Washington a frappé l’Iran dans la nuit, pour la cinquième fois depuis le début de la semaine dernière, en réponse aux attaques de Téhéran contre des navires dans le détroit d’Ormuz.

  • Ces frappes, qui visent à « continuer à réduire leur capacité à attaquer les marins civils et les navires commerciaux transitant librement par le détroit d’Ormuz », font suite à celles de dimanche, qui ciblaient des systèmes antiaériens et des sites de missiles. Samedi encore, environ 140 cibles iraniennes ont été touchées par des avions de chasse, des drones et des navires de guerre, notamment des sites de missiles, des infrastructures navales, des dépôts de munitions et des réseaux de communication.

Mercredi dernier, Donald Trump avait déclaré depuis le sommet de l’OTAN que le protocole d’accord signé avec l’Iran le 17 mai était « mort ».

  • Le conflit en cours porte principalement sur le contrôle du détroit d’Ormuz, et moins sur la réouverture du passage que sur la définition du mot « ouvert ». Pour Washington, l’article V du protocole d’accord garantit une liberté de navigation sans restriction. Pour Téhéran, il s’agit de maintenir sa coordination et son contrôle du transit.
  • Vendredi, l’administration Trump avait exigé que l’Iran garantisse publiquement la sûreté du passage dans le détroit, condition pour mettre fin au cycle d’affrontements, et avait fixé à samedi un ultimatum pour que l’Iran reconnaisse que le détroit est ouvert.
  • En guise de réponse, les Gardiens de la révolution ont frappé un porte-conteneurs et ont déclaré le détroit « fermé jusqu’à nouvel ordre »
  • Vendredi, le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, promettait sur Telegram une vengeance qui, étant une « exigence de la nation », serait accomplie quoi qu’il arrive. Donald Trump a répliqué en affirmant que 1 000 missiles étaient pointés sur la République islamique, avec des milliers d’autres à suivre si Téhéran mettait à exécution sa menace d’assassiner le président américain en exercice. Il a ajouté avoir déjà donné l’ordre à l’armée américaine, pour une durée d’un an renouvelable, de « décimer et détruire complètement » l’ensemble du territoire iranien.

Le Commandement central américain affirme que le trafic se poursuit et que l’Iran ne contrôle pas le détroit : 140 navires auraient emprunté le passage dans les 7 derniers jours. Hier, Donald Trump a déclaré sur NBC News que le détroit restait ouvert et a accusé Téhéran d’avoir renié un accord conclu samedi lors de pourparlers à Oman en moins d’une heure : « Nous avons eu des réunions avec eux. Ils ont accepté un accord hier. Un accord parfait pour nous. Pas de nucléaire. Ils ont tout abandonné, puis, moins d’une heure plus tard, ils ont lancé un drone contre un navire ».

  • Il est très probable que les deux parties reviennent, d’ici quelques semaines, à un protocole d’accord amendé ou restauré, après de nouvelles frappes mesurées. La suite dépendra également de l’ampleur des frappes iraniennes, qui ont déjà touché plusieurs pays de la région.
  • Si des installations américaines sont attaquées, les États-Unis pourraient lancer des raids plus massifs.

Pour le moment, malgré le protocole d’accord, le régime iranien n’a eu accès à aucun fonds (pas aux 24 milliards d’avoirs gelés). La dérogation de 60 jours sur les ventes de pétrole (retirée la semaine dernière) n’a pas été en mesure de générer des revenus à temps.

  • La reprise des frappes autour du détroit témoigne du fait que Téhéran considère la voie navigable comme son principal levier de pression.
  • Mohammad Bagher Ghalibaf, le négociateur en chef de l’Iran avec les États-Unis, a déclaré dimanche sur X : « L’ère des accords à sens unique est TERMINÉE. Nous vous avions prévenus : tenez parole ou payez-en le prix. La réalité frappe à la porte ».
  • Il a mis en avant l’une des clauses de l’accord, stipulant que « la République islamique d’Iran prendra des dispositions » pour assurer la sécurité du passage des navires.