de la demande de pétrole pourrait avoir des conséquences sur les perspectives économiques mondiales, mais celles-ci pourraient être atténuées par la diminution de la dépendance aux hydrocarbures.
- L’intensité pétrolière, qui mesure le volume de pétrole consommé par unité de produit intérieur brut (PIB), a chuté de près de 60 % entre 1972 – l’année précédant le premier choc pétrolier – et 2022.
- Comme l’expliquait en mars l’économiste Paul Krugman : « La réduction de l’intensité pétrolière du PIB américain signifie que même si la guerre actuelle entraîne une hausse importante et durable des prix du pétrole, les dommages économiques seront moins importants qu’ils ne l’auraient été il y a quelques décennies ».
Sources
- Malcolm Moore, « Global oil reserves plunge at record pace as Middle East war strains supplies », Financial Times, 5 mai 2026.
- Oil Market Report, Agence internationale de l’énergie, 14 avril 2026.
- This Washington Post-ABC News-Ipsos 24-28 avril 2026.