Seulement 9 navires ont transité via le détroit d’Ormuz aujourd’hui, mardi 14 avril, entre minuit et 17h, selon une analyse de la revue. Le trafic reste ainsi limité mais relativement stable par rapport à la moyenne journalière des semaines qui ont précédé l’imposition du blocus maritime américain, entré en vigueur hier, lundi 13, à 16h (Paris).
- Le commandement militaire central américain a affirmé mardi « qu’aucun navire n’avait réussi à franchir le blocus américain » au cours des premières 24 heures du blocus.
Or, selon les données de navigation AIS de Marine Traffic, au moins 3 navires sont entrés ou sortis du détroit depuis hier à 16h, et se trouveraient potentiellement en violation du blocus américain. Ces trois navires sont :
- Le Christianna, un vraquier du Liberia à vide qui est parti du port iranien de Bandar-e Emam Khomeyni, dans le fond du Golfe persique, le vendredi 10 avril. Il est sorti du détroit d’Ormuz lundi 13 avril dans la soirée, après l’entrée en vigueur du blocus (16h). Il avait fait demi-tour au large de Dubaï dans la soirée du 12 au 13, avant de finalement se lancer dans la traversée avec son signal AIS activé à la mi-journée. Il se dirige actuellement vers le port omanais de Foudjaïrah ;
- L’Ocean Energy, un cargo sous pavillon panaméen parti du port omanien de Muscat dimanche 12 en début d’après-midi en direction du port iranien de Bandar Abbas, dans le détroit. Il a traversé Ormuz vers 18h lundi 13 avril, soit après l’entrée en vigueur du blocus. Il est arrivé dans la soirée au large de Bandar Abbas, et se trouve à l’arrêt depuis ;
- Le Rich Starry, un pétrolier sous pavillon du Malawi sous sanctions américaines qui a traversé le détroit lundi 13 avril dans la soirée, vers 23h. Il avait hésité à passer mardi en début d’après-midi, avant l’entrée en vigueur du blocus, mais s’est finalement décidé à traverser vers 19h. Il déclare relier Sharjah (EAU) à Sohar (Oman), et revendique un propriétaire chinois. Il a toutefois entamé un demi-tour mardi en début d’après-midi, après avoir passé le détroit.
Plusieurs navires se situant à l’intérieur du détroit ont signalé avoir un équipage chinois et appartenir à un armateur chinois au cours des dernières heures, comme l’Eastern Bund, un vraquier qui navigue sous le pavillon de Hong Kong, le Golden Forest, un cargo sous pavillon du Panama, ou le Wladyslaw Orkan, un transporteur de colis lourds.
En tout, plus d’une dizaine de navires ont recours à ce stratagème.
- D’autres navires, comme le Saphira, un navire bétailler, signalent appartenir à un propriétaire turc. Le Valencia, un pétrolier sous pavillon du Liberia, met quant à lui en avant un propriétaire irakien, tout comme l’Astrid, actuellement à quai dans le port émirati d’Hamriyah.
- Parmi les navires en route pour entrer dans le golfe Persique via le détroit d’Ormuz, plusieurs navires ont indiqué « PGPORT » comme destination (port non-spécifié situé dans le golfe).
- En dissimulant leur destination réelle, les armateurs évitent ainsi de signaler tout lien avec des infrastructures iraniennes.
- L’Iran envisagerait de suspendre temporairement ses transports maritimes via le détroit d’Ormuz afin d’éviter de défier le blocus américain, et de compromettre ainsi une nouvelle série de pourparlers.
Pour suivre la situation dans le détroit d’Ormuz, notre observatoire est actualisé quotidiennement ici.