Le secrétaire américain à la Force aérienne, Troy Meink, a révélé hier, lundi 14 septembre, que les États-Unis disposaient « d’armes de contrôle spatial en orbite capables de défendre les forces interarmées contre toute action hostile d’un adversaire » 1.
Il s’agit de la première fois que l’armée américaine reconnaît disposer d’armes déployées en orbite.
- Les propos de Meink s’apparentent à un avertissement lancé à la Russie et à la Chine, qui investissent également pour renforcer leurs programmes militaires spatiaux.
- Plusieurs experts, dont le chercheur au CSIS Clayton Swope, considèrent toutefois que les propos de Meink sont trop « vagues » pour dissuader efficacement Moscou et Pékin 2.
- Ce dernier a en effet refusé de préciser de quelles capacités les États-Unis disposaient, et s’est contenté de déclarer que les « mesures prises » par Washington visaient à « conserver sa suprématie dans l’espace ».
Selon un responsable américain, ces capacités pourraient permettre aux États-Unis de détruire un satellite ennemi « s’il était utilisé pour cibler des troupes américaines ou un satellite américain » 3.
- Victoria Samson, directrice de la sécurité et de la stabilité spatiales à la Secure World Foundation, considère quant à elle qu’il s’agirait plutôt de brouilleurs, une arme non cinétique qui permet de neutraliser un satellite sans créer de débris 4.
- Ces capacités pourraient aussi constituer la première étape du Golden Dome de Donald Trump, Meink ayant déclaré qu’il existait désormais du matériel prêt à l’emploi pour des intercepteurs spatiaux.
L’armée américaine considère que l’accès à l’espace et son utilisation relèvent « d’un intérêt national vital », et cite explicitement la Chine et la Russie comme les deux principales puissances qui menacent le développement des capacités américaines.
Cette annonce pourrait accélérer la course aux armes spatiales.
- Washington estime que l’Armée populaire de libération développe ses propres capacités spatiales et anti-spatiales pour être capable de mener des frappes de précision à longue portée et de bloquer les communications spatiales satellitaires d’autres armées.
- Les renseignements américains considèrent également que Moscou « mène des activités de recherche, de développement, d’essai et de déploiement de systèmes anti-spatiaux afin de tirer parti de la vulnérabilité perçue de la dépendance militaire américaine vis-à-vis de l’espace » 5.
- En avril, le commandant du U.S. Space Command, Stephen Whiting, avait déclaré que la Russie avait déployé des armes antisatellites opérationnelles visant des satellites américains 6. Au même moment, l’armée américaine s’entraînait lors d’un exercice de simulation à faire face à l’utilisation par Moscou de sa « capacité antisatellite nucléaire présumée » 7.
Sources
- Joseph Trevithick et Howard Altman, « U.S. Admits It Has Weapons In Orbit », TWZ, 14 septembre 2026.
- Steff Chávez, « US military reveals it has weapons in space », Financial Times, 15 septembre 2026.
- Tara Copp, « U.S. has deployed first space-based weapon, Air Force secretary says », The Washington Post, 14 septembre 2026.
- Publication de Victoria Samson sur X, 14 septembre 2026.
- Space Threat Fact Sheet, U.S. Space Force, juillet 2026.
- Stephen Clark, « US Space Command : Russia is now operationalizing co-orbital ASAT weapons », Ars Technica, 23 avril 2026.
- Thomas Novelly, « A Russian space nuke was focus of US wargame, Space Command says », Defense One, 14 avril 2026.