Mardi 12 mai, le vice-Premier ministre Alexandre Novak a indiqué que les nouvelles prévisions du ministère du Développement économique tablent sur une croissance du PIB de 0,4 % en 2026, contre 1,3 % dans les prévisions de septembre dernier, et de 1,4 % en 2027, contre 2,8 % auparavant.
La croissance ne devrait revenir à 2,4 % qu’en 2029 1.
- L’économie russe s’était déjà contractée de 0,3 % au premier trimestre 2026.
- De manière notable, Novak a maintenu inchangée la prévision de prix du baril de pétrole à 59 dollars pour 2026, alors que depuis le début de la guerre en Iran, le prix du baril d’Oural s’échange à plus de 100 dollars.
- C’est potentiellement un signe des difficultés à long terme que les attaques ukrainiennes font peser sur l’industrie pétrolière russe.
Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, la Russie connaît une surchauffe économique, avec une croissance alimentée à un rythme soutenu par les dépenses militaires, ce qui lui a notamment permis d’éviter les conséquences immédiates des sanctions occidentales.
- Ainsi, sur la même période, la valeur ajoutée des branches liées à l’effort de guerre a progressé de 20 %, tandis que celle de l’ensemble des autres branches manufacturières n’a augmenté que de 0,4 % 4.
Sources
- « Новак : в 2026 г. рост экономики составит 0,4 % », Vedomosti, 12 mai 2026.
- BOFIT Forecast for Russia 2026–2028, The Bank of Finland Institute for Emerging Economies, 30 mars 2026. 2.
- La main-d’œuvre reste un goulot d’étranglement significatif et pourrait l’être à long terme, alors que la Russie était pratiquement en situation de plein emploi fin 2025, et que la guerre accentue rapidement la tendance.
- L’investissement est quant à lui limité par la politique monétaire : les taux directeurs de la Banque de Russie sont passés de 21 % en 2024 à 14,5 % actuellement mais les risques inflationnistes perdurent.
- Novak prévoit que la hausse des prix atteindra 5,2 % en 2026, puis redescendra vers l’objectif de 4 % à partir de 2027.
Les causes de ce ralentissement sont structurelles, Novak ayant invoqué la rupture des chaînes d’approvisionnement en biens, services et capitaux due aux sanctions, ainsi que les pénuries de main-d’œuvre et la réorientation des priorités budgétaires.
Derrière la stagnation se cache en effet une pénurie de travail et de capital.
La croissance est également limitée par les marges budgétaires de plus en plus faibles de l’État russe, le déficit des quatre premiers mois de l’année s’élevant à 5 900 milliards de roubles, soit bien plus que les prévisions pour l’ensemble de l’année (3 800) 3« Russia’s Budget Gap Widens to Record Despite Oil Revenue Boost », Bloomberg, 8 mai 2026.