Luca Picotti

Avocat

Luca Picotti est juriste, avocat et essayiste. Il est titulaire d’un doctorat de recherche de l’université d’Udine. Ancien expert juridique au ministère de l’Économie et des Finances italien au sein de la cellule de pilotage sur le marché des capitaux, il est membre et chercheur associé de l’Observatoire Golden Power. Il écrit pour divers journaux sur des thèmes juridiques et économiques ainsi que sur les affaires stratégiques.

Il est une voix reconnue dans le débat sur la géographie du droit, les investissements étrangers et la sécurité nationale, reprise notamment par le Corriere della Sera, La Repubblica, l’Ansa, le Wall Street Journal, Politico, Bloomberg ou l’Opinion.
Parmi ses ouvrages : Linee invisibili. Geografie del potere tra confini e mercati (Egea 2025) et La legge del più forte. Il diritto come strumento di competizione tra Stati (Luiss University Press 2023).
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La clef de la construction européenne serait-elle d’intégrer un État inexistant ?

Préconisé par les rapports d’Enrico Letta et de Mario Draghi, la création d’un régime juridique commun — celui d’un « 28e État » fictif — fait son chemin.

Mais qu’implique-t-elle au juste ?

Une étude juridique et géopolitique pour s’orienter.

« Il n’y a pas d’éthique commune tout au long de la chaîne d’approvisionnement » : sommes-nous en train de faire dérailler les chaînes de valeur à coup de valeurs ?

Dans un monde cassé mais aussi de plus en plus réglementé, les multinationales qui avaient misé sur une croissance globalisée et un droit uniforme risquent l’éclatement. Pour Fabio Londero, directeur juridique du groupe sidérurgique frioulan Danieli, le contre-feu de « l’effet Bruxelles » pourrait être fatal.

Les objectifs de l’accord de Paris ne seront pas tenus. Le combat écologique radical apparaît illusoire, pris au piège d’un monde fragmenté. Dans ce contexte, Luca Picotti dessine la ligne soi-disant réaliste qui selon lui s’imposera : une écologie défensive qui chercherait à adapter autant que faire se peut nos sociétés à la catastrophe à venir.

La loi du plus fort est entrée dans le code global.

La matrice du droit dur s’étend : une galaxie de règlements permet aux États d’exercer une forme d’ingérence dans un nombre croissant de secteurs économiques. La sécurité nationale nous protège contre nos adversaires, mais aussi contre nos alliés — dans l’affrontement des macro-modèles, jusqu’où s’étendra l’arsenal du droit ? Luca Picotti, qui vient de publier La legge del più forte. Il diritto come strumento di competizione tra Stati (Luiss University Press), fait le point.

On dit souvent que l’Europe se transforme. On peine à décrire comment. Mais dans les turbulences du nouveau désordre, la bipolarité entre la Chine et les États-Unis reste la force gravitationnelle structurante. Elle imprime des logiques duales, obligeant l’Europe à s’arrêter dans une position — il ne reste, peut-être, guère plus que quatre options.

Longtemps perçue comme un outil de régulation de la politique intérieure italienne, la contrainte extérieure est une donnée essentielle pour comprendre les transformations politiques avant l’élection du 25 septembre. La favorite, Giorgia Meloni, marche elle-même sur une ligne de crête, entre incarnation d’un renouveau de droite au plan interne et exigence de respectabilité au plan externe. Pourtant, quelque chose a changé. La grande nouveauté est là : les contraintes n’ont pas disparu, mais leur nature se transforme. Désormais, tout peut arriver.