Julia de Ípola


Le 18 mai dernier, l’ancienne présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner (2007-2015) a annoncé qu’elle briguerait la vice-présidence du pays –et non pas, comme beaucoup l’espéraient ou le craignaient, la présidence- lors des élections du 27 octobre. À la tête de la coalition du Frente de Tod☀s (Front de Tous) se trouve donc Alberto Fernández, péroniste de longue date qui s’était pourtant éloigné sensiblement du kirchnérisme à partir de 2008. Une formule surprenante lorsqu’elle est annoncée, mais dont le but devient vite clair : plaire à tous ou, faute de cela, au plus grand nombre. Dans un pays où le féminisme connaît depuis quelques années un essor historique, ce terme de « tous » devient un engin à manier avec précaution.

Le leader de l’opposition vénézuélienne Leopoldo López, assigné à résidence depuis 2015, a été libéré mardi 30 avril à l’aube par Juan Guaidó et un groupe de militaires détracteurs du chavisme. Après cet acte symbolique, Guaidó a appelé la population à les rejoindre dans la perspective d’un soulèvement pour mettre fin au régime de Nicolas Maduro. En effet, depuis le 23 janvier dernier, Juan Guaidó s’est auto-proclamé, en tant que chef du Parlement, président de la République par intérim. Dès lors, un bras de fer entre les deux « présidents » s’est mis en place, dans un pays enlisé dans une grave crise économique, sociale et humanitaire. Si nombreux sont ceux qui, dès janvier, parlaient de l’armée comme un acteur clef dans le devenir de la crise institutionnelle, la fracture au sein de celle-ci ne semble éclater que trois mois plus tard.

Que ce soit en Colombie, en Argentine ou aux États-Unis, les footballeuses ont levé leurs voix aux cours des dernières semaines pour dénoncer le sexisme dans le milieu sportif, qui se manifeste tant à travers le harcèlement que dans l’immense différence des salaires. La plupart des pays latino-américains ne compte d’ailleurs pas encore avec une ligue professionnelle de football féminin : la pratique de ce sport par les femmes est invisibilisée et leur effort n’est souvent nullement rémunéré.

L’issue des élections brésiliennes – le triomphe d’un ancien militaire ouvertement homophobe, machiste, défendant la dictature et l’usage de la torture – est déstabilisante pour qui voyait dans les victoires du PT en 2002, 2006, 2010 et 2014, et surtout dans la place de Lula dans les sondages en 2018, l’expression d’une tendance progressiste de l’électorat brésilien.

À la veille des primaires en Argentine, lors desquelles la question de l’avortement occupe une place centrale, le Grand continent montre comment les militantes et militants favorables à la légalisation de l’IVG dans ce pays ont réussi à déplacer le débat, du champ de la morale à celui des politiques publiques sanitaires.