Méditerranée

Long format

Après vingt-cinq ans de domination des islamo-conservateurs (Recep Tayıp Erdoğan de 1994 à 1998 puis divers maires AKP), le CHP et son candidat Ekrem Imamoğlu ont repris la ville la plus importante du pays. Effectué une première fois le 31 mars dernier puis annulé par le YSK (Conseil électoral supérieur), le scrutin avait été marqué par une très courte victoire d’Ekrem Imamoğlu (13 000 voix d’écarts). Le verdict de cette nouvelle élection est sans appel  : un peu plus de 54  % des suffrages pour Ekrem Imamoğlu contre 45  % pour l’ancien Premier ministre Binali Yıldırım.

Dans la foulée des élections régionales en Espagne, il n’a pas fallu longtemps à Ciudadanos pour rompre avec Manuel Valls, qui était son candidat pour les élections à Barcelone. La cause principale du désaccord est le différend entre la décision de Ciudadanos de former des alliances de droite avec Vox et le souhait de Valls de maintenir la «  cohérence idéologique  » du libéralisme. Dans ce contexte, accorder à la maire sortante, Ada Colau, assez de voix pour un second mandat n’apparaît pas en rupture avec son projet. Ainsi, l’échec de Manuel Valls à Barcelone pourrait en conclusion raviver le fédéralisme et le plurinationalisme espagnols.

Alberto Bagnai, l’un des conseillers économiques de Matteo Salvini, a écrit dans le Financial Times pour critiquer les règles Européennes concernant la dette. Si cet article d’opinion souligne justement plusieurs absurdités de ces règles et prétend défendre l’ensemble des pays européens, il cache mal qu’il est dicté par la situation italienne. L’un des six membres fondateurs de l’Europe est sur le point de devenir le premier pays pénalisé par la Commission Européenne pour non respect du critère de réduction de la dette.

À quelques semaines de la livraison à Ankara du premier des quatre S-400 commandés à Moscou en décembre 2017, la Chambre des représentants des États-Unis a adopté le 11 juin 2019 une résolution «  exprimant [sa] préoccupation à l’égard de l’alliance entre la Turquie et les États-Unis  ». Non contraignante, cette résolution s’ajoute néanmoins à une liste importante de rappels à l’ordre et de résolutions du Sénat – contraignantes – relatives au devenir de la relation de défense turco-américaine.

Après les élections en Andalousie, à Madrid, Ciudadanos le parti libéral de centre, allié de la République en Marche au niveau européen, a décidé de faire partie d’une alliance de droite avec le PP et, surtout, le parti d’extrême droite Vox. Il s’agit d’une ambiguïté qui montre un réel «  syndrome de Hamlet  », c’est-à-dire l’incapacité pour le parti à choisir clairement entre, d’une part, les «  engagements libéraux  » qu’il partage avec ses collègues européens et son alliance régionale concrète avec l’extrême droite espagnole.

La renonciation du Fidesz, du PiS et du Brexit Party met fin aux ambitions de Matteo Salvini de se mettre à la tête d’une alliance unitaire de la droite eurosceptique européenne, la “Ligue des ligues”. Parmi les raisons ayant conduit à cet échec, il y a des motivations personnelles, des tactiques politiques et un positionnement international. Mais surtout, Salvini souffre de son incapacité à négocier au niveau européen et à trouver un message unifié avec des partenaires potentiels.

L’approbation à la Chambre des députés de la motion pour l’introduction de “minibots”, des obligations d’État de basse valeur à utiliser pour les paiements, à l’initiative de l’économiste de la Ligue du Nord Claudio Borghi, semble un premier pas pour préparer l’Italie à la sortie de l’euro. Une étude approfondie réalisée par un professeur d’économie explique comment ils fonctionnent et pourquoi ils constituent un risque.