SpaceX, l’entreprise spatiale dirigée par Elon Musk, a annoncé le 25 août le lancement d’un projet de méga-spatioport sur la côte de la Louisiane. La construction devrait débuter dès 2027, avec un premier lancement attendu en 2029. À terme, le site devrait permettre de réaliser des milliers de vols Starship par an.

  • Le spatioport devrait compter 10 sites de lancement de fusées, répartis en paires séparées d’environ 2,5 kilomètres chacune, selon une estimation d’Interstellar Gateway.
  • « Starbase Louisiana » devrait également comporter des fermes de propergol, des bassins de rétention d’eau et des logements pour les employés, et pourrait, selon les images publiées par l’entreprise, inclure des sites de liquéfaction du propergol.
  • Un centre de fabrication des fusées Starship ainsi qu’un hangar d’assemblage et de stockage pourraient également être construits sur le site.

Au total, le site s’étendrait sur une surface de plus de 50 000 hectares – soit environ 0,45 % de la superficie totale de l’État de Louisiane.

  • Malgré cette taille, « Starbase Louisiana » resterait bien plus modeste que plusieurs grands spatioports, comme le site de Baïkonour, au Kazakhstan, utilisé par la Russie, le Centre spatial guyanais utilisé pour les programmes spatiaux français et européen, ou le Centre spatial Kennedy, en Floride.
  • Le site pourrait toutefois permettre une cadence de lancement bien supérieure à ce qui est observé aujourd’hui : jusqu’à plus de 30 vols par jour, selon Elon Musk, contre environ un tous les deux jours en moyenne l’an dernier pour SpaceX (165 vols orbitaux). 

SpaceX a lancé près de deux fois plus de missions orbitales que la Chine en 2025, et l’entreprise représentait environ 85 % du total des fusées lancées par les États-Unis 1.

  • Une fois la construction du site achevée, SpaceX pourrait être en mesure de lancer jusqu’à 10 000 fusées par an dès 2030.
  • Cette cible est bien supérieure à la limite fixée par la Federal Aviation Administration (FAA), l’agence fédérale américaine chargée de l’aviation civile.
  • Dans sa dernière Politique nationale de transport spatial, signée le 20 août par Trump, le gouvernement américain veut en effet permettre 1 000 lancements et rentrées atmosphériques d’ici 2030, soit 10 fois moins que ce que vise Musk 2.

Afin d’accélérer le développement de missions orbitales et lunaires, l’administration Trump a ordonné aux agences fédérales « d’identifier de nouveaux sites de lancement » et « d’accélérer les procédures d’autorisation et les évaluations environnementales ».

  • En décembre, Trump avait signé un décret fixant deux objectifs principaux : renvoyer des Américains sur la Lune d’ici 2028 dans le cadre du programme Artemis, et mettre en place les premiers éléments d’une base lunaire permanente d’ici 2030.
  • Ce calendrier vise à devancer la Chine, qui s’est fixé pour objectif d’envoyer un équipage sur la Lune d’ici 2030.
  • La date butoir de 2028 est d’autant plus importante pour Trump qu’elle devrait marquer la dernière année de son deuxième – et, tout au moins selon la Constitution, dernier – mandat.
Sources
  1. Mike Wall, « SpaceX shatters its rocket launch record yet again — 165 orbital flights in 2025 », Space.com, 31 décembre 2025.
  2. THE NATIONAL SPACE TRANSPORTATION POLICY, Maison-Blanche, 20 août 2026.