Avant le lancement de la guerre contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran dans les jours qui ont suivi, 135 navires en moyenne entraient ou sortaient chaque jour du golfe Persique. Au cours des 7 derniers jours, ce chiffre est tombé à 4 par jour. Il s’établit à 10 sur la période allant du 1er mars au 12 mai.

  • Le volume de marchandises qui transite par le détroit a ainsi chuté de 97 %, et a atteint ces derniers jours son niveau le plus faible depuis le début de la guerre : 120 000 tonnes par jour en moyenne.
  • Si ces chiffres ne tiennent pas compte d’une partie du commerce iranien, notamment du pétrole transporté sur des navires de la flotte fantôme qui ne communiquent pas leurs positions, ce trafic a lui aussi ralenti en raison du blocus américain.

Un signe du ralentissement du commerce de pétrole iranien, dont la majeure partie est exportée vers la Chine, est l’arrêt depuis le 8 mai du chargement de pétroliers sur l’île de Kharg, où se trouve le principal terminal d’exportation du pays.

  • Des images satellites européennes ne montrent en effet aucune activité récente sur l’île, où des pétroliers continuaient à être chargés quasi-quotidiennement après l’imposition du blocus américain, il y a un mois, le 13 avril 1.
  • Selon des sources iraniennes, Téhéran aurait déjà commencé à réduire sa production de pétrole afin de ralentir la vitesse à laquelle ses réserves terrestres se remplissent.
  • Un remplissage à 100 % des réserves iraniennes contraindrait les producteurs à fermer leurs puits, ce qui pourrait avoir un impact sur le long terme et conduire à la perte définitive d’une capacité de production de 300 000 à 500 000 barils par jour (9 à 15 milliards de dollars de recettes par an).

Dans un rapport publié hier, mardi 12 mai, l’Agence américaine d’information sur l’énergie estime que les stocks mondiaux de pétrole diminuent en moyenne de 2,6 millions de barils par jour — soit une accélération de 760 % par rapport à ses précédentes prévisions d’avril (300 000 barils par jour) 2.

  • Même si les flux de pétrole dans le détroit d’Ormuz reprenaient dès le mois de juin – un scénario qui semble aujourd’hui optimiste –, les niveaux d’exportation devraient rester inférieurs à la période pré-guerre au moins jusqu’à la fin de l’année.
  • L’agence américaine anticipe ainsi un prix du pétrole élevé au moins jusqu’en 2027, avec un baril de Brent moyen à 95 dollars cette année et 79 dollars l’an prochain.
  • L’an dernier, un baril de Brent s’échangeait contre 69 dollars en moyenne.
Sources
  1. Julian Lee, « Iran’s Kharg Island Oil Shipments Show First Prolonged Halt Since Start of War », Bloomberg, 12 mai 2026.
  2. Short-Term Energy Outlook, U.S. Energy Information Administration, 12 mai 2026.