Selon des informations obtenues par la chaîne de télévision israélienne Canal 12, Israël aurait interdit toute nouvelle vente d’armes au Qatar. La décision, qui n’a pas fait l’objet d’une annonce publique, concernerait non seulement les futurs contrats, mais aussi ceux signés depuis 2021-2022, dont l’exécution était en cours 1.

La mesure pourrait également s’étendre à la maintenance et à la coordination technique liées aux équipements déjà livrés à Doha.

  • Officiellement, Israël n’entretient pas de relations diplomatiques avec le Qatar et ne vend pas directement d’armes à l’émirat.
  • L’équivalent de centaines de millions de dollars de matériel israélien aurait toutefois été vendu au pays ces dernières années dans le cadre de systèmes fournis par les États-Unis (défense antiaérienne, viseurs nocturnes, équipements pour avions…)

Le moment de la décision interroge, alors que le gouvernement israélien accuse depuis plusieurs années le Qatar de financer les activités du Hamas à Gaza, tout en ayant toléré – voire encouragé – un mécanisme d’injection d’argent qatari dans l’enclave visant à éviter un effondrement humanitaire.

Le rôle du Qatar a pris une importance significative dans le débat public israélien depuis l’attaque terroriste du 7 octobre 2023.

  • En février, le dirigeant de l’opposition Yair Lapid (Yesh Atid) avait déposé un projet de loi visant à classer le Qatar comme « État ennemi ».
  • Le texte, surnommé « loi Urich » en référence au conseiller de Netanyahou visé par l’affaire du Qatargate – un scandale qui a éclaté début 2025 selon lequel des conseillers du Premier ministre auraient été payés par le Qatar pour promouvoir les intérêts de Doha en Israël –, a finalement été rejeté en plénière de la Knesset le 25 mars, par 45 voix contre 28.
  • Dans un discours de campagne prononcé aujourd’hui, mercredi 19 août, l’ex-Premier ministre Naftali Bennett a réaffirmé vouloir désigner le Qatar « État ennemi », rejetant la formule « d’État complexe » employée par Netanyahou en avril 2025.
  • Il a déclaré : « Quiconque ne comprend pas cela [que le Qatar est un ennemi] après le 7 octobre n’est pas digne de diriger Israël », et s’est engagé à créer un nouvel organisme chargé de combattre l’influence du Qatar, de l’Iran et des « adversaires d’Israël ».

Selon l’expert israélien Ariel Admoni, la décision traduit une dégradation de la perception de l’émirat dans l’opinion publique israélienne depuis le 7 octobre, qui aurait fini par atteindre les milieux sécuritaires et de la défense 2.

  • À deux mois des élections législatives d’octobre, Netanyahou pourrait chercher à adopter une position plus ferme envers Doha.
  • Depuis le Qatargate, le pays a été utilisé par plusieurs partis d’opposition comme un levier pour attaquer Netanyahou, déjà accusé d’avoir permis au Hamas de consolider son influence à Gaza en autorisant le soutien financier qatari.