Aujourd’hui, cela fait un an que Trump est en fonction à la Maison-Blanche. Le 20 janvier 2025, nous commentions son discours d’investiture — programme d’une année de transformations radicales. Ce travail exige la mobilisation d’une rédaction dynamique, jeune et indépendante. Si vous nous lisez et que vous souhaitez nous soutenir, découvrez toutes nos offres pour vous abonner au Grand Continent
LE DROIT
1 — La mise en œuvre du Projet 2025
Au-delà du chaos et du spectacle permanent de la Maison-Blanche, l’administration suit un plan.
En un an, elle a mis en place plus de la moitié des recommandations émises par la Heritage Foundation dans son Projet 2025, un document programmatique extrême visant à refondre le gouvernement fédéral selon une vision nationaliste et ultra-conservatrice.
L’administration Trump a ainsi limité les subventions accordées pour l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires, instauré des frais pour les demandes d’asile et financé l’installation de 100 000 places supplémentaires dans les centres de détention de l’ICE — qui disposera cette année d’un budget annuel supérieur aux dépenses de défense de plusieurs pays : 28,7 milliards de dollars contre 28,3 pour la Turquie en 2024, 24,5 pour l’Espagne et 21,9 pour les Pays-Bas, selon l’OTAN. Elle a également mis fin aux politiques qui permettaient aux personnes transgenres de servir dans l’armée, à la collecte de données sur l’identité de genre et à la lutte contre la désinformation par le gouvernement, via un décret visant à « rétablir la liberté d’expression et mettre fin à la censure fédérale ».
Parmi les autres mesures en cours de mise en œuvre figurent la réduction de la présence militaire étatsunienne en Europe (p.94 du « Projet 2025 »), l’élimination des programmes de capture, d’utilisation et de stockage du carbone (p.376), le rétablissement de la politique « Remain in Mexico » (p.178) — bloquée par un juge en avril —, la sortie des États-Unis de l’UNESCO (p.191), qui devrait prendre effet en décembre, ou bien la réduction du taux d’imposition sur les sociétés : le One Big Beautiful Bill Act voté l’an dernier par le Congrès réduit de manière permanente le taux de 35 à 21 % — la Heritage recommandait un taux de 18 % (p.696).
Cette mise en œuvre systématique et méthodique ne relève pas seulement d’un alignement idéologique de la Maison-Blanche sur un think tank ultra-conservateur.
Plusieurs des architectes du document ont été placés par Trump à des postes-clefs au sein du gouvernement fédéral, d’où ils sont en mesure d’implémenter et de superviser la mise en œuvre de ces mesures qu’ils ont parfois eux-mêmes recommandées. C’est notamment le cas de Russell Vought, qui dirige le puissant Bureau de la gestion et du budget (OMB), du conseiller au Commerce de Trump, Peter Navarro, du président de la Federal Communications Commission (FCC) Brendan Carr ou du « tsar des frontières » Tom Homan.
2 — L’utilisation extensive des pouvoirs de l’urgence
Depuis le 20 janvier 2025, Donald Trump a déclaré 10 états d’urgence nationaux, soit bien plus que ses prédécesseurs lors de leur première année de mandat : 5 en 2001, 0 en 2005 (Bush), 1 en 2009 et 0 en 2013 (Obama), 4 en 2021 (Biden) et 1 seul en 2017 lors du premier mandat Trump.
Autre point de divergence : la grande majorité des déclarations d’urgence visent traditionnellement à l’adoption de sanctions.
En 2021, les quatre urgences déclarées par Joe Biden portaient ainsi sur la situation en Éthiopie, le trafic de drogue et en particulier le Fentanyl, le coup d’État au Myanmar et les activités russes de manipulation de l’information et d’attaques cyber et permettaient au Département du Trésor de prendre des sanctions individuelles.
Les urgences déclarées par Trump visent quant à elles essentiellement à étendre les pouvoirs de l’exécutif.
Le président états-unien a annoncé un état d’urgence lié à l’immigration et au trafic de drogue qui sert de fondement au déploiement de l’armée à la frontière sud, à l’utilisation de l’Alien Enemies Act et aux droits de douane annoncés en février 2025 sur les produits canadiens, mexicains et chinois. L’urgence énergétique permet aux agences fédérales d’accélérer les autorisations de projets de production d’énergie. La Maison-Blanche a également déclaré un état d’urgence lié au déficit commercial élevé et persistant afin d’invoquer l’International Economic Emergency Act et d’imposer des droits de douane dits « réciproques » 1. Le Président a également invoqué des « situations urgentes » pour sanctionner la Cour pénale internationale et pour imposer des droits de douane au Brésil en réponse à la condamnation de l’ancien Président Bolsonaro.
Trump a également déclaré, le 11 août, par décret présidentiel, une urgence locale, liée au crime dans le District de Columbia, au cœur de la capitale étatsunienne.
3 — Trump face au Congrès et à la Fed : est-ce la fin des contre-pouvoirs aux États-Unis ?
