Après un prix du gallon d’essence relativement stable au cours de l’année 2025, dans les mois qui ont suivi le retour au pouvoir de Trump, celui-ci était passé sous la barre des 3 dollars début décembre pour atteindre 2,8 dollars au 8 janvier.
- Il s’agissait d’une réussite majeure pour Trump, qui s’était en grande partie fait réélire fin 2024 sur la promesse d’un meilleur pouvoir d’achat.
En seulement un mois, le prix de l’essence a toutefois bondi de 35 % suite au lancement de la guerre contre l’Iran, le 28 février.
- Il s’agit de la première fois depuis près de 4 ans que le prix de l’essence dépasse la barre symbolique des 4 dollars par gallon, selon les données de l’American Automobile Association (AAA) — qui cachent d’importantes disparités régionales.
- Dans les États de l’Ouest (Californie, Nevada, Oregon, Washington notamment), où l’essence est plus chère en raison de taxes plus élevées, de mesures environnementales et de l’absence de raffineries, le prix est en moyenne 32 % plus élevé que la moyenne nationale (5,3 dollars par gallon).
Le prix de l’essence est un problème politique pour Trump, à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. Au-delà de la seule perception du coût d’un plein d’essence, une étude de chercheurs de Stanford indique que chaque hausse d’un dollar du prix à la pompe entraîne une baisse de 4,5 points d’indice ou plus de la confiance des consommateurs, mesurée par l’Université du Michigan 1.
Tandis que le coût politique de la guerre pour Trump ne cesse de s’alourdir, Washington ne semble disposer que d’un nombre limité d’options.
- L’arrivée de 7 000 soldats américains supplémentaires dans la région pourrait permettre à la Maison-Blanche de mener des opérations limitées dans le détroit d’Ormuz et sur les côtes iraniennes.
- Malgré une campagne aérienne massive, les Gardiens de la révolution conservent une capacité de riposte suffisante pour dissuader les armateurs de tenter de passer le détroit d’Ormuz, sans accord préalable avec les autorités iraniennes.
- La mise en place d’escortes par des navires militaires nécessiterait des moyens supplémentaires qui pourraient mettre plusieurs semaines voire mois à être déployés dans la région. Les coûts associés à une telle opération seraient aussi très importants.
Si la guerre contre l’Iran et son impact sur l’économie américaine ne semble pas avoir provoqué une opposition massive au sein des rangs républicains, plus de la majorité des Américains (53,5 %) désapprouve la guerre lancée par Trump, selon les données de sondages compilées par l’analyste Nate Silver.
- Le statu quo semble être à l’avantage de l’Iran, qui exerce désormais un contrôle de facto sur le détroit d’Ormuz dont il ne jouissait pas auparavant.
- Hier, lundi 30 mars, le Parlement iranien a approuvé un projet de perception de droits de péage auprès des navires transitant par le détroit.
- Dans le même temps, Téhéran engrenage des centaines de millions de dollars de recettes supplémentaires grâce à ses ventes de pétrole, profitant de la flambée des prix et de son nouveau statut de principal exportateur de la région 2.
Selon des sources américaines, Trump aurait déclaré hier, lundi 30, être prêt à mettre fin à la campagne militaire contre l’Iran, même si le détroit d’Ormuz restait en grande partie fermé 3.
Sources
- Ryan Cummings et Neale Mahoney, « U.S. Has Few Good Options to Counter the Gas Price Spike », 9 mars 2026.
- Paul Burkhardt, Patrick Sykes et Julian Lee, « Iran Oil Revenue Soars as It’s the Only Exporter Out of Hormuz », Bloomberg, 26 mars 2026.
- Alexander Ward et Meridith McGraw, « Trump Tells Aides He’s Willing to End War Without Reopening Hormuz », The Wall Street Journal, 30 mars 2026.