L’usine de Ras Laffan, la plus grande installation d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, qui couvre environ un cinquième de l’approvisionnement global, a été visée par des drones iraniens aujourd’hui, lundi 2 mars.
- Quelques heures après l’annonce de sa fermeture par QatarEnergy, le prix du contrat à terme TTF a bondi à plus de 48 euros, soit son niveau le plus élevé depuis près d’un an.
- Le MWh de gaz s’échangeait entre 30 et 34 euros en moyenne au cours du mois de février, avant le lancement de l’opération américaine et israélo-américaine contre l’Iran, samedi 28.
- QatarEnergy aurait déclaré pour la première fois un cas de force majeure concernant ses obligations contractuelles de livraison de GNL à ses clients, ce qui ne s’était jamais produit auparavant 1.
La réaction des marchés s’explique à la fois par la menace que la fermeture de Ras Laffan fait peser sur la sécurité énergétique de plusieurs grandes économies, notamment en Asie, et par les faibles niveaux de gaz en réserve en Europe. Au 28 février, les réserves européennes étaient remplies à moins de 30 %, soit le niveau le plus faible à cette période de l’année depuis 2022.
- Un cinquième (20 %) des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié transitent chaque jour via le détroit d’Ormuz, depuis le Qatar et les Émirats arabes unis notamment.
- Le Qatar, qui dépend d’Ormuz pour la totalité de ses exportations, est le 2e exportateur de GNL au monde, derrière les États-Unis.
- Au moins cinq navires commerciaux ont été visés par des projectiles depuis hier, dimanche 1er mars.
Le Qatar est le quatrième fournisseur de GNL de l’Union européenne, avec 7 % des importations du bloc l’an dernier. L’arrêt de ses exportations pourrait conduire à la réorganisation des flux d’approvisionnement mondiaux, et les acheteurs européens se verraient alors en concurrence avec la Chine et l’Inde pour leurs achats de gaz.
- Le niveau des prix en Europe, en amont de la saison de remplissage des réserves, dépendra fortement de la durée des perturbations dans le détroit d’Ormuz.
- Selon Goldman Sachs, si ces interruptions se poursuivent pendant un mois — Donald Trump a déclaré que l’opération contre l’Iran pourrait durer 4 semaines —, les prix du gaz en Europe pourraient doubler 2.
Sources
- Elena Mazneva, Stephen Stapczynski et Salma El Wardany, « Gas Prices Surge as Qatar Shuts World’s Largest LNG Export Plant », Bloomberg, 2 mars 2026.
- Keira Wright, « Goldman Says European Gas Could Jump 130 % on Hormuz Disruption », Bloomberg, 2 mars 2026.