Cela fait déjà plusieurs décennies que le Congrès a commencé à céder une partie de ses prérogatives — en matière de guerre mais également de commerce, de politique migratoire ou de gestion des dépenses fédérales — à l’exécutif, parfois pour des raisons d’efficacité, afin de permettre au président de prendre plus rapidement des décisions, parfois en rédigeant des lois vagues offrant une plus grande liberté d’interprétation de la part de la Maison-Blanche.
Mais même dans ce contexte, le retour au pouvoir de Trump en janvier 2025 marque une rupture brutale, dans une forme de renversement inédit de l’équilibre des pouvoirs. Par conviction que l’exécutif — et, surtout, Trump — devait concentrer la majeure partie des pouvoirs, ou par crainte que toute opposition à l’agenda présidentiel soit reçue comme un acte de défiance, les élus républicains ont sciemment renoncé à leurs prérogatives, que ce soit sur le déploiement de forces armées à l’étranger ou bien sur l’allocation des financements votés par le Congrès.
Alors que les Pères fondateurs avaient fait du Congrès la « première branche » du gouvernement, celui-ci s’est progressivement transformé en une branche égale (« co-equal ») à l’exécutif.
Sous Trump II, ce glissement s’est davantage accentué, à tel point qu’il est aujourd’hui difficile de concevoir le Sénat et la Chambre des représentants comme un contre-pouvoir.
Il suffit de constater les violations répétées par l’administration de l’Impoundment Control Act de 1974, une loi qui vise à empêcher le président de bloquer ou de retarder l’allocation de financements autorisés par le Congrès, l’absence d’opposition à « l’opération militaire » à Caracas, conduite sans prévenir au préalable les législateurs, ou bien le démantèlement d’agences et de départements créés par le Congrès, comme l’USAID ou le département de l’Éducation, pour s’en rendre compte.
La fragilisation des contre-pouvoirs, voulue par l’administration mais également sciemment acceptée par une partie des Républicains, ne concerne pas uniquement la branche législative, mais aussi le pouvoir judiciaire, notamment en ayant autorisé la « déportation » de personnes vers d’autres pays malgré l’interdiction prononcée par des cours de justice.
Dernièrement, Trump a multiplié les attaques contre le président de la Réserve fédérale — une institution fédérale indépendante — le menaçant de poursuites pénales pour la rénovation d’un bâtiment historique.
4 — Déploiement de l’armée (et ICE/CBP) aux États-Unis :
ICE : le recours de Trump à la police secrète et la zone extralégale
L’Administration Trump s’est fixée comme objectif la déportation d’un million d’immigrés illégaux par an 2.
Le 10 décembre, le département de la Sécurité intérieure a annoncé avoir réalisé 600 000 expulsions, tandis que plus de 1,9 million d’immigrés se seraient « auto-expulsés » 3.
Pour atteindre ces objectifs, l’administration Trump a fait croître les pouvoirs et les moyens des services en charge de la lutte contre l’immigration illégale. Le Service de l’immigration et des douanes — plus connu sous son acronyme ICE — est le symbole de la politique anti-immigration et de sa brutalité.
Dès le 25 janvier 2017, par décret présidentiel, Trump avait donné des directives plus répressives et ordonné d’augmenter de 10 000 agents ses effectifs. Mais les crédits n’ont jamais fait l’objet d’appropriations et l’effectif d’ICE est resté stable. En 2025, dans le cadre du « One Big Beautiful Bill », 170 milliards de dollars de crédits supplémentaires pour les quatre prochaines années ont été alloués à la lutte contre l’immigration — dont environ 75 milliards pour ICE jusqu’en 2029. Le budget annuel de l’agence, qui est aujourd’hui de 10 milliards de dollars, serait ainsi porté à 28 milliards par an. Ces moyens soutiennent une large campagne de recrutement ciblant les jeunes « patriotes » avec des messages qui reprennent les codes du nationalisme blanc, et la création d’un complexe pénitentiaire visant à faciliter les expulsions de masse. Ils sont mis au service d’une politique autoritaire et brutale : raids, patrouilles masquées, grandes opérations de ratissage de villes, arrestations sans mandat, expulsions expédiées pour empêcher le pouvoir judiciaire de contrôler la légalité des actions menées.
Pourtant, avec 20 000 employés, dont 6 000 seulement chargés de l’application des mesures migratoires, ICE reste une agence fédérale de petite taille. Si elle capture l’attention médiatique, c’est le US Customs and Border Protection (CBP) et ses 65 000 agents, traditionnellement limités aux zones frontalières qui fournit une part importante des moyens humains des opérations de l’administration Trump. Dans la métropole des Twin Cities (Minneapolis et Saint-Paul), un tiers des 3 000 agents du DHS qui interviennent dans le cadre de l’opération Metro Surge sont des agents du CBP 4. Autre exemple de l’importance de cette agence : la figure médiatique qui incarne les grandes opérations de ratissage des villes, Gregory Bovino, est un officier du CBP et non d’ICE.
La politique de lutte contre l’immigration mobilise également d’autres forces de l’ordre : environ un quart des agents du FBI travaillent ainsi aujourd’hui sur des questions liées à l’immigration.
