L’Australie dispose des réserves de terres rares, de lithium, ou de cobalt parmi les plus importantes au monde. Canberra investit également massivement pour explorer et exploiter de nouveaux gisements, et a consacré presque dix fois plus de ressources à la prospection en terres rares que la Chine en 2024 : 64 millions de dollars, selon S&P Global.
L’accord signé hier, mardi 24, par l’Union avec l’Australie devrait permettre au bloc de renforcer son accès à plusieurs de ces ressources critiques.
- Après huit ans de négociations, les deux parties ont accepté de supprimer les droits de douane sur près de 100 % des exportations de marchandises européennes, à l’exception de quelques produits sidérurgiques et agricoles.
- Les investisseurs européens bénéficieront également du traitement le plus favorable accordé à tout investisseur étranger en Australie, et des investisseurs européens et australiens pourront créer leurs entreprises et les exploiter librement sur le territoire de l’autre partie.
- La levée des barrières et restrictions administratives permettra notamment des investissements européens dans de nouveaux projets d’exploitation de matières premières critiques.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé hier que Canberra et Bruxelles s’étaient « mis d’accord sur quatre grands projets portant sur la production de terres rares, de lithium et de tungstène », qui sont essentiels pour les technologies d’énergie propre et l’industrie de la défense.
- Pour l’Union, l’accord vise à permettre une diversification de ses approvisionnements en matières premières critiques — terres rares et lithium, mais également aluminium, deuxième partenaire du bloc pour ses importations, hydrogène et manganèse —, pour lesquels elle dépend en grande majorité de la Chine.
- La Commission estime que le bloc repose sur Pékin pour 40 % de ses approvisionnements en graphite, 79 % de son lithium et jusqu’à 100 % pour les terres rares lourdes comme le dysprosium et terbium, essentielles pour produire les aimants permanents utilisés dans les moteurs de véhicules électriques.
Pour l’Australie, l’accord de libre-échange avec l’Union devrait lui permettre de réduire sa dépendance commerciale vis-à-vis de la Chine. Ces dernières années, Canberra a signé des accords commerciaux avec d’autres partenaires comme le Royaume-Uni, l’Inde et les Émirats arabes unis.
- Il s’agit du troisième traité de libre-échange signé par l’Union en moins d’un an, après le Mercosur — 26 ans après le début des négociations — et l’Inde — après 20 ans — en janvier.
L’Union a conclu 14 partenariats ou protocoles d’accord sur les matières premières (avec le Canada, le Rwanda, le Kazakhstan ou l’Argentine) et a lancé 13 projets visant à garantir l’approvisionnement en matières premières stratégiques provenant de l’extérieur de l’Union 1.
- Plusieurs États membres ont récemment investi dans l’extraction, le traitement et le recyclage des terres rares sur leur territoire.
- La France devrait ouvrir dès la fin de l’année 2026 la première installation européenne de recyclage et d’affinage de terres rares à grande échelle.
- La société minière publique suédoise LKAB bénéficie quant à elle d’une procédure accélérée et d’accès aux financements facilités pour l’ouverture de la mine de Per Geijer, dans le bassin minier de Kiruna, qui continent 2 millions de tonnes d’oxydes de terres rares.
Sources
- Niklas Hintermayer et Antonia Hmaidi, China’s rare-earths export controls hit EU rearmament – but open a strategic window, MERICS, 1er octobre 2025.