Le nombre de navires qui entrent et sortent chaque jour du golfe Persique avec leur signal AIS activé est toujours inférieur de plus de 97 % par rapport à ses niveaux d’avant-guerre.

  • Cependant, on observe un nombre croissant de navires, notamment des méthaniers qataris transportant du GNL, qui sortent du détroit d’Ormuz en éteignant leur système d’identification automatique (AIS) afin d’échapper à la surveillance de Téhéran, une pratique surtout caractéristique des flottes fantômes russe et iranienne 1.
  • Ainsi, les deux tiers des pétroliers chargés qui ont quitté le Golfe au mois de mai ont navigué avec leurs signaux éteints 2.
  • Le Commandement central des États-Unis aurait également guidé 70 navires à travers le détroit d’Ormuz au cours des trois dernières semaines 3.
  • Le volume de pétrole stocké à bord de pétroliers présents dans le golfe Persique a quant à lui diminué d’environ 30 millions de barils depuis le début du mois de mars, passant de 180 millions à environ 150 millions.

Les données de Wood Mackenzie indiquent également que la production saoudienne et irakienne de pétrole brut a augmenté au cours du mois de mai, après avoir atteint un plancher fin mars. Le maintien d’une partie des exportations du Golfe a permis de limiter la hausse du prix du pétrole : le baril de Brent n’a pas dépassé la barre des 120 dollars depuis le 28 février et se négocie actuellement autour de 95 dollars.

  • Grâce au pipeline Est-Ouest, qui relie les champs pétroliers du golfe Persique au port de Yanbu, sur la mer Rouge, une partie de la production saoudienne de pétrole a pu continuer d’être exportée malgré la fermeture du détroit d’Ormuz.
  • Les Émirats arabes unis peuvent quant à eux exporter une partie de leur production via l’oléoduc Habshan-Fujairah, donnant sur le golfe d’Oman, dont les volumes exportés ont augmenté de 56 % entre janvier et mars. 
  • Abou Dhabi accélère également ses projets de construction d’un deuxième oléoduc, lancé en 2024. Le pays vise ainsi à doubler ses capacités d’exportation de pétrole brut depuis le golfe d’Oman d’ici 2027, pour atteindre 4 millions de barils par jour 4.
  • De plus, l’Abu Dhabi National Oil Company, la principale entreprise pétrolière émiratie, considère la construction d’un pipeline multi-combustibles visant à permettre l’exportation d’essence, de diesel et de kérosène 5.

Le détroit reste un point de tension clef dans les négociations entre Washington et Téhéran : si les États-Unis maintiennent un blocus sur les navires se rendant dans les ports iraniens afin d’obtenir sa réouverture, l’Iran conditionne celle-ci à la levée de ce blocus. Téhéran ne semble pas non plus disposé à abandonner facilement ce levier. 

  • L’ambassadeur iranien en France a ainsi confirmé que des discussions étaient en cours avec Oman en vue d’instaurer un péage permanent dans le détroit.
  • L’administration Trump a déclaré à plusieurs reprises que le trafic dans le détroit devait rester libre de toute entrave.
Sources
  1. Stephen Stapczynski, « The Iran War Is Pushing the Global Gas Trade Into the Shadows », Bloomberg, 2 juin 2026.
  2. Ron Bousso, « More oil escapes Hormuz, keeping traders guessing », Reuters, 4 juin 2026.
  3. Peter Eavis et Eric Schmitt, « U.S. Military Is Quietly Guiding Ships Through the Strait of Hormuz », The New York Times, 31 mai 2026.
  4. Anthony Di Paola, « UAE Will Double Oil Export Capacity Bypassing Hormuz by 2027 », Bloomberg, 15 mai 2026.
  5. Verity Ratcliffe, « Adnoc plans new UAE pipeline to bypass Strait of Hormuz », Financial Times, 2 juin 2026.