La Garde nationale : la subversion d’un garde-fou démocratique pour déployer massivement l’armée sur le sol états-unien
Le déploiement de l’armée sur le territoire étatsunien pour assurer le maintien de l’ordre est très strictement encadré dans le droit des États-Unis. Dans leurs recours, les avocats généraux des États démocrates rappellent ainsi que la Constitution confère aux États la responsabilité d’assurer les activités classiques de maintien de l’ordre et l’application de leurs lois et que le Posse Comitatus Act interdit, sauf dans les cas expressément autorisés par la Constitution ou les lois, de recourir à l’armée pour faire appliquer les lois, sous peine d’amende et de prison (jusqu’à 2 ans).
Face au droit commun, l’administration Trump essaie de mobiliser ces exceptions.
Depuis l’été dernier, il a subverti la Garde nationale américaine — à l’origine un garde-fou démocratique — pour en faire une milice lui permettant de tester les limites de son propre pouvoir dans différents États.
Le président des États-Unis peut mobiliser la Garde nationale sur le fondement de l’article 10 de la section 12406 de l’US Code ou de l’article 32 de la section 502(f). Dans le premier cas, le président peut fédéraliser des troupes des États en cas d’invasion, de rébellion ou quand le président n’est pas en mesure d’exécuter les lois avec les moyens réguliers. Dans le second, il peut demander le concours des gouverneurs. Les troupes sont alors sous une autorité partagée.
En juin 2025, 4 000 gardes nationaux et 700 marines ont été mobilisés à Los Angeles après les manifestations provoquées par les raids d’ICE et du CBP. Cette mobilisation a fait l’objet de recours de la part de l’État de Californie. Après un jugement confirmé en appel qui mettait fin à la fédéralisation de la Garde nationale californienne, le gouverneur de l’État Gavin Newsom a retrouvé le contrôle des troupes en décembre.
En août, 2 000 gardes nationaux sont déployés dans le district de Washington en application d’un décret présidentiel déclarant un état d’urgence lié à la criminalité dans le district. 800 proviennent de la garde nationale locale. Les gouverneurs de 9 États républicains ont également contribué en envoyant leurs troupes (Ohio, Virginie-Occidentale, Caroline du Sud, Mississippi, Louisiane et Tennessee, Dakota du Sud, Alabama et Géorgie). Le gouvernement fédéral a également pris le contrôle de la police locale (Metropolitan Police Department of the District of Columbia) jusqu’au 10 septembre. Le déploiement de la Garde nationale a fait l’objet d’un recours par l’Avocat général du district, mais compte tenu du statut juridique spécifique de Washington — qui n’est pas une entité souveraine — le déploiement n’a pas été bloqué 5.
En septembre, Trump a annoncé le déploiement de la Garde nationale à Memphis. Dans ce cas, ce sont des troupes de l’État — le Tennessee — qui ont été déployées, environ 700 en janvier 2025, en collaboration avec une task force fédérale. Le 17 novembre, en première instance, un juge local a estimé que ce déploiement n’était pas justifié et que le gouverneur n’avait pas l’autorité en l’absence de troubles graves à l’ordre public. Le déploiement est toutefois maintenu en attendant l’appel 6.
La Nouvelle-Orléans a également fait l’objet d’un déploiement de forces armées avec 350 membres de la Garde nationale de Louisiane qui sont arrivés en ville à la fin du mois de décembre 2025. En septembre, le gouverneur de Louisiane — désormais également « représentant spécial pour le Groenland » — avait demandé à Trump l’envoi de 1 000 gardes nationaux dans les villes de l’État.
Chicago et Portland ont également été ciblées par l’administration Trump, des membres de la Garde nationale ont été stationnés près de ces villes, sans que ces troupes ne soient déployées sur place — pour l’instant du moins — grâce aux procédures judiciaires engagées par les autorités locales. En effet, les États et les villes ont obtenu des décisions de justice bloquant les déploiements — et la Cour Suprême a maintenu l’exécution immédiate de ces décisions, en l’absence d’éléments, dans les arguments de l’Administration, permettant « d’identifier la source de son autorité qui permettrait à l’armée d’exécuter les lois en Illinois » 7.
5 — La Maison-Blanche orchestre-t-elle un trucage des résultats électoraux ?
Aux États-Unis, le parti ayant remporté l’élection présidentielle a systématiquement perdu les cinq dernières élections de mi-mandat.
Si la tendance historique récente se confirme, les Démocrates devraient ainsi remporter les prochains midterms qui se tiendront en novembre et pourraient se trouver en position de prétendre contrôler les deux chambres du Congrès, réduisant considérablement les marges d’action de l’administration.
Un grand nombre de sondages indique que la majeure partie des électeurs étatsuniens — dont une part de ceux ayant réélu Trump en 2024 — considère que celui-ci ne consacre pas assez de temps à mettre en œuvre des politiques visant à réduire le coût de la vie — une thématique qu’il avait pourtant placée au cœur de sa campagne.
Les élections de novembre constitueront un moment crucial pour l’administration, qui est consciente de la faible popularité de Trump. Afin de préparer le terrain en vue d’une éventuelle contestation des résultats des élections, notamment au Congrès, la Maison-Blanche a entrepris plusieurs efforts visant à favoriser les élus républicains : en contraignant les États à partager leurs registres électoraux avec le département de la Justice ; en appelant le département du Commerce à procéder à un nouveau recensement (ce qui serait illégal) ; en cherchant à interdire le vote par correspondance ; ou encore en procédant à un redécoupage très controversé des districts électoraux dans plusieurs États rouges.
