La visite de Rubio marque la fin d’un séjour européen qui l’a mené à Munich, à Bratislava et à Budapest.

  • Officiellement, les rencontres entre Rubio et les dirigeants des gouvernements slovène, slovaque et hongrois visent à discuter d’énergie, d’engagements militaires de l’OTAN et d’« intérêts bilatéraux et régionaux communs » 1.
  • Mais ce n’est pas un hasard si le secrétaire d’État américain a choisi de se rendre dans les deux capitales les plus proches de la vision de la Maison-Blanche pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
  • Les objectifs de sa visite à Budapest semblent d’ailleurs plutôt liés à des considérations électorales, alors que les sondages placent l’opposition en tête des intentions de vote à l’approche des élections législatives d’avril.

Lors d’une conférence de presse avec Orbán, le secrétaire d’État américain a ainsi déclaré : « Je peux affirmer avec certitude que le président Trump est profondément engagé à assurer votre réussite ». 

  • Suggérant que les États-Unis pourraient aider la Hongrie financièrement, il a ajouté : « Votre réussite est la nôtre. Cette relation que nous entretenons en Europe centrale grâce à vous est en effet essentielle et vitale pour nos intérêts nationaux dans les années à venir. Si vous rencontrez des difficultés financières, si vous êtes confrontés à des obstacles à la croissance ou à des menaces pour la stabilité de votre pays, je sais que le président Trump serait très intéressé, en raison de votre relation avec lui et de l’importance que revêt ce pays pour nous ».
  • Rubio a également déclaré : « Nous entrons dans cette ère dorée des relations entre nos pays… grâce à la relation que vous entretenez avec le président des États-Unis ». Il a ainsi lié le renforcement des relations entre les deux pays à une victoire d’Orbán aux élections, rappelant la manière dont la Maison-Blanche avait abordé le scrutin en Argentine et le soutien qu’elle avait apporté à Milei 2

Le parti de Viktor Orbán, le Fidesz, est actuellement devancé dans les sondages par le parti de Magyar, Tisza, qui parvient à maintenir plus de 6 points d’avance dans les intentions de vote.

  • Orbán, avec son slogan de campagne « A békéhez a Fidesz a biztos választás » (« Pour la paix, le Fidesz est le choix sûr »), cherche à présenter son positionnement — notamment sa proximité affichée avec Poutine et Trump — comme la meilleure garantie de la stabilité du pays, tout en construisant un narratif électoral opposant la paix à la guerre.
  • Les prises de position de Trump à l’égard de l’Ukraine, ainsi que son souhait de rapprochement avec la Russie, ont légitimé la position d’Orbán et lui permettent désormais d’adopter des positionnements plus radicaux, tant vis-à-vis de Kiev que de Bruxelles.
  • Dans un sondage Gallup publié en janvier, une majorité des partisans du Fidesz approuvent le leadership russe (55 %), contre seulement 3 % pour l’Ukraine 3. Grâce aux électeurs d’Orbán, la Hongrie est le seul pays européen où la confiance en Poutine a augmenté depuis 2019.

L’ingérence de la Maison-Blanche dans une campagne électorale en Europe à deux mois du scrutin intervient alors que, selon le Financial Times, la Commission européenne viserait à modérer ses critiques à l’égard d’Orbán, ne voulant pas être perçue comme interférant dans les élections 4.

Sources
  1. Secretary Rubio’s Travel to Germany, Slovakia and Hungary, US Department of State, Press Statement, 9 février 2026.
  2. Nandita Bose, « Trump won’t ‘waste our time’ with Argentina if Milei loses in midterms », Reuters, 15 octobre 2025.
  3. How Russia’s and Ukraine’s Neighbors See Them, Gallup, 15 janvier 2026.
  4. Laura Dubois, Paola Tamma, Henry Foy, Marton Dunai, « EU tones down criticism of Viktor Orbán ahead of election », Financial Times, 16 février 2026.