Plusieurs proches de Viktor Orbán prépareraient leur départ du pays et chercheraient notamment à obtenir des visas pour les États-Unis, où ils espéreraient intégrer des cercles liés au mouvement MAGA.
- Plusieurs familles d’oligarques proches d’Orbán, qui a perdu les élections du 12 avril, ont déjà quitté le pays au cours des derniers jours, selon Péter Magyar.
- Selon le Guardian au moins trois membres de son cercle restreint avaient commencé à transférer leurs avoirs à l’étranger, notamment vers des pays du Moyen-Orient, comme l’Arabie saoudite, Oman et les Émirats arabes unis 1.
- Jeudi 16 avril, le média VSquare révélait que des jets privés étaient utilisés pour transporter de l’argent liquide et d’autres objets de valeur hors du pays, par crainte que le nouveau gouvernement ne les saisisse 2.
Cet exil concerne plusieurs hauts responsables, comme Antal Rogán, le ministre chargé de la propagande et des services secrets du Premier ministre sortant.
- Magyar a également accusé Lőrinc Mészáros, l’homme le plus riche de Hongrie à la tête du Mészáros Group — et également un ami d’enfance d’Orbán — d’être sur le point de prendre un avion pour Dubaï.
- D’autres, qui résidaient déjà à l’étranger comme Ádám Matolcsy, le fils de l’ancien gouverneur de la banque centrale et conseiller de longue date d’Orbán, György Matolcsy, pourraient faire l’objet d’une procédure d’extradition 3.
- Le gendre de Viktor Orbán, István Tiborcz, a quant à lui déménagé à New York en 2025. L’un des hommes les plus riches du pays, il est à la tête du groupe BDPST, qui opère dans les secteurs de la finance, de la logistique, de l’immobilier et du tourisme.
Magyar a déclaré dès le lendemain de sa victoire qu’il ferait de la lutte contre la corruption et le népotisme l’une de ses priorités, accusant le Fidesz d’avoir fait de la Hongrie « le pays le plus pauvre et le plus corrompu de l’Union ».
- Selon l’ONG Transparency International, la Hongrie est l’État membre où la perception de la corruption est la plus élevée, aux côtés de la Bulgarie.
- Depuis l’arrivée au pouvoir d’Orbán en 2010, 42 entreprises dirigées par 13 de ses proches ont capté 14 % de l’ensemble des fonds attribués dans le cadre d’appels d’offres, pour un montant supérieur à 28 milliards d’euros.
- Entre 2005 et 2010, ces mêmes entreprises n’avaient remporté que 1 % de ces appels d’offre publics 4.
Des spéculations quant à un voyage prolongé de Viktor Orbán aux États-Unis à l’occasion de la Coupe du monde de football ont été démenties par le Premier ministre sortant. S’il devrait rester à la tête du Fidesz au moins jusqu’au congrès du 13 juin, il a annoncé durant le week-end qu’il renonçait à son mandat de chef de file de la liste Fidesz-KDNP et qu’il ne siégerait pas au Parlement lors de la prochaine législature 5.
Sources
- Flora Garamvolgyi et Ashifa Kassam, « Orbán associates rush to move wealth out of Hungary after election defeat », The Guardian, 26 avril 2026.
- Szabolcs Panyi, « Goulash : With Orbán Out, Oligarchs Try to Protect Assets ; Dirty Secrets of the Chad Mission », VSquare, 16 avril 2026.
- Marton Dunai, « Hungary’s business elite pivots away from Viktor Orbán », Financial Times, 28 avril 2026.
- Paul Caruana Galizia, Chris Cook, Marton Dunai et Laura Dubois, « How Viktor Orbán’s oligarchs reaped billions in public contracts », Financial Times, 23 mars 2026.
- Patakfalvi Dóra, « Orbán Viktor nem ül be a Parlamentbe », Telex, 25 avril 2026.