Parallèlement, l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures, qui est entre autres chargée des systèmes électoraux, a été vidée de sa substance et a vu la quasi-totalité de ses experts chargés d’assurer la sécurité des élections être mis en congé administratif ou réaffectés. Ces experts ont, pour certains, été remplacés par des activistes ayant soutenu la tentative de renversement du résultat des élections de 2020 par Donald Trump. Le département d’affaires publiques de l’agence, la CISA, est désormais dirigé par Marci McCarthy, une militante trumpiste qui avait diffusé des théories du complot sur les machines électorales en Géorgie lorsqu’elle était présidente de la cellule du Parti républicain du comté de DeKalb, en Géorgie.
Plusieurs de ces militants occupent désormais des rôles clefs au sein de d’autres agences et départements stratégiques : département de la Justice, FBI et département de la Sécurité intérieure notamment. En octobre, la Maison-Blanche a engagé Kurt Olsen, un avocat ayant travaillé pour la campagne de Donald Trump sur la contestation des résultats des élections de 2020. Parmi ses missions, celui-ci a notamment fait savoir qu’il souhaitait « examiner les machines électorales ».
Début août, c’est l’activiste Heather Honey qui avait été nommée au poste de sous-secrétaire adjointe chargée de l’intégrité électorale au sein du département de la Sécurité intérieure. Avant sa nomination, en mars, elle avait suggéré lors d’un appel avec d’autres militants d’extrême-droite que l’administration pourrait invoquer un « état d’urgence nationale » pour justifier l’imposition de nouvelles règles aux gouvernements des États et aux administrations locales. Elle ajoutait : « Nous pourrions donc prendre ces autres mesures sans le Congrès et imposer aux États de faire certaines choses » 8.
Au début d’année, lors d’un discours prononcé à l’attention d’élus républicains au Congrès, Trump avait fait savoir qu’il était inquiet qu’une victoire démocrate ne donne lieu à l’ouverture d’une procédure de destitution. La semaine dernière, il a déclaré lors d’une interview à Reuters : « Il ne devrait même pas y avoir d’élections ».
LE ROI
6 — Du « Colisée numérique » au vrai Colisée : matrice du spectacle de la cruauté trumpiste
La deuxième présidence Trump est marquée — probablement d’une manière inédite — par une politique de pur spectacle, souvent cruelle, toujours spectaculaire.
Celui-ci est particulièrement mis en avant sur les réseaux sociaux, notamment sur X, racheté par Elon Musk à l’automne 2022. Chaque jour, les centaines de millions d’utilisateurs de la plateforme suivent les derniers coups d’éclat de l’administration : des frappes de missiles et de drones sur des embarcations, supposément opérées par des « terroristes », dans les Caraïbes, jusqu’aux vidéos de « déportation » reprenant les codes de célèbres memes, dans lesquelles des migrants sont escortés par des agents de l’immigration sur des tarmacs d’aéroports.
Dans un entretien publié dans la revue, l’ex-officier de marine et romancier états-unien, Phil Klay, parlait d’un « Colisée numérique » dans lequel le « spectateur » assiste depuis son salon à la mort et à la violence célébrée par des influenceurs trumpistes.
Dans son podcast, écouté par des millions de personnes, l’ex-présentatrice de Fox News Megyn Kelly encourage l’administration à aller plus loin dans ce qu’elle montre : « J’aimerais vraiment non seulement les voir mourir dans l’eau, sur le bateau ou dans l’eau, mais les voir souffrir. J’aimerais que Trump et Hegseth fassent durer, qu’ils perdent un membre et se vident de leur sang » 9.
Le spectacle trumpiste est omniprésent en ligne, où son retentissement est démultiplié par les algorithmes des plateformes qui favorisent les contenus clivants.
Trump veut néanmoins dépasser la sphère numérique. Si le Bureau ovale et les salons de Mar-a-Lago fournissent un décor propice aux humiliations de dirigeants, comme avec Zelensky dès février 2025, ou à l’inverse à la célébration d’amitiés, notamment avec le dirigeant hongrois Orbán, ce ne sont pas des cadres monumentaux.
Pour pallier cela, Trump veut profiter de la construction d’un nouveau stade pour l’équipe de football des Washington Commanders afin de faire construire un réel Colisée dans la capitale fédérale — qui porterait son nom. Le brutalisme de l’ancien stade RFK devrait ainsi laisser place à une architecture néoclassique dont les détails sont directement dictés par la Maison-Blanche via la voix de Will Scharf, influent conseiller de Trump — et son ancien avocat — personnellement placé par le président étatsunien à la tête de la Commission nationale d’aménagement du territoire 10.
7 — De la franchise Trump au culte de la personnalité
Avec le Mont-Rushmore — l’imposante montagne dans laquelle sont sculptés les profils colossaux de plusieurs présidents étatsuniens —, les billets de 5, 20 et 50 dollars, les bibliothèques présidentielles, les noms de porte-avions (Washington, Ford, Reagan, Bush Senior, etc.), les États-Unis ont déjà de nombreuses manières de célébrer et d’honorer leurs présidents — traditionnellement après la fin de leur mandat ou leur décès, pour célébrer un héritage.
