En France, seulement un quart des logements sont équipés de climatisation, soit un taux bien plus faible que les bureaux (près des deux-tiers). D’ici 2035, le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité, RTE, estime que ce chiffre pourrait passer à 50 %. 

  • La France se rapprocherait alors de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, où entre 50 et 60 % des logements sont climatisés.
  • Le déploiement de plusieurs millions de systèmes de climatisation au cours des prochaines années ne devrait pas exercer de pression sur le réseau électrique français.

En tablant sur une meilleure isolation des logements et une amélioration de l’efficacité des systèmes de climatisation et en supposant une relation approximativement linéaire avec le taux d’équipement, le passage de 25 à 50 % des logements équipés de climatiseurs représenterait une augmentation de l’ordre de 5 TWh, pour atteindre environ 10 TWh en tout à 50 %, et environ 20 TWh pour 100 % des logements 1.

  • Avec 92 TWh d’électricité exportés à ses voisins en 2025, la France dispose d’un ordre de grandeur supérieur à la hausse de consommation annuelle liée à la climatisation.

L’un des principaux défis associés au déploiement de dizaines de millions de systèmes de climatisation supplémentaires consiste toutefois à répondre à la demande lorsqu’elle est la plus élevée, soit pendant l’été.

  • Or, c’est également pendant cette saison que la production d’électricité hydraulique (10 % du mix électrique français) et nucléaire (près de 70 %) peut être moins importante que le reste de l’année.
  • Lorsque les températures dépassent un certain seuil lors d’épisodes de forte chaleur, les centrales nucléaires peuvent en effet être contraintes de réduire leur production, voire d’arrêter temporairement certains réacteurs, afin de respecter les limites de température des rejets thermiques dans l’environnement.
  • Ces limitations concernent l’eau utilisée pour le refroidissement des réacteurs, prélevée dans les fleuves, les cours d’eau ou en mer, puis rejetée à une température strictement encadrée pour préserver les écosystèmes aquatiques.

Si la production hydraulique et nucléaire peut diminuer pendant l’été, la production photovoltaïque augmente en raison d’un ensoleillement plus important et d’une irradiation solaire plus élevée que le reste de l’année.

  • Selon l’Ademe, la production photovoltaïque d’électricité devrait ainsi être suffisante à l’horizon 2035 pour alimenter les systèmes de climatisation 2.
  • Le réseau français devrait alors compter entre 55 et 90 GW de capacité photovoltaïque installée, ce qui permettrait au réseau de répondre à des appels de puissance de 30 à 35 GW lors d’épisodes de très forte chaleur.
  • Au 1er janvier, le parc photovoltaïque français affichait une capacité installée de 31 GW, contre 24 GW en 2024 (+7 GW en deux ans).

Au-delà de la seule consommation d’électricité, le déploiement d’un nombre important de climatiseurs, notamment en ville, pourrait toutefois contribuer à la formation d’îlots de chaleur et à la libération dans l’atmosphère de gaz frigorigènes, qui sont 2 000 fois plus polluants que le dioxyde de carbone (CO₂).