Le Premier ministre israéli, Benyamin Netanyahou, a déclaré dans une interview donnée au média américain Newsmax que la guerre contre l’Iran, lancée il y a plus d’un mois aux côtés des États-Unis, avait atteint « la moitié de ses objectifs ». Le dirigeant israélien considère avoir atteint ses buts de guerre en éliminant « des milliers » de membres du corps des Gardiens de la révolution, et en posant les bases d’un effondrement du régime « de l’intérieur » 1.

Si la « phase chaude » de la guerre israélo-américaine contre l’Iran pourrait prendre fin au cours des prochaines semaines, la campagne lancée au Liban pourrait quant à elle être bien plus longue.

  • Le Hezbollah a repris sa campagne de frappes contre le territoire israélien dès le 2 mars, mettant ainsi fin à l’accalmie relative qui avait succédé au cessez-le-feu signé fin novembre 2024.
  • Dès le 3 mars, des troupes israéliennes ont pris position dans le Sud du Liban afin de créer une « zone tampon » censée protéger les populations vivant dans le nord d’Israël des frappes du Hezbollah.
  • Le quotidien libanais l’Orient-Le Jour estime qu’une trentaine de villes du Sud-Liban sont actuellement sous contrôle de l’armée israélienne, qui a également lancé des opérations au Liban depuis le Mont Hermon, en territoire syrien.

Selon des informations obtenues par le journal israélien Israel Hayom, Netanyahou aurait déclaré à de hauts responsables américains que « tout accord futur entre Washington et Téhéran ne mettrait pas fin à la guerre » menée contre le Hezbollah au Liban 2. Les derniers préparatifs menés par le ministère de la Santé israélien confirment que Tsahal se prépare à une guerre longue, avec des combats « susceptibles de se poursuivre pendant de nombreux mois » 3.

  • Le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, a déclaré aujourd’hui, mardi 31 mars, que Tsahal « maintiendra son contrôle sur l’ensemble de la zone jusqu’au fleuve Litani » une fois que la guerre avec les militants du Hezbollah aura pris fin 4.

Ces propos suggèrent que le gouvernement israélien pourrait chercher une présence durable dans le Sud-Liban, dans une zone qui représente environ 10 % de la superficie du pays, en profitant du chaos de la guerre contre l’Iran.

  • Tsahal a frappé 8 ponts sur le Litani depuis la reprise des affrontements avec le Hezbollah, contribuant directement à isoler le territoire du reste du pays.
  • La destruction annoncée par Katz de villages libanais près de la frontière « selon le modèle de Rafah et de Beit Hanoun à Gaza », qui contraindrait la population à un déplacement forcé, pourrait quant à elle constituer un crime de guerre 5.
  • Beyrouth estime que 1 200 personnes ont été tuées par les frappes israéliennes, et plus d’un million ont été déplacées de force, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

L’invasion israélienne du Sud du Liban accroît également les risques d’incidents impliquant des troupes de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), qui compte des soldats de 47 pays, notamment européens mais aussi chinois.

  • Des soldats israéliens auraient pointé leurs armes samedi 28 mars sur le chef d’état-major de la FINUL, le général français Paul Sanzey 6.
  • Des militaires de Tsahal auraient aussi ouvert le feu sur un convoi logistique en mission de ravitaillement, conduit notamment par des militaires français.
  • Le même jour, le chef de corps de la Force Commander Reserve, sous les ordres du commandant de la FINUL, aurait été la cible d’un tir de char israélien.