Depuis le 20 janvier, au contraire, le président étatsunien utilise son nom comme une franchise, exactement de la même manière qu’il l’a imposé sur des immeubles, un casino, des golfs, un jeu de plateau, une « université » privée, des steaks et une marque d’eau minérale.
Le Gouvernement fédéral propose ainsi aujourd’hui la Trump Card, un visa pour être résident étatsunien, en échange d’un million de dollars — ou 2 millions pour une entreprise qui sponsorise un employé. D’aspect, elle ressemble à une carte American Express dorée, ornée d’un portrait de Donald Trump, d’un aigle et de la statue de la Liberté.
À partir de janvier 2026, les citoyens étatsuniens pourront se connecter sur TrumpRx, un comparateur de prix de médicaments.
Les parents pourront, à partir du 5 juillet, constituer une épargne à leurs enfants sur leurs Trump accounts.
Les enfants nés entre 2025 et 2028 — c’est-à-dire pendant le mandat de Donald Trump — bénéficieront d’un versement de 1000 dollars du gouvernement fédéral.
L’une des principales salles de spectacles de la capitale s’appelle désormais Trump and Kennedy Center — même si sa fréquentation a drastiquement baissé depuis que Trump en a pris le contrôle du centre en renvoyant la totalité du conseil d’administration.
La marque Trump est partout, dans un objectif de labellisation systématique, sans souci de cohérence — du Donald J. Trump Institute of Peace à la future « classe Trump » de navires cuirassés.
L’image du président états-unien est également omniprésente.
À la télévision — c’est une de ses forces de toujours — sur les réseaux sociaux également — y compris et surtout sous forme de mèmes — mais également sur certains bâtiments fédéraux, sur lesquels ont été déployées de grandes banderoles à l’effigie du président.
La seule étape restante serait les pièces de monnaie frappées à son effigie 11.
8 — L’arsenalisation de la justice contre ses adversaires politiques
Le département de la Justice est un rouage central de la dynamique autoritaire en cours aux États-Unis.
Dirigé par des loyalistes et d’anciens avocats personnels de Donald Trump, il a multiplié les enquêtes sur des personnalités et des organisations qui s’opposent ou qui gênent le président états-unien.
Pam Bondi était Procureure générale de la Floride lorsque l’État retira une plainte pour escroquerie contre l’Université Trump, elle fut ensuite l’avocate de Donald Trump lors de son premier procès en destitution (impeachment). Outre la Procureure générale, d’autres avocats personnels du Président ont été nommés à des postes clefs : Procureur Général Adjoint (Todd Blanche), Procureur Général Adjoint Associé puis juge fédéral (Emil Bove), Solliciteur général (Dean John Sauer). La présentatrice de Fox News Jeanine Pirro a été nommée Procureure pour le District de Columbia.
Le même schéma de nomination de partisans se répète aux niveaux inférieurs de la hiérarchie. Dans plusieurs affaires politiques, on a ainsi vu plusieurs Procureurs de carrière refuser de lancer une enquête ou de demander une mise en accusation, et démissionner, avant qu’un proche de Donald Trump soit nommé pour prendre la décision attendue par la hiérarchie. Ainsi Lindsey Halligan, qui est devenue Procureure pour le District de Virginie-Orientale après la démission d’Erik Siebert qui refusait de poursuivre James Comey, a mis en accusation ce dernier et Laetitia James.
En dehors du département de la Justice, le directeur de l’agence fédérale du financement immobilier (FAHA), Bill Pulte, est un acteur clef dans l’arsenalisation du système judiciaire.
Les allégations de fraudes au crédit immobilier et de fausses déclarations sur les propriétés principales ou secondaires constituent le fondement d’un nombre important de procédures judiciaires contre des personnalités politiques. C’est Bill Pulte qui est systématiquement à l’origine de ces enquêtes. Il aurait utilisé son accès aux bases de données de Freddie Mac et Fannie Mae pour trouver des éléments pour attaquer des adversaires du Président. Il est aujourd’hui la cible de plusieurs plaintes 12 et d’une enquête du Government Accountability Office 13.
De nombreuses enquêtes aux motivations politiques ont été lancées comme des « vengeances » personnelles de Donald Trump. L’ancien directeur du FBI James Comey est poursuivi pour « faux témoignage » devant le Congrès et obstruction aux travaux du Congrès. La procureure générale d’État de New York Letitia James — qui a gagné un procès pour fraude contre la Trump Organization en 2024 — est poursuivie pour avoir prétendument réalisé de fausses déclarations pour obtenir un soutien public et de meilleures conditions de prêt. Plusieurs jurys ont refusé de la mettre en accusation. John Bolton, qui fut conseiller à la sécurité de Donald Trump en 2018 et 2019, mais s’est montré très critique depuis, fait l’objet d’une enquête depuis 2020, pour des faits de mauvaise gestion d’informations confidentielles. Jake Smith, le procureur spécial chargé de l’enquête sur l’attaque du Capitole et Christopher Krebs, l’ancien directeur de l’agence fédérale de cybersécurité (CISA) font également l’objet d’instructions.
