Aucune version officielle du protocole d’accord annoncé hier, le 14 juin, n’a été publiée et les deux parties communiquent sur plusieurs éléments contradictoires, mais qui, pris dans leur ensemble, avantagent plutôt Téhéran. À partir des déclarations de responsables américains et iraniens ainsi que des rapports de médias, le protocole d’accord inclurait au moins huit dispositions qui profitent à l’Iran. 

  • Téhéran obtient ainsi l’arrêt de la guerre sur tous les fronts, la levée du blocus américain et une dérogation autorisant la vente de pétrole pendant 60 jours. 
  • Selon les différentes versions communiquées par la presse iranienne, le protocole d’accord inclurait également le droit pour l’Iran de « facturer des frais de service maritime pour le passage dans le détroit », la levée de toutes les sanctions américaines, onusiennes et de l’AIEA, ainsi que le dégel de 25 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués à l’étranger. 
  • Avec ce protocole d’accord, le président américain obtient avant tout une solution temporaire à un problème créé par la guerre : l’ouverture du détroit d’Ormuz, qui était ouvert au trafic maritime avant le 28 février. 
  • Concernant le programme nucléaire iranien, Washington obtiendrait pour le moment de la part de Téhéran un engagement à ne pas se procurer ni développer d’armes nucléaires, ainsi que la suspension de toutes ses activités nucléaires en attendant un accord final. Cependant, les questions les plus techniques, y compris l’uranium déjà enrichi et le droit de Téhéran d’enrichir de l’uranium sur son territoire, seront laissées à des pourparlers ultérieurs. 
  • Contrairement aux négociations qui ont eu lieu avant le 28 février, Washington n’aborde plus, du moins pour le moment, ni la question du programme balistique iranien, ni celle de son soutien aux groupes armés dans la région. Le simple fait d’avoir retiré ces deux éléments de la liste des sujets de discussion est un plus pour Téhéran. 

Les différentes versions rapportées restent contradictoires sur plusieurs points. Par exemple, Donald Trump n’a pas mentionné l’arrêt de la guerre menée par Israël au Liban et a déclaré que l’accord garantirait que le détroit d’Ormuz serait « définitivement libre de tout péage », alors que l’agence de presse iranienne Fars a affirmé, lundi 15 juin, que Téhéran n’accepterait le passage des navires sans frais que pendant 60 jours, ajoutant : « Cela signifie que les États-Unis ont accepté le principe de la perception d’une redevance et se sont contentés d’obtenir une exonération de 60 jours de la part de l’Iran » 1.

  • Le flou persiste également sur les incitations économiques concédées par Washington. L’Iran a déclaré que les négociations sur le nucléaire ne débuteraient qu’une fois que les États-Unis auraient débloqué les fonds gelés. Un responsable américain a affirmé qu’aucun fonds ne serait débloqué sans des engagements clairs de la part de l’Iran.
  • Il s’agit d’une question particulièrement sensible pour l’administration Trump, qui a accusé l’administration Obama d’avoir versé de l’argent au régime iranien dans le cadre de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015, sans rien obtenir en échange. 
Sources
  1. Publication sur Telegram de Fars, 15 juin 2026.