Début février, l’entreprise américaine SpaceX a déconnecté tous les terminaux Starlink utilisés illégalement par l’armée russe depuis au moins 2024 pour guider ses drones utilisés pour frapper l’Ukraine. Cette coupure a eu un impact important sur les capacités de communication et de pilotage de drone par Moscou.
Afin de contourner certains blocages, l’armée russe a recours à des drones équipés de cartes SIM permettant une liaison de données via les réseaux mobiles, facilitant ainsi un guidage à distance.
- Selon le conseiller ukrainien du ministre de la Défense Serhii Beskresnov, l’armée se fournit directement auprès de l’opérateur russe Tele2.
- Si leur utilisation en Ukraine est bloquée, elles peuvent néanmoins exploiter des services d’itinérance via des opérateurs biélorusses et, potentiellement, d’autres opérateurs européens tels que polonais ou roumains.
- Beskresnov estime que c’est ce système qui aurait pu être utilisé par Moscou pour opérer des drones dans l’espace aérien de plusieurs pays européens membres de l’OTAN.
Les drones Shahed équipés de cartes SIM utilisent des liaisons de données via les réseaux mobiles, ce qui leur permet de recevoir des mises à jour ou des corrections de trajectoire, et dans certains cas de contourner certaines perturbations du signal GPS. Beskresnov, qui a lui-même été ciblé lundi 20 avril par des drones Shahed pilotés à distance, estime que 20 % des frappes de drones contre l’Ukraine sont désormais guidées par des cartes SIM 1.
- Contrairement aux systèmes de navigation par satellite auparavant utilisés par Moscou, les Shahed équipés de cartes SIM s’appuient sur les réseaux cellulaires civils via des antennes-relais.
- Ce type d’utilisation brouille davantage la frontière entre les infrastructures civiles et la technologie militaire, et fait de ces cartes SIM un composant de l’architecture des drones russes.
- Ces derniers agissent comme des armes et comme des relais pour permettre à d’autres drones de frapper des cibles plus loin des frontières russes. Leur zone d’action englobe ainsi Kiev, dans le Nord, que la ville de Poltava, dans l’Ouest, et Odessa et Mykolaïv, dans le Sud du pays.
En parallèle de cette utilisation, Moscou continue d’utiliser des terminaux Starlink illégalement vendus par des intermédiaires via des canaux Telegram 2. Plusieurs témoignages de soldats russes indiquent toujours souffrir de difficultés de communication, ce qui conduit l’armée à recourir à des solutions alternatives comme des modems mobiles, des amplificateurs de signal ou des réseaux Wi-Fi déployés sur le terrain.
Sources
- Publication de Serhii Beskresnov sur Telegram, 20 avril 2026.
- Анастасия Короткова,, « Виноваты наши со своими запретами ». Что происходит со связью на фронте », Вёрстка, 23 avril 2026.