Au-delà de ces cas de vendetta judiciaire, le département de la Justice est également un instrument utilisé contre les opposants actuels au trumpisme.
Plusieurs parlementaires sont ainsi concernés, dont le sénateur Adam Schiff et le représentant Swalwell pour des affaires de prêts immobiliers. Cinq membres démocrates du Congrès sont sous enquête à la suite d’une vidéo dans laquelle ils rappellent le devoir des soldats de refuser d’obéir à des ordres illégaux 14. Plus récemment, le gouverneur de l’État du Minnesota, colistier de Kamala Harris en 2024, Tim Walz et le maire de Minneapolis, Jacob Frey ont également fait l’objet d’une enquête en raison d’une prétendue « conspiration pour entraver les agents de [la police de] l’immigration » 15.
La Réserve fédérale américaine, banque centrale des États-Unis, est également devenue une cible systématique du pouvoir trumpiste.
Lisa Cook, membre du Conseil des gouverneurs, a fait l’objet d’une enquête pour une potentielle fraude immobilière. Le Président de la Fed fait l’objet d’une enquête qui porte sur ses déclarations, en juin 2025, devant le Congrès, sur le programme de rénovation du siège de la Fed et les surcoûts. Dans une vidéo depuis devenue virale, il a fortement et rapidement dénoncé ces manœuvres comme des menaces envers l’indépendance de la Réserve fédérale.
9 — Le contrôle oligarchique des médias
Plus qu’un espace de trolling, les réseaux sociaux ont fourni l’opportunité à Trump de contourner les médias traditionnels pour s’adresser directement au public états-unien. Cette stratégie correspond à la vision de Murray Rothbard qui consiste à « court-circuiter » les élites — qu’elles soient médiatiques mais également universitaires ou institutionnelles.
S’il est en mesure d’engager instantanément avec ses dizaines de millions d’abonnés à travers diverses plateformes — notamment la sienne, Truth Social, où chacune de ses publications (« vérités ») est abondamment partagée et commentée —, la plupart des médias parmi les plus consultés du pays sont toujours en mesure de critiquer certaines actions — ou inactions dans le cas de l’affaire Epstein par exemple — de l’administration.
Afin de limiter brider toute opposition, Trump a poussé le Congrès à mettre fin aux financements de la Corporation for Public Broadcasting, l’organisme chargé de financer les médias publics comme le réseau de télévision PBS et de radiodiffusion NPR, et a intenté des procès contre plusieurs médias de premier plan parmi lesquels le Wall Street Journal, le New York Times et CNN.
En septembre, il a exercé une pression sur le groupe audiovisuel ABC afin d’obtenir la suspension de l’émission télévisée Jimmy Kimmel Live. Le 15 septembre 2025, l’humoriste Jimmy Kimmel avait accusé le mouvement MAGA de chercher à « capitaliser » sur la mort de Charlie Kirk, le militant trumpiste assassiné quelques jours plus tôt. S’en était suivie une véritable purge parmi les journalistes ayant souligné les propos haineux tenus par Kirk ou bien dénoncé un « double standard racial » — comme la chroniqueuse du Washington Post Karen Attiah, licenciée en raison de publications sur les réseaux sociaux.
Tout en livrant une guerre ouverte aux médias qui le critiquent, le président étatsunien soutient la consolidation de l’empire médiatique de la famille Ellison — qui devrait obtenir le contrôle de la nouvelle version étatsunienne de l’algorithme de TikTok dans le cadre d’un accord signé entre l’entreprise chinoise ByteDance et un groupe d’investisseurs dont fait partie Oracle Corporation, l’entreprise fondée par Larry Ellison, Silver Lake Management et la société d’investissement MGX, soutenue par les Émirats arabes unis.
Le fils de Larry Ellison, David, est quant à lui à la tête depuis l’été 2025 de Paramount Skydance Corporation, un conglomérat médiatique issu de la fusion de Skydance et de Paramount, approuvée par la Commission fédérale des communications (FCC) fin juillet. Parmi ses actifs, le groupe contrôle notamment les studios de cinéma Paramount, le réseau de télévision CBS et The Free Press, un média en ligne créé en 2021 par l’ex-journaliste du New York Times Bari Weiss qui revendique une ligne éditoriale « anti-woke ». Le groupe essaie également activement d’acquérir Warner Bros. Discovery, un conglomérat qui regroupe la chaîne de télévision CNN, les services HBO et HBO Max, le studio de cinéma Warner Bros. ainsi que plusieurs dizaines de chaînes payantes parmi lesquelles Eurosport, TBS ou Discovery.
Dans un exemple particulièrement frappant de capitalisme de connivence, le rachat de Warner par la famille Ellison concentrerait entre les mains de Larry Ellison — un proche de Trump dont l’entreprise, Oracle, a largement bénéficié de la première année du deuxième mandat — un empire médiatique à une échelle rarement égalée dans l’histoire étatsunienne.
