Le 17 juin, à Versailles, Washington et Téhéran ont signé à distance un protocole d’accord prolongeant de 60 jours le cessez-le-feu, dans l’espoir de parvenir à un accord définitif. 

  • Les premières discussions de haut niveau ont débuté ce dimanche, 21 juin, dans la station suisse de Bürgenstock, réunissant des représentants américains, iraniens, qataris et pakistanais, dont le vice-président américain J.D. Vance et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi  et  Mohammad Ghalibaf, le Président du Parlement iranien, une figure de plus en plus centrale en raison de sa proximité avec les Gardiens de la révolution.

La situation s’est tendue lorsque Donald Trump a menacé sur son compte Truth Social de nouvelles frappes contre l’Iran si celui-ci ne faisait pas cesser immédiatement les activités de ses « proxies » au Liban. 

  • Le président américain a averti qu’il frapperait de nouveau l’Iran si le Hezbollah continuait de « causer des problèmes ». 
  • Quelques heures plus tard, l’agence semi-officielle iranienne Fars a annoncé que Téhéran suspendait les négociations avec les États-Unis, tandis que l’agence Tasnim affirmait que la délégation iranienne avait quitté le lieu des négociations. 
  • Mohammad Ghalibaf vient d’écrire sur X : « [Les autorités américaines] ne se rendent-ils pas compte que si leurs menaces avaient porté leurs fruits, ils ne se trouveraient pas dans la situation difficile où ils se trouvent aujourd’hui ? Nous ne prêtons aucune attention aux menaces des Américains. Ils feraient mieux de surveiller leurs propos ; nos forces armées sont prêtes à réagir autrement. Quoi qu’ils en disent, c’est nous qui agirons. »

Même avant les dernières déclarations de Donald Trump qui a également publié sur son compte un message d’avances qui semblent viser la fille d’une donatrice républicaine 1, la dynamique diplomatique demeurait extrêmement fragile. 

  • Le protocole d’accord renvoie l’essentiel des questions nucléaires à des négociations ultérieures, tandis que plusieurs contentieux majeurs continuent d’entraver les discussions : le statut du détroit d’Ormuz, les sanctions américaines, les avoirs iraniens gelés et, surtout, la guerre au Liban. 
  • Donald Trump a déclaré que Masoud Pezeshkian, le président iranien, qui avait insisté dans la journée pour que l’Iran conserve son droit d’enrichir de l’uranium, « ferait mieux de faire attention à ce qu’il dit », ajoutant : « Il ferait mieux de se calmer, sinon nous prendrons le contrôle du reste du pays. » 
  • La question du détroit d’Ormuz est aussi extrêmement délicate : hier, 20 juin, l’Iran a annoncé la fermeture du détroit en réponse à ce qu’il qualifie de violations du cessez-le-feu par Israël et les États-Unis. Donald Trump a déclaré que le détroit restait ouvert, ajoutant qu’il avait mis en garde les responsables iraniens : « Si vous le fermez, vous n’aurez plus de pays. » 
  • Il a également ajouté que les États-Unis « pourraient prendre le contrôle du détroit s’il le fallait ». Dans ce cas, a-t-il déclaré, les États-Unis prélèveraient 20 % du pétrole à titre de péage. 
  • Le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a affirmé aujourd’hui que 67 navires, guidés par l’armée américaine, avaient traversé le détroit d’Ormuz au cours des 24 dernières heures. 

En arrière-plan, Israël poursuit sa campagne militaire contre le Hezbollah au Liban. 

  • Depuis plusieurs semaines Téhéran cherche à établir un lien entre le conflit, qui a fait des milliers de morts et déplacé plus d’un million de Libanais, et les négociations en cours avec Washington. 
  • Israël affirme qu’il maintiendra ses forces à la frontière tant qu’il n’aura pas la certitude que le Hezbollah ne constitue plus une menace. L’armée israélienne indique cibler un réseau de bunkers souterrains où seraient retranchés des combattants du mouvement chiite.