Amériques

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L’enlisement de l’Argentine dans la crise économique rend de plus en plus improbable une éventuelle réélection du président Mauricio Macri, ancien maire de Buenos Aires, lors des élections présidentielles d’octobre. Pourtant, le gouvernement Cambiemos mise sur une stratégie très souvent sous-estimée par les analystes politiques  : la connexion aux réseaux de services urbains de nombreux quartiers où résident les classes moyennes inférieures. L’ancien maire permettra-t-il à l’actuel président d’obtenir un deuxième mandat  ?

À l’approche des élections présidentielles de 2020, un groupe de républicains modérés manifestent leur agacement à l’encontre du président Trump, au point que certains plaident pour un possible défi aux primaires. S’il est peu probable qu’un tel concurrent réussisse dans ce qui est aujourd’hui le « parti Trump », la division du Grand Old Party soulève d’importantes questions sur l’avenir à long terme du système politique américain. Contrepoint sur une saison de primaires qui s’annonce importante.

Jeudi 11 avril 2019, le parti conservateur chilien de l’Union Démocrate Indépendante (UDI) a demandé au gouvernement de Sebastián Piñera d’accélérer le débat sur le projet de loi pour réformer la Loi 18.314, dite «  loi antiterroriste  », introduite sous la dictature de Pinochet contre les insurrections mais utilisé à plusieures reprises contre les peuples autochtones, notamment les Mapuches  : une utilisation pour lequel le Chili a été condamné pour la Cour Interaméricaine des droits de l’Homme. Une fiche qui résume les points centraux de cette querelle.

La remise des prix Turing adoube les pères fondateurs de l’apprentissage profond, qui a joué un rôle crucial dans la résurgence actuelle de l’intelligence artificielle. Le prix reconnaît aussi dans une certaine mesure l’école de formation européenne en informatique, mais révèle en creux la difficulté de maintenir ces profils en Europe et d’y créer un pôle informatique industriel sur le vieux continent. Signaux faibles du retard de l’Union dans l’intelligence artificielle.

La France s’est opposée, seule en Europe, à la reprise des négociations commerciales avec les Etats-Unis. Cette prise de position interroge alors que ces discussions ont pour objectif d’éloigner le spectre d’une guerre commerciale. Si la raison officielle est la défense de l’accord de Paris, la posture française peut s’expliquer car la France a peu à perdre dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, mais potentiellement peu à gagner aussi à l’obtention rapide d’un accord, notamment à cause des demandes américaines sur le marché agroalimentaire. Contrepoint sur une prise de position qui résonne comme un coup politique à l’aube des élections européennes.

Hier, lundi 8 avril, des personnalités politiques latino-américaines et européennes de premier plan ont exprimé leur soutien à Cristina Fernández de Kirchner et à sa fille Florencia, en co-signant une déclaration qui dénonce la “persécution politique” que subissent régulièrement les enfants des politiciens. Signaux faibles qui permettent de suivre la recomposition d’une alliance transatlantique d’extrême gauche.

Jair Bolsonaro dessine peu à peu sa politique extérieure au fil de ses visites diplomatiques  : après les Etats-Unis et le Chili, il s’est rendu en Israël du 31 mars au 3 avril. L’entrevue entre les deux dirigeants était vivement attendue, après l’annonce du président brésilien en octobre 2018 du possible transfert de l’ambassade brésilienne de Tel-Aviv à Jérusalem. Même si Bolsonaro tient à préserver ses intérêts économiques dans les pays arabes voisins, son rapprochement avec Netanyahou constitue bien une rupture avec la politique étrangère de Lula et ses successeurs, qui avaient à maintes reprises fait part de leur soutien à la question palestinienne.

Un nouvel organe régional, le Forum pour le progrès de l’Amérique du Sud (PROSUR), a été créé le 22 mars dernier. La Déclaration de Santiago, document fondateur du PROSUR, a été signée par les présidents de l’Argentine, du Brésil, du Chili, de la Colombie, de l’Équateur, du Paraguay et du Pérou, auxquels s’est joint George Talbot, ambassadeur du Guyana au Chili. Ce nouvel espace de dialogue sous-régional aboutit à la condamnation de l’Union des nations du Sud (UNASUR).