LE CLAN
10 — La « K-shaped Economy » : une économie qui tient pour quelques-uns
Malgré les droits de douane, les mesures de rétorsion de la Chine sur les terres rares, les menaces sur l’indépendance de la Fed, la réduction des effectifs de l’administration et les attaques contre le système scientifique et universitaire, la situation économique des États-Unis est en apparence meilleure que ce que certains avaient prévu.
Après un premier trimestre de contraction due à une augmentation des importations des droits de douane, la croissance est redevenue solide, en s’établissant à 4,3 % au troisième trimestre 2025. L’agence Fitch estime que la croissance annuelle pour 2025 devrait être de 2,1 %.
L’inflation a augmenté modérément depuis l’annonce des droits de douane « réciproques » d’avril, passant de 2,3 % à 2,8 %. Le taux de chômage a légèrement augmenté, de 4 % en janvier à 4,4 % en décembre. Le S&P 500 a affiché une performance de 17,9 % en tenant compte des dividendes 16.
Malgré ces conditions, les différents sondages qui s’intéressent à la confiance des consommateurs ou à la perception que les citoyens états-uniens ont de la situation de l’économie pointent dans la même direction : un sentiment négatif largement partagé. Le dernier indice de confiance Gallup atteint -33 — en baisse continue depuis juin. L’indice des sentiments des consommateurs de l’Université du Michigan montre également une forte variabilité au cours de l’année, au gré des annonces de la Maison-Blanche et, au total, une chute de 71,7 à 52,9.
Le concept de « K-Shaped Economy » est aujourd’hui entré dans le discours étatsunien pour expliquer ce paradoxe. Une partie de la population voit sa situation s’améliorer, ce qui aboutit à de bons résultats macroéconomiques, alors que l’autre est confrontée à des revenus stagnants, une baisse de pouvoir d’achat et des difficultés d’accessibilité aux produits de première nécessité.
Selon un sondage pour CBS de décembre, 20 % des citoyens étatsuniens auraient des difficultés à acheter de la nourriture, 33 % à faire face aux dépenses de logement et 36 % à celles de santé 17.
Sur la première branche du K, un petit groupe de sociétés réalisent des résultats records et atteignent des capitalisations immenses : 15,5 % et 13,5 % des gains du S&P 500 sont dus, respectivement à Nvidia et Alphabet. Résultat : les milliardaires étatsuniens ont encore accru leur patrimoine de 1500 milliards de dollars 18.
Le Bureau du budget du Congrès estime que le « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA) va augmenter de 14 000 dollars le revenu annuel après impôts des 10 % des citoyens étatsuniens les plus riches. Au contraire, les 10 % les plus pauvres perdront 1200 dollars. Ces derniers sont également confrontés à la forte baisse des embauches, aux droits de douane qui les affectent plus que les plus riches, et peut-être demain à la fin de certaines aides de l’Obamacare.
11 — L’utilisation des fonctions présidentielles pour l’enrichissement familial du clan Trump
Le deuxième mandat de Trump est extrêmement rentable financièrement pour le président et sa famille.
Bien qu’il soit difficile d’établir un chiffre précis, le journaliste du New Yorker David D. Kirkpatrick estime que la valeur du portefeuille de la famille présidentielle a bondi d’environ 4 milliards de dollars au cours de cette première année de mandat.
Au moment de la réélection de Donald Trump en novembre 2024, sa famille disposait d’environ 6,5 milliards de dollars d’actifs.
La fortune personnelle du président étatsunien aurait quant à elle bondi — passant de 2,3 milliards de dollars en 2024 à 6,6 milliards au 18 janvier, selon Forbes.
Le président s’est montré particulièrement « généreux » envers ses soutiens ayant contribué au financement de sa campagne ou de sa nouvelle salle de bal. Parmi les 350 donateurs ayant financé sa campagne de réélection à hauteur d’au moins 250 000 dollars, plus de la moitié ont bénéficié de grâces présidentielles, d’abandons d’enquêtes judiciaires, de changements en matière de régulation favorable à leur industrie ou bien de postes au sein de l’administration, selon une analyse réalisée par le New York Times 19.
Donald Trump ne dissimule pas ce monnayage de faveurs — au contraire. À Mar-a-Lago, sa résidence de Floride qui fait également office de « club social », il est possible de présenter ses doléances directement au président étatsunien, en face à face, pour la somme de cinq millions de dollars. Pour un dîner de groupe autour du président, le tarif est plus abordable : un million de dollars 20.
Les prix pratiqués étaient du même ordre lors du « crypto-dîner » organisé par Trump en mai pour les principaux détenteurs de sa cryptomonnaie $TRUMP.
Dans la grande majorité des cas, ces achats de faveurs présidentielles conduisent à un très profitable retour sur investissement.
Palantir, qui a contribué à hauteur de 10 millions de dollars à la salle de bal de Trump, a bénéficié de 900 millions de dollars de contrats publics engagés depuis son retour au pouvoir — soit plus du double par rapport à 2020.
Fin octobre, Trump a annoncé gracier Changpeng Zhao (CZ), le fondateur de Binance condamné en 2023 pour son laxisme dans la mise en œuvre par la plateforme de mesures contre le blanchiment d’argent. Quelques jours plus tard, mercredi 29, Binance a annoncé avoir listé les cryptomonnaies de la famille Trump, l’USD1 et le token WLFI, aux États-Unis.
12— Géopolitique : l’aventurisme hémisphérique comme arme du changement de régime
Depuis un an, Trump a affirmé qu’il voulait faire du Canada le « 51ème État », a renommé le Golfe du Mexique en Golfe de l’Amérique, a demandé la rétrocession du canal de Panama, a affirmé à de nombreuses reprises que les États-Unis devaient obtenir le Groenland, par acquisition ou par la force, et a menacé la Colombie d’une intervention militaire.
Les États-Unis sont intervenus dans le processus judiciaire brésilien pour obtenir l’abandon des charges et des peines contre Jair Bolsonaro en imposant des droits de douane. Donald Trump a également proposé que les États-Unis frappent les cartels sur le sol mexicain et l’administration ferait actuellement pression pour que la CIA et les forces spéciales accompagnent les forces mexicaines 21.
L’administration Trump a surtout mené le blocus du Venezuela avant de décider d’une opération militaire ayant conduit à l’enlèvement de Nicolas Maduro et à l’annonce que Trump lui-même avait pris le contrôle du pays.
Cet activisme dans l’hémisphère occidental est aujourd’hui central dans la politique étrangère de l’administration : c’est la « doctrine Donroe ». Alors que la compétition entre grandes puissances face à la Chine et, dans une moindre mesure, la Russie était la priorité des dernières stratégies de sécurité nationale, dans le document publié en décembre dernier, la sécurité de l’hémisphère occidental et la lutte idéologique pour aligner l’Europe sur le modèle trumpiste sont en haut de l’agenda.
Là encore, c’est la logique clanique qui semble primer : les décisions se trouvent prises en cénacle restreint par l’entourage proche de Trump au détriment des contre-pouvoirs comme le Congrès, qui a historiquement joué un rôle central dans la définition de la politique étrangère de Washington.
Sources
- Cette décision fait aujourd’hui l’objet de recours car l’IEEPA ne prévoit que le Président puisse imposer des droits de douane.
- Maria Sacchetti et Jacob Bogage, « ‘One million.’ The private goal driving Trump’s push for mass deportations. », The Washington Post, 12 avril 2025.
- « Thanks to President Trump and Secretary Noem, More than 2.5 Million Illegal Aliens Left the U.S. », U.S. Department of Homeland Security, 10 décembre 2025.
- Jeff Hargarten et Jake Steinberg, « Homeland Security presence in Minnesota dwarfs Twin Cities’ largest police forces », The Minnesota Star Tribune, 14 janvier 2026.
- Ella Lee, « Appeals panel pauses order blocking Trump’s DC National Guard deployment », The Hill, 17 décembre 2025.
- « Tennessee judge blocks deployment of National Guard in Memphis », NPR, 17 novembre 2025.
- Amy Howe, « Supreme Court rejects Trump’s effort to deploy National Guard in Illinois », SCOTUS Blog, 23 décembre 2025.
- Alexandra Berzon et Nick Corasaniti, « Trump Empowers Election Deniers, Still Fixated on 2020 Grievances », The New York Times, 22 octobre 2025.
- Extrait vidéo publié sur X par le compte Republicans against Trump, 2 décembre 2025.
- Anna Spiegel et Cuneyt Dil, « What architecture experts like — and don’t — about Commanders’ stadium designs », Axios, 15 janvier 2026.
- Chris Isidore, « Killing the penny was just the start. Trump is rewriting the rules on America’s coins », CNN, 12 décembre 2025.
- Peter Charalambous, « Rep. Swalwell sues Trump administration official over mortgage fraud investigation », ABC News, 25 novembre 2025.
- Ben Berkowitz et Courtenay Brown, « Trump ally Pulte under investigation by congressional watchdog », Axios, 4 décembre 2025.
- Sam Gringlas, « Democrat Elissa Slotkin says she is under investigation for video on illegal orders », NPR, 15 janvier 2026.
- « Justice Department is investigating Minnesota Governor Walz, other officials, source says », CNBC, 16 janvier 2026.
- Kelly Bogdanova, « U.S. equity returns in 2025 : Record-breaking resilience », RBC Wealth Management, 8 janvier 2026.
- Anthony Salvanto, Jennifer De Pinto, Fred Backus et Kabir Khanna, « As year ends, Americans weigh in on cost of living, Trump, expectations for 2026 in CBS News poll », CBS News, 21 décembre 2025.
- « U.S. Billionaires Got $1.5 Trillion Richer In Trump’s First Year », Americans For Tax Fairness, 9 janvier 2026.
- Karen Yourish, Kenneth P. Vogel et Charlie Smart, « Hundreds of Big Post-Election Donors Have Benefited From Trump’s Return to Office », The New York Times, 22 décembre 2025.
- Leah Feiger, Louise Matsakis et Jake Lahut, « People Are Paying Millions to Dine With Donald Trump at Mar-a-Lago », Wired, 4 mars 2025.
- « US pressing Mexico to allow US forces to fight cartels, NYT reports », Reuters, 15 janvier 2026.