Méditerranée

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De plus en plus isolée, notamment après la vague de normalisation entre pays arabes et Israël, l’Autorité palestinienne apparaît sans solutions pour sauver l’espoir d’une création de l’Etat qui lui était promis. Alors que la majorité de la population palestinienne vit aujourd’hui à l’étranger, l’activisme politique de celle-ci peut à bien des égards paraître comme l’une dernières cartes à jouer pour la «  cause  » palestinienne. Encore faudrait-il que Ramallah s’en rende compte et que celle-ci ne soit pas trop vite réduite en poussière.

À la fin du printemps dernier, il était courant de désigner le Portugal comme le cas exemplaire d’une gestion efficace et pragmatique de l’épidémie de COVID-19, qui, dès le mois de mars, s’était rapidement intensifiée dans le pays voisin, l’Espagne. Cependant, la troisième vague de la pandémie a pris le pays par surprise, et les chiffres ont grimpé en flèche depuis début janvier, au point de mettre le système hospitalier national en crise. Un confinement total a été mis en place jusqu’à la mi-février, et les frontières avec l’Espagne ont été fermées. Il va sans dire que le pays est à ce stade débordé.

Depuis 2019 jusqu’à ce jour, le Liban a connu une révolte populaire inédite, la chute d’un gouvernement, une crise économique et financière sans précédent, la pandémie du coronavirus, et une gigantesque explosion qui a fauché la vie de plus de 200 personnes le 4 août dernier. Déjà fragilisé par des crises politiques qui se succèdent, le pays du Cèdre reste à ce jour sans gouvernement, près de six mois après la déflagration au port de Beyrouth, alors que la grogne populaire se fait à nouveau ressentir. Plus qu’une crise de gouvernement, le Liban, dans une impasse totale, est face à une crise de système dont l’issue est plus que jamais incertaine.

Les deux explosions au port de Beyrouth le 4 août 2020 ont secoué tout le Liban. Si le monde entier est au courant de ce qu’il s’est passé, nul n’en connait encore la raison. La liste des hypothèses est cependant très longue. Six mois après cette heure maudite de 18h07, la cause de cette tragédie ayant fait plus 7500 blessés et plus de 200 décès reste inconnue. Y a-t-il un responsable  ? Justice sera-t-elle rendue  ? Les Libanais ont besoin de réponses.

La participation de Matteo Renzi en tant qu’orateur principal à la conférence Future Investment Initiative (FII), un événement financé par le Fonds d’investissement souverain d’Arabie Saoudite, a soulevé un certain nombre de questions sur un éventuel conflit d’intérêts de la part d’un sénateur en exercice. Mais outre les implications « globales » évidentes, les mots de l’ancien Président du Conseil et maire de Florence ont également un poids important dans la géopolitique « locale », car ils proposent une vision très précise de la diplomatie des villes et du développement urbain.

Les émeutes qui ont éclaté peu après le dixième anniversaire de la fuite du dictateur Ben Ali rappellent malgré les espoirs portés par la Révolution de Jasmin que la Tunisie est aujourd’hui dans une impasse économique et sociale. La situation est d’autant plus sensible que la crise sanitaire et le premier confinement du printemps 2020 ont aggravé la pauvreté et fragilisé un équilibre social déjà précaire. Si la gestion de la seconde vague du Covid-19 ne s’accompagne pas d’un ensemble de réformes économiques en faveur de l’emploi et contre la pauvreté, la troisième vague sera sociale en Tunisie.

Au cœur du système étatique égyptien, dans l’ombre du maréchal Al-Sissi, l’armée est aujourd’hui première garante de la stabilité du pouvoir, pilier de la politique économique du gouvernement et en pleine «  guerre contre le terrorisme  ». D’une Egypte en plein essor révolutionnaire à un régime cadenassé en moins d’une décennie, l’évolution du pays ne peut être comprise sans tenir compte du rôle essentiel de l’institution militaire. Dix ans après les printemps arabes, deux mois après la visite d’Abdel Fattah Al-Sissi en France et alors qu’Emmanuel Macron a exprimé l’espoir que l’Egypte se construise sur des «  institutions démocratiques et protectrices des libertés  », appréhender le poids de l’armée dans la société égyptienne permet de mieux percevoir le décalage entre ce souhait et la réalité actuelle du pays.