La Russie devrait opérer d’ici les prochains jours un centre logistique commercial sur l’un des deux postes d’amarrage de sa base navale située dans le port syrien de Tartous, dans l’ouest du pays, selon des responsables syriens.
- Le projet, développé par l’entreprise de logistique syrienne Rus Line en partenariat avec des entreprises russes regroupées au sein du Conseil d’affaires russo-syrien, aurait été présenté au président syrien Ahmed al-Sharaa lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine à Moscou, fin janvier 1.
- Le centre logistique devrait permettre l’acheminement en Syrie de blé, d’huiles végétales, d’acier, de charbon et de denrées alimentaires russes notamment. Le volume de fret initial aurait été fixé à 250 000 tonnes par mois.
Il ne s’agit pas d’un signe isolé du rapprochement entre Damas et Moscou : en mai, des images satellites montraient qu’un cargo russe transportant du matériel militaire avait ravitaillé la base de Hmeimim, indiquant que le Kremlin conservait une présence militaire dans le pays malgré la chute du régime de Bachar el-Assad, réfugié à Moscou depuis.
Ce rapprochement avec Moscou s’accompagne également d’un rapprochement avec des pays occidentaux et du Golfe.
- Après une visite d’Emmanuel Macron à Damas les 6 et 7 juillet – le premier chef d’État occidental à se rendre en Syrie depuis l’arrivée au pouvoir d’Ahmed Al-Charaa –, le dirigeant syrien s’est rendu au sommet de l’OTAN, à Ankara, le 8.
- Il a participé à des réunions en marge du sommet et a notamment pu s’entretenir avec le président américain, qui a déclaré son intention de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Cette décision devrait être effective le 22 août.
- Les États-Unis avaient déjà levé l’an dernier une partie de ses sanctions sur la Syrie, et abrogé en décembre le Caesar Act.
Pour Moscou, le maintien d’une présence en Syrie est clef pour conserver son influence dans la région. Damas continue de son côté à dépendre de la Russie pour 85 % de ses importations de blé (dont une partie provient de Crimée occupée) et la majeure partie de ses importations de pétrole.
- Les bases de Tartous et de Hmeimim sont essentielles pour la Russie, car elles lui permettent d’assurer le ravitaillement de ses navires en Méditerranée, mais aussi dans le cadre de son implication militaire en Afrique.
- La création d’un centre logistique sur la côte syrienne pourrait également lui permettre d’augmenter ses exportations vers d’autres pays de la région, comme l’Irak et la Jordanie.
- Il reste toutefois à déterminer si ce regain de présence russe pourrait entraver le rapprochement engagé avec les pays occidentaux, en particulier avec Washington, où plusieurs responsables espéraient que la chute d’el-Assad, en décembre 2024, priverait Moscou de ses bases syriennes.
Sources
- Feras Dalatey, « Russia eyes mid-July start for commercial logistics hub at Syrian port, officials say », Reuters, 9 juillet 2026.