Les menaces de Trump relatives à une prise de contrôle par l’armée américaine d’infrastructures clefs du secteur pétrolier iranien interviennent dans le contexte d’une reprise depuis deux jours de bombardements israéliens et américains en Iran, et de tirs de missiles iraniens sur Israël et plusieurs pays du Golfe.

Cette reprise a lieu alors que des négociations seraient toujours en cours entre Washington et Téhéran.

  • Dans une publication sur Truth Social, Donald Trump a menacé aujourd’hui, jeudi 11 juin, de frapper de nouveau l’Iran « TRÈS FORT » dans la soirée.
  • Il ajoute : « Dans un avenir pas si lointain, nous prendrons l’île de Kharg et d’autres sites d’infrastructures pétrolières, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz, un peu comme nous l’avons fait avec le Venezuela, ce qui fonctionne à merveille tant pour le Venezuela que pour les États-Unis d’Amérique ».

L’administration étudie au moins depuis le mois de mars des plans visant à occuper ou à bloquer l’île de Kharg. Située à une trentaine de kilomètres des côtes iraniennes dans le fond du golfe Persique, celle-ci représente 90 % à 96 % des exportations de brut iranien, avec une capacité de 7 millions de barils/jour.

  • Selon l’organisation américaine United Against Nuclear Iran, les exportations iraniennes de pétrole se sont effondrées au mois de mai, suite à la mise en place en avril d’un blocus maritime par l’armée américaine 1.
  • Des images satellites montrent qu’aucun VLCC (un très grand pétrolier, capable de transporter environ 2 millions de barils) n’a été observé autour de l’île de Kharg entre le 6 mai et le 3 juin.
  • Des infrastructures militaires sur l’île ont déjà été frappées par les États-Unis en mars, mais les infrastructures pétrolières n’auraient pas été endommagées.

Une prise de contrôle militaire du terminal pétrolier de l’île de Kharg reviendrait à priver le régime d’une partie de ses revenus – estimés à environ 50 milliards de dollars par an avant la guerre.

L’évocation du scénario vénézuélien est significative. 

  • Depuis la capture de Maduro à Caracas début janvier, Washington a perçu plusieurs centaines de millions de dollars issus des ventes du pétrole vénézuélien, le montant total étant estimé à 8 milliards de dollars cette année.
  • Or, il n’est pas certain que l’armée américaine parvienne à charger le pétrole iranien stocké sur l’île de Kharg puis à le faire transiter par le golfe Persique et le détroit d’Ormuz sans que celui-ci ne soit menacé par les Gardiens de la révolution.
  • Les troupes américaines au sol se trouveraient quant à elles à portée de l’armée iranienne, avec une protection minimale.

Le lancement d’une opération terrestre sur l’île pourrait provoquer une hausse du prix du baril de pétrole et entraîner une escalade militaire.

Sources
  1. Charlie Brown et Jemima Shelley, May 2026 Iran Tanker Tracker, United Against Nuclear Iran, 3 juin 2026.