Les réserves européennes de gaz affichent un taux de remplissage de 62 % au 21 août, contre une norme saisonnière proche de 70 %. Au début du mois, elles étaient à leur plus bas niveau pour cette période de l’année depuis 2009.
- Des différences importantes existent entre les pays, avec des taux de remplissage allant de 89 % en Pologne et au Portugal, 80 % en Italie, 65 % en France, à 50 % en Allemagne (qui dispose de 22 % de la capacité totale de stockage de l’Union), 47 % en Belgique, 44 % en Lettonie et 43 % aux Pays-Bas.
- Si les États membres importent peu de gaz via le détroit d’Ormuz, environ 10 % de leur consommation totale, ils sont, depuis le début de la guerre en Iran le 28 février, en concurrence pour leurs achats de GNL avec plusieurs acheteurs sur les marchés mondiaux, notamment les pays d’Asie qui dépendent fortement du Qatar.
- Cela a déjà des répercussions sur les prix, qui ont plus que doublé pour les contrats d’hiver par rapport à 2025 1.
En Europe, la saison de remplissage se termine fin octobre.
- La capacité de stockage européenne fonctionne surtout comme un amortisseur, absorbant les excédents de GNL et de gaz acheminés par gazoduc d’avril à octobre, période où la demande et les prix sont plus faibles.
- Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’Union fixe un seuil de stockage de 90 % pour le 1er novembre.
- Plusieurs États membres ont toutefois demandé une révision pour éviter la spéculation sur les marchés et une flexibilité introduite depuis permet de descendre cette cible jusqu’à 75 %.
Le risque principal pour les pays européens ne réside pas tant dans une pénurie que dans une surenchère sur les cargaisons spot sur les marchés mondiaux, si le détroit d’Ormuz reste fermé et si l’hiver est plus froid que la normale.
- De plus, dans un contexte de prolongation du conflit, où le marché est privé des volumes qatariens et russes et où les stocks sont faibles, l’Europe pourrait être particulièrement prudente avec le déstockage de ses réserves et s’exposer ainsi à une flambée des prix.
- La porte-parole de la Commission a affirmé en début de semaine qu’il n’y avait pas d’inquiétude immédiate concernant l’approvisionnement en gaz naturel de l’Europe.
- Selon le ministère allemand de l’Économie, un niveau de stockage de gaz compris entre 60 % et 70 % au début de l’hiver serait suffisant pour répondre à la demande hivernale moyenne 2.
Sources
- Priscila Azevedo Rocha, Elena Mazneva,« European Gas Jumps to Five-Month High as Iran Peace Hopes Fade », Bloomberg, 20 août 2026.
- Petra Sorge, « Germany Says Lower 60 % Gas Storage Target Sufficient for Winter », Bloomberg, 20 août 2026.