Dirigeants et analystes européens se demandent désormais si l’idée d’une Europe capable d’agir de manière indépendante sur la scène internationale pourra résister au renouveau insufflé par une administration Biden.
Biden et l’avenir de la bureaucratie américaine : une conversation avec Jon D. Michaels, UCLA
Politique
Tout au long des quatre années de son administration, Donald J. Trump n’a cessé d’humilier et d’attaquer l’État administratif, affaiblissant et contestant ainsi sa fonction et sa large autorité ; d’où la nécessité de réformer les limites de la bureaucratie fédérale pour l’administration Biden de 2021. Pour approfondir cette analyse, Le Grand Continent s’est entretenu avec Jon D. Michaels, constitutionnaliste de la faculté de droit de l’UCLA.
Entre position américaine marquée par le trumpisme et ambition « géopolitique » de l’Union européenne, Diane Cosson revient dans cette étude sur le processus – bloqué – de désignation d’une directrice générale à la tête de l’OMC.
Les États-Unis sont une « société d’histoires ». C’est ce qui différencie essentiellement la conception libérale européenne de la conception américaine. Les Européens diront : « Il n’y a pas de vérité. » ; les Américains : « Il n’y a pas de vérité, donc tout est vrai. »
Magnifique archipel du nord de l’océan Indien, les Chagos constituent un objet géopolitique de conflit majeur, principalement entre le Royaume-Uni et l’île Maurice, son ancienne colonie. Lors de l’indépendance de l’île, les Britanniques ont transformé l’archipel en Territoire britannique de l’océan Indien (BIOT), en ont expulsé les Chagossiens et ont décidé d’en louer l’île principale, Diego Garcia, aux États-Unis pour y installer une base militaire stratégique. Jusqu’en 2020, le destin de l’archipel perdu a croisé plusieurs moments partagés avec le monde contemporain : Wikileaks, le Brexit, le prix Nobel de littérature, tout une série de juridictions (CEDH, Haute Cour de justice britannique, etc.) et même l’Assemblée générale de l’ONU. Un processus de décolonisation toujours en cours.
Alors qu’en cette fin d’année 2020, les crises se font concurrence en France et en Europe, le Président français, dans l’un de ses plus longs entretiens, est revenu avec le Grand Continent sur les principaux éléments de sa nouvelle doctrine en matière internationale.
Président du Forum de Paris sur la Paix dont la troisième session commence aujourd’hui, Pascal Lamy nous explique la stratégie de cette initiative à l’échelle mondiale et la doctrine qu’elle propose : pour remédier à la crise du multilatéralisme, dans un monde qui restera parfaitement chaotique malgré le crépuscule de Donald Trump, la clef est le polylatéralisme.
L’époque où le monde semblait être façonné par les forces du marché semble en passe de se terminer. Le capitalisme politique est en pleine expansion, en Chine et ailleurs. Les États-Unis eux-mêmes favorisent l’imbrication instrumentale et réelle des objectifs économiques et des exigences de sécurité nationale, tandis que le modèle français s’affirme de plus en plus sur le Vieux Continent. Le défi crucial portera sur la technologie : l’Amérique et l’Europe ne pourront le relever qu’en revigorant l’alliance transatlantique.
L’élection de Joe Biden : vers une détente dans les relations irano-américaines ?
Asie Intermédiaire
C’est à travers un tweet publié le 4 novembre dernier, alors que le décompte des voix était toujours en cours, que le Guide Suprême Sayed Ali Khamenei a commenté le contexte électoral tendu aux Etats-Unis. Quelques heures auparavant, le Guide Suprême avait également déclaré lors d’un discours que les élections américaines ne pourraient affecter la politique iranienne puisque celle-ci est « calculée et claire ». Qu’en est-il réellement ?
C’est le paradoxe européen d’une élection américaine. Pas de victoire de Trump, certes ; mais celle de Biden n’est pas écrasante. Pour les Européens, cela équivaut à être pris en tenaille entre deux scénarios qui ne se réaliseront pas : pas de réveil européen, ni de renaissance du monde transatlantique. Dans la phase de respiration qu’ouvre la présidence Biden, l’Europe devra être inventive.