Les exportations maritimes de pétrole brut russe ont atteint 4,6 millions de barils par jour entre le 21 et le 28 juin, soit leur niveau le plus élevé depuis le lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022. Pour autant, en raison de la fin de la guerre en Iran, les revenus russes issus de la vente de pétrole sont en baisse. La semaine dernière, ils ont atteint leur niveau le plus bas depuis mars.

  • Le prix du baril d’Oural, l’indice de référence pour le pétrole brut russe, s’est effondré de 62 % par rapport au pic de 118 dollars atteint le 7 avril.
  • Vendredi 26 juin, un baril de pétrole brut russe s’échangeait contre 45 dollars, soit son niveau le plus faible depuis fin février.
  • Ainsi, les cargaisons de pétrole chargées dans les ports russes de la Baltique valent deux fois moins qu’il y a deux mois 1.

À 1,7 milliard de dollars au cours de la dernière semaine de juin, les recettes pétrolières russes ont été divisées par deux par rapport au mois de mai.

  • Les frappes de drones ukrainiens, qui ciblent principalement les raffineries, n’ont eu qu’un impact limité sur les exportations russes de pétrole brut. Ces attaques ont néanmoins conduit les producteurs à rediriger une partie du brut vers les circuits d’exportation, afin de compenser la mise hors service de ces installations tout en cherchant à préserver leurs niveaux de production.
  • Selon des sources russes, les exportations depuis les principaux ports de la Baltique (Primorsk et Ust-Luga) et de Novorossiisk, sur la mer Noire, devraient atteindre 2,8 millions de barils par jour en juin, soit 12 % de plus qu’en mai (2,5 millions de barils) 2.

La stratégie ukrainienne de frappes en profondeur crée une situation paradoxale : bien qu’elle dispose des plus larges réserves d’hydrocarbures au monde, la Russie est désormais incapable d’approvisionner suffisamment ses citoyens.

  • Des restrictions sur la vente de carburant ont été mises en place dans 56 régions à ce jour, avec des limites à l’achat imposées dans toutes les stations-services dans 18 régions.
  • Lors d’une réunion organisée dimanche 28 juin au Kremlin avec les dirigeants des principales entreprises énergétiques du pays, Poutine a reconnu l’existence d’une pénurie d’essence.
  • En raison de la hausse des prix provoquée par l’effondrement de l’offre, des agriculteurs russes ont averti que, faute d’aides financières, ils ne seront pas en mesure de récolter leurs cultures 3.