Le parti Tisza de Magyar a remporté 55,3 % des voix lors des élections législatives hongroises d’avril. Il disposera ainsi de 141 sièges au Parlement, contre 52 pour le Fidesz.
- Avec un taux de participation de 79 %, l’un des plus élevés de l’histoire hongroise moderne, il s’agit d’une victoire nette : ce n’est pas une simple alternance, mais un effondrement du système Orbán.
Une fois investie, la priorité de Magyar sera d’obtenir les fonds européens gelés. Il a déjà rencontré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ainsi que le président du Conseil, Costa, à ce sujet. Il visera également à remettre sur de nouvelles bases les relations avec l’Ukraine (il a conditionné le soutien à l’adhésion du pays à l’Union aux droits accordés à la minorité hongroise dans le pays) ainsi qu’avec Moscou, et s’est notamment engagé à mettre fin aux importations de combustibles fossiles russes d’ici 2035.
- L’obtention de fonds européens sera clef pour le futur gouvernement, alors que la situation budgétaire du pays se dégrade rapidement.
- Péter Magyar a déjà averti que le déficit public pourrait atteindre 6,8 % du PIB cette année, bien au-delà des objectifs initiaux fixés par le gouvernement sortant de Viktor Orbán.
- Le futur Premier ministre a ainsi accusé celui-ci de vouloir « vider complètement les caisses publiques » avant la transition politique.
Sur le plan interne, Magyar présente son projet comme un véritable « changement de système », reprenant une expression fortement symbolique en Hongrie depuis la chute du communisme en 1989.
- Fort d’une majorité écrasante au Parlement, il dispose des moyens nécessaires pour modifier la Constitution et abroger les lois adoptées par les gouvernements successifs d’Orbán.
- Parmi ses priorités figure la lutte contre la corruption, grâce à une coopération accrue avec les institutions européennes. Il souhaite notamment autoriser les procureurs européens à enquêter sur les soupçons de fraude liés aux fonds versés par l’Union à la Hongrie.
- Magyar entend également démanteler ce qu’il qualifie de « système de prédation » en lançant une vaste opération de récupération des biens publics détournés.
- Il prévoit notamment la création d’une Agence nationale de récupération des avoirs, chargée d’enquêter sur l’enrichissement des responsables politiques et de leurs familles, aussi bien sous l’ère Orbán que durant les années de transition post-communiste.
- Il souhaite également empêcher les transferts suspects de capitaux à l’étranger et revoir les contrats publics, qu’il considère comme ayant été attribués de manière opaque à des proches du pouvoir.
Parmi ses propositions, il s’est engagé à limiter le mandat des Premiers ministres à deux périodes de quatre ans, une mesure qui, selon lui, empêcherait Viktor Orbán de revenir au pouvoir. Quant à l’avenir politique de ce dernier, Orbán a proposé de démissionner de la présidence du Fidesz, mais la direction du parti a rejeté cette proposition.