La situation dans le Golfe a peu évolué depuis que Donald Trump a annoncé le 21 avril prolonger indéfiniment le cessez-le-feu, conclu deux semaines plus tôt.
- Téhéran contrôle toujours le trafic dans le détroit d’Ormuz, et la marine américaine continue d’imposer un blocus sur les exportations à destination et en provenance des ports iraniens.
- Depuis le 21 avril, 94 navires commerciaux ont été « redirigés » par Washington, et 4 ont été neutralisés, selon le commandement central de l’armée américaine (CENTCOM).
Si le président américain ne semble pas avoir renoncé à la possibilité de reprendre les frappes sur l’Iran, les principaux alliés de Washington dans la région – le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis notamment – tentent de chercher une solution négociée pour mettre fin à la guerre, même si les trois ont des positionnement différents quant au type d’accord que les États-Unis devraient rechercher.
Le chef d’État-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, est attendu aujourd’hui, vendredi 22 mai, à Téhéran, où le ministre de l’Intérieur pakistanais Mohsin Raza Naqvi se trouve depuis mercredi 20 1.
- Munir, le premier dirigeant militaire pakistanais à avoir été invité à la Maison-Blanche – où il a été reçu par Trump, en juin 2025 –, est le principal médiateur entre Washington et Téhéran depuis le début de la guerre.
- Sa présence dans la capitale iranienne pourrait signaler des avancements dans les discussions.
- S’exprimant depuis la Suède, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a salué vendredi le « mouvement » en cours comme une « bonne chose », tout en ajoutant qu’il ne voulait « rien exagérer ».
- Demain, samedi 23, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, sera reçu à Pékin, où il devra s’entretenir avec Xi Jinping et tenter de convaincre la Chine de participer plus activement aux négociations 2. Une équipe de négociateurs qataris est également attendue aujourd’hui à Téhéran 3.
Selon l’agence de presse iranienne ISNA, les discussions en cours auraient « réduit les écarts entre les deux parties dans une certaine mesure ». Deux points clefs pourraient toutefois rendre un accord initial particulièrement difficile à conclure :
- Le guide suprême Khamenei aurait ordonné que l’uranium iranien enrichi ne soit pas transféré à l’étranger, or il s’agit de l’une des demandes les plus importantes du côté américain, en plus d’un engagement de Téhéran à cesser l’enrichissement pendant au moins dix ans.
- L’administration républicaine rejette aussi tout système de péage iranien dans le détroit d’Ormuz. Le président américain a déclaré hier qu’il s’agissait d’une « voie maritime internationale » qui doit rester libre et ouverte, tandis que Rubio a averti qu’un tel arrangement rendrait tout accord avec les États-Unis « impossible ».
Des images satellites analysées par le Financial Times révèlent une montée en puissance militaire continue à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, où le nombre d’avions ravitailleurs américains est passé d’une trentaine au début du mois de mars à 52 cette semaine. Cette tendance à la hausse a commencé avant les frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, et ne s’est pas interrompue malgré le cessez-le-feu entré en vigueur début avril 4.
Sources
- Barak Ravid, « Pakistani field marshal heads to Tehran to try to seal U.S.-Iran deal », Axios, 22 mai 2026.
- Daud Khattak, « PM Sharif Heads To China As Pakistan Steps Up Iran Mediation Efforts », Radio Liberty, 22 mai 2026.
- « Qatari negotiating team in Tehran to try to help secure US-Iran deal to end war, says source », Reuters, 22 mai 2026.
- Mehul Srivastava et David Hindley, « US parks dozens of military aircraft at Israel’s Ben Gurion airport », Financial Times, 22 